Quelques Idées pour réinventer l’action citoyenne (ou le militantisme de gauche).

Je l’ai déjà exprimé dans un autre bulletin : la gauche de combat fait fausse route en axant son action sur la protection du pouvoir d’achat. Ça n’est plus le sujet.

Mais alors ? Quel est le sujet ?

Nous passons notre vie à courir, pour pouvoir dépenser de l’argent que nous n’avons pas, en achetant des choses dont nous n’avons pas besoin, pour impressionner des gens que nous ne connaissons pas…

C’est vrai à tous les niveaux de la société. De l’allocataire du RSA jusqu’au cadre gagnant 5 à 10 fois le SMIC.

Nous nous achetons une illusion de sécurité, une illusion de bien-être, une illusion de plaisir… au prix de notre liberté, de notre santé et de notre bonheur.

Nous nous plaçons sous la tyrannie du prêt à penser, du prêt à jouir et du prêt à consommer… et nous perdons notre capacité à penser par nous-mêmes, sentir par nous-mêmes et faire par nous-mêmes.

Nous nous isolons dans une bulle égocentrée et nous nous complaisons dans une réalité virtuelle faite de désirs préfabriqués et de frustrations préprogrammées. Devenus addicts au plaisir immédiat nous sommes réfractaires à l’effort d’une confrontation avec le réel.

Mais quel réel ?

> Notre corps à besoin de bouger librement, de respirer un air pur, de boire une eau pure et de se nourrir d’aliments naturels.

Au lieu de cela, nous nous entassons dans des espaces réduits où nous respirons un air vicié, buvons une eau chargée de chlore et autres toxiques et mangeons des produits industriels qui nous rendent malades à en mourir.

> Notre cerveau à besoin de calme pour se reposer, de stimulation sensorielle pour rester vif et alerte, et de temps pour apprendre et grandir.

Au lieu de cela, nous vivons dans un stress permanent, perturbés par les bruits et les lumières artificielles, sommés de répondre à des millions de stimuli dénaturés et vides de sens, entraînés dans une course sans fin vers le néant intellectuel aussi bien qu’affectif.

> Pour assurer notre sécurité et notre bien-être, nous avons besoin de coopérer entre nous, vivre ensemble en bonne intelligence, apprendre et nous enrichir de nos différences.

Au lieu de cela, nous glorifions la compétition et la victoire, nous encourageons la concurrence, apprenons à nous méfier de nos voisins et cherchons le réconfort dans l’entre-soi.

Alors ? Que faire ?

Revenir à une vie plus simple.

 

Notez bien qu’il ne s’agit pas de revenir à un quelconque « temps jadis ». Nous pouvons très bien vivre avec notre temps mais refuser de nous laisser entraîner dans une course vers de plus en plus de sophistication et de complexité.

  • Retrouver une relation simple et saine à notre corps.
  • Retrouver un rythme de vie simple et sain.
  • Retrouver une relation simple et saine avec les autres.

 

A travers tout cela, l’idée et l’objectif sont de donner un nouveau sens à la lutte sociale et à l’engagement militant. Pour, à la fois, obtenir des améliorations immédiates dans le quotidien des gens (et le notre) et donner une direction à nos luttes sociales. Afin de ne pas entrainer les gens dans des luttes qui ne font que reproduire le système qui est dénoncé.

 

D’accord, mais comment faire ?

Education, travaux pratiques et convivialité.

 

  • Transmettre des informations simples et claires permettant à chacun de mieux comprendre ses vrais besoins et de savoir comment les satisfaire de façon simple et autonome.
  • Proposer des ateliers de mise en pratique permettant à chacun d’obtenir des résultats concrets et de sentir les effets positifs de ces nouvelles pratiques.
  • Installer tout cela dans des évènements collectifs, permettant à chacun de redécouvrir ses voisins et prendre plaisir à coopérer avec eux.

 

Exemples :

  • Une matinée au jardin pour réapprendre à produire, préparer et cuisiner des aliments naturels sains…
  • Exploration du quartier (enfants, ados et adultes) : Réapprendre à bouger dans son environnement pour se maintenir en forme et prendre du plaisir…
  • Slam intergénérationnel et multi-culturel : composer, lire et interpréter des textes avec les langages usuels des participants…
  • Revue de presse sur la place publique : lecture et commentaire de l’actualité sur un mode ludique et humoristique…
  • A vous de jouer : quelles sont vos idées d’actions citoyennes?

 

Tu as des idées d’action ?

Tu souhaites participer à la mise en œuvre de certaines actions décrites plus haut ?

Super ! Alors contacte-moi : franckgteam@gmail.com

N’attendons pas. Passons tout de suite à l’action.

