Quelques Idées pour réinventer l’action citoyenne (ou le militantisme de gauche).

Je l’ai déjà exprimé dans un autre bulletin : la gauche de combat fait fausse route en axant son action sur la protection du pouvoir d’achat. Ça n’est plus le sujet.

Mais alors ? Quel est le sujet ?

Nous passons notre vie à courir, pour pouvoir dépenser de l’argent que nous n’avons pas, en achetant des choses dont nous n’avons pas besoin, pour impressionner des gens que nous ne connaissons pas…

C’est vrai à tous les niveaux de la société. De l’allocataire du RSA jusqu’au cadre gagnant 5 à 10 fois le SMIC.

Nous nous achetons une illusion de sécurité, une illusion de bien-être, une illusion de plaisir… au prix de notre liberté, de notre santé et de notre bonheur.

Nous nous plaçons sous la tyrannie du prêt à penser, du prêt à jouir et du prêt à consommer… et nous perdons notre capacité à penser par nous-mêmes, sentir par nous-mêmes et faire par nous-mêmes.

Nous nous isolons dans une bulle égocentrée et nous nous complaisons dans une réalité virtuelle faite de désirs préfabriqués et de frustrations préprogrammées. Devenus addicts au plaisir immédiat nous sommes réfractaires à l’effort d’une confrontation avec le réel.

Mais quel réel ?

> Notre corps à besoin de bouger librement, de respirer un air pur, de boire une eau pure et de se nourrir d’aliments naturels.

Au lieu de cela, nous nous entassons dans des espaces réduits où nous respirons un air vicié, buvons une eau chargée de chlore et autres toxiques et mangeons des produits industriels qui nous rendent malades à en mourir.

> Notre cerveau à besoin de calme pour se reposer, de stimulation sensorielle pour rester vif et alerte, et de temps pour apprendre et grandir.

Au lieu de cela, nous vivons dans un stress permanent, perturbés par les bruits et les lumières artificielles, sommés de répondre à des millions de stimuli dénaturés et vides de sens, entraînés dans une course sans fin vers le néant intellectuel aussi bien qu’affectif.

> Pour assurer notre sécurité et notre bien-être, nous avons besoin de coopérer entre nous, vivre ensemble en bonne intelligence, apprendre et nous enrichir de nos différences.

Au lieu de cela, nous glorifions la compétition et la victoire, nous encourageons la concurrence, apprenons à nous méfier de nos voisins et cherchons le réconfort dans l’entre-soi.

Alors ? Que faire ?

Revenir à une vie plus simple.

 

Notez bien qu’il ne s’agit pas de revenir à un quelconque « temps jadis ». Nous pouvons très bien vivre avec notre temps mais refuser de nous laisser entraîner dans une course vers de plus en plus de sophistication et de complexité.

  • Retrouver une relation simple et saine à notre corps.
  • Retrouver un rythme de vie simple et sain.
  • Retrouver une relation simple et saine avec les autres.

 

A travers tout cela, l’idée et l’objectif sont de donner un nouveau sens à la lutte sociale et à l’engagement militant. Pour, à la fois, obtenir des améliorations immédiates dans le quotidien des gens (et le notre) et donner une direction à nos luttes sociales. Afin de ne pas entrainer les gens dans des luttes qui ne font que reproduire le système qui est dénoncé.

 

D’accord, mais comment faire ?

Education, travaux pratiques et convivialité.

 

  • Transmettre des informations simples et claires permettant à chacun de mieux comprendre ses vrais besoins et de savoir comment les satisfaire de façon simple et autonome.
  • Proposer des ateliers de mise en pratique permettant à chacun d’obtenir des résultats concrets et de sentir les effets positifs de ces nouvelles pratiques.
  • Installer tout cela dans des évènements collectifs, permettant à chacun de redécouvrir ses voisins et prendre plaisir à coopérer avec eux.

 

Exemples :

  • Une matinée au jardin pour réapprendre à produire, préparer et cuisiner des aliments naturels sains…
  • Exploration du quartier (enfants, ados et adultes) : Réapprendre à bouger dans son environnement pour se maintenir en forme et prendre du plaisir…
  • Slam intergénérationnel et multi-culturel : composer, lire et interpréter des textes avec les langages usuels des participants…
  • Revue de presse sur la place publique : lecture et commentaire de l’actualité sur un mode ludique et humoristique…
  • A vous de jouer : quelles sont vos idées d’actions citoyennes?

 

Tu as des idées d’action ?

Tu souhaites participer à la mise en œuvre de certaines actions décrites plus haut ?

Super ! Alors contacte-moi : franckgteam@gmail.com

N’attendons pas. Passons tout de suite à l’action.

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Coup de cœur pour les coups de gueules

Aujourd’hui, j’inaugure cette rubrique avec un coup de cœur un peu paradoxal. Comme la vie… La vie qui est la condition sine qua non de la mort… Suprême et sublime paradoxe !

Dès lors, partant d’une telle base, comment peut on imaginer une seule seconde que la vie puisse avoir un sens simple à comprendre… une logique limpide, binaire, tranchée : Noir ou Blanc, Bien ou Mal… Tout ça n’existe pas ! Tout n’est que nuance et subtilité… jeu d’apparences et de contradictions… et c’est la vie même qui nous le dit, dans un beau pied de nez : « mon p’tit pote (ça marche aussi bien pour les hommes que pour les femmes) tu n’existes que pour mieux disparaître, et ta mort, pour avoir lieu, à besoin de ta vie, qui l’aura précédée… ». Allez y comprendre quelque chose !!!

Mais je digresse…

Coup de cœur pour les coups de gueule. Et oui ! Mon coup de cœur du jour, c’est pour cette possibilité qui nous est offerte, à nous, citoyens du monde libre, de pouvoir nous exprimer sur tout et n’importe quoi et, surtout, de pouvoir râler !

Râler à tort et a raison, de front et de travers, par devant et par derrière… bref : jaser, vociférer, palabrer, débattre, argumenter, encenser, dénoncer, vilipender, conciliabuler, caricaturer, discuter le bout de gras, chercher la petite bête, empêcher le petit commerce de tourner en rond, mettre les points sur les i et les barres aux t, tailler des costards, charliser, pamphlétiser, dépiédestaliser… on a même le droit d’inventer des mots pour le faire… c’est vous dire si on est libre !

D’ailleurs de ça aussi on peut se plaindre. Pas d’être libre… mais de ne plus l’être assez.

Alors oui… c’est un peu vrai… le politiquement correct, pour favoriser les petites affaires de ceux qui comptent et savent compter, empêche de plus en plus d’appeler les chats des chats… ou alors le moindre mot qui sort du cadre posé par le brief des censeurs de la com’ est aussitôt récupéré en une polémique stérile, inutile pour faire avancer le schmilblick, mais très utile pour faire le buzz et augmenter le nombre de click et, donc, le chiffre d’affaire… parce que tout fini toujours par être une histoire de gros sous.

Et de ça aussi on a le droit de se plaindre. L’argent est partout ! Certes il est bien utile… mais quand même… pas au point d’en faire l’unique étalon de valeur dans un monde qui regorge de richesses inestimables en monnaie sonnante et trébuchante… et encore moins en monnaie virtuelle… car tout cela est virtuel, vous l’avez bien compris… enfin, j’espère que vous l’avez bien compris… depuis le temps que ça dure…

Mais je digresse encore…

Coup de cœur pour les coups de gueule. Exercice ô combien français ! Je dirai même franco-français. Un art que le monde entier nous envie, sans vraiment le comprendre. Je me souviens de cette remarque spontanée d’une touriste américaine, interrogée à Paris pendant les manifestations de juin 2016 (non, pas celles la, les autres… juste avant les suivantes… et juste après les précédentes… bref des manifs quoi !)… Eh bien cette touriste américaine, charmante au demeurant, à qui l’on demandait si elle n’était pas un peu dérangée dans son tourisme bobo par la manifestation de ces vrais gens, répondait avec un sourire mutin et un léger accent : « Mais non, ça c’est la France !… » et ça avait l’air de drôlement lui plaire.

Alors oui, cette habitude de râler et de descendre dans la rue pour le faire, nous coûte sans doute quelques points de PIB chaque année… Oui, elle agace les financiers et fait enrager le MEDEF… Oui, elle fait lever les yeux et hausser les épaules des chantres de la pensée positive qui affirment que se plaindre c’est du mauvais stress et des ondes négatives… Et oui, elle fait perdre leur temps à celles et ceux qui ont du mal à en sortir et s’y complaisent 24/7 (comme on dit dans la nouvelle économie)…

Mais qu’est-ce que c’est bon !!!

Dans un monde gouverné par les diktats de la Grande Finance Internationale, imposant son cahier des charges aux marchands et aux publicitaires, à grand renfort de médias, pour façonner des masses de consommateurs courant docilement après une illusion de bonheur qui s’achète ; attendant, pour tous les problèmes, des solutions qui sortent de pochettes surprises qu’on leur vend à prix d’or… contre argent comptant ou a crédit… c’est encore mieux a crédit !… dans ce contexte formaté, standardisé, aseptisé… Oui, ça fait du bien de penser à rebours. Et de penser tout court d’ailleurs.

Car dans un monde où tout ne va pas bien, il est impossible et même malsain de ne pas s’indigner au moins 1 fois par jour. Au moins pour s’entraîner. Pour garder la capacité de le faire et de bien le faire. Comme nos grands anciens. Juste une fois. Mais une belle fois. Avant de reprendre le cours de sa vie.

Parce que, oui ! Il faut savoir en sortir. Il faut savoir utiliser cette capacité innée d’indignation, cette ADN de contestataire, cette hérédité de guillotineurs de roi pour porter un regard critique, exigeant et parfois même sévère sur soi-même, sur le monde et sur la vie. Et cela peut très bien s’intégrer dans une démarche positive et constructive. Pour avancer, progresser et évoluer.

Car il n’y a pas incompatibilité, je dirai même au contraire, entre avoir des coups de gueule et avoir une attitude positive. Il n’y a pas de contradiction, et je dirai encore au contraire, entre nourrir un esprit critique, voir très critique, et souhaiter aussi voir le meilleur en toutes choses.

Je pense même, et c’est une intime conviction, que l’un nourrit l’autre et réciproquement. La pensée positive, si elle ne veut pas être pas creuse et factice, a besoin du regard critique pour se renforcer et s’ancrer dans le réel. Et l’esprit critique a besoin de l’optimisme pour rester constructif et ne pas sombrer dans le cynisme et l’aigreur.

Jamais l’un sans l’autre. L’équilibre des forces. Et tout est dans la mesure.

Voilà chers lecteurs.

C’est le défi que je me fixe en m’adressant à vous : Garder cet équilibre.

Mettre souvent le doigt là où ça peut faire mal. Mais aussi, très souvent, caresser là où ça fait du bien. Et dans les deux cas, le faire pour avancer, le faire avec passion, avec amour et avec respect.

Avec un grand sourire. Un grand cœur. Et une grande gueule.

 

FG – 160907