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Pouvoir d’Achat – Le Hors Sujet de la lutte sociale

Transportez-vous un instant à vos années de lycée ou de collège…

Vous est-il déjà arrivé de voir revenir une de vos copies, arborant une note plutôt calamiteuse et assortie de la mention « bon devoir, mais hors sujet » ?

Ça m’est arrivé… Quelle frustration !!!

On s’est donné du mal… on était plutôt content de soi… et PAF !!! la sanction… l’humiliation… et le coup fatal porté à la moyenne du trimestre…

Pourtant, par ces mots, votre correcteur voulait vous faire comprendre que votre effort était respectable, voir même que votre rédaction présentait de réelles qualités, mais que vous aviez malheureusement répondu à côté de la question.

Et rien de ces vaines louanges ne pouvait inverser le résultat »comptable » :

Nul ! Archi nul !

Aujourd’hui, alors que mes années lycéennes sont loin derrière moi, je me glisse dans la peau du correcteur et c’est sous cet angle que j’observe les efforts déployés par la gauche pour proposer une véritable alternative politique à la pensée néolibérale ultra dominante.

Les efforts sont louables. Et si l’on parle de ce qu’il convient d’appeler la « gauche de la gauche », les intentions sont sincères. Mais l’échec n’en est pas moins total… Et pire que total, il est même double.

Le premier échec, c’est la régression du vote favorable à la gauche de combat jusqu’à des scores beaucoup trop faibles pour inverser le rapport de force et faire bouger les lignes. Résultat : depuis 20 ans, le pays est gouverné à droite. Ce fut le cas sous Chirac, sous Sarkozy, sous Hollande, et ça va être encore pire avec Macron. Donc acte.

Mais le second échec est encore plus inquiétant. Et il tient au désintérêt croissant de nos concitoyens pour l’engagement collectif.

Qu’il s’agisse du syndicalisme, de la participation active à la vie politique (encartage dans un parti, militantisme…) ou même de la simple participation aux grandes élections nationales. Année après année, inexorablement, les gens se déconnectent du collectif et se replient dans l’individualisme.

Pour réaliser leurs moindres désirs quand ils sont du bon côté de la fracture sociale. Et pour préserver leurs maigres acquis quand ils se trouvent du mauvais côté.

Dans les deux cas, il devient de bon ton de désigner un bouc émissaire. L’Etat et les fonctionnaires pour la France qui gagne. « L’assisté » ou le migrant pour la France qui perd.

Au final, s’agissant des populations les plus directement concernées par la nécessité d’un rééquilibrage des forces en faveur des plus modestes, on doit faire le triste constat que non seulement ils ne votent plus à gauche mais, de fait, ils ne votent plus, tout court.

Pourquoi ?

Précisément à cause de ce « Hors Sujet ».

Depuis 35 ans, la gauche sociale, la gauche de combat, celle qui devrait leur montrer la voie et les mobiliser pour défendre leurs propres intérêts, s’évertue à leur proposer des discours dont on peut discuter des qualités, mais qui, au-delà de toute autre considération sont malheureusement « hors sujet ».

Pourquoi « hors sujet » ?

Parce qu’ils sont centrés sur le maintien ou la progression du pouvoir d’achat. Le candidat Hamon en avait même fait son thème de campagne. C’est aujourd’hui encore le leitmotiv des grandes centrales syndicales. Et le PCF a cette revendication chevillée au corps.

Or, qu’est-ce que le pouvoir d’achat ?

Le pouvoir d’acheter !

Augmenter le pouvoir d’achat, c’est donc donner la capacité d’acheter plus.

En posant le sujet de cette façon, on en mesure mieux le manque d’audace et la vacuité.

Peut-on sérieusement poser cet objectif comme l’alpha et l’oméga de la lutte des classes ?

Peut-on trouver-là matière à mobiliser les masses et à faire se lever les foules ?

En d’autres termes, peut-on vraiment attendre de nos concitoyens qu’ils risquent de perdre le peu qu’ils ont pour aller quérir un petit peu plus ?

Non. La preuve en est faite. Et ça n’a rien de surprenant.

Et pire encore, en leur proposant ce combat, et en présentant leur « manque de pouvoir d’achat » comme la grande injustice contre laquelle il faudrait lutter, on les entretient dans l’illusion que plus de pouvoir d’achat, et donc plus de consommation, pourrait leur apporter plus de bonheur.

Se faisant, on joue le jeu des marchands qui dépensent des milliards, à coup de publicité plus ou moins déguisée, pour les persuader de la même chose.

Pis, on entretient leur désir de consommer et on en fait même une revendication. Une question existentielle. Les rendant prêts à vendre leur âme et à trahir leur classe contre l’espoir de pouvoir un jour s’acheter (à crédit) une nouvelle télé. Posant comme unique projet le fait de remplir leur caddie de produits toxiques mais habilement marketé ou de partir en vacances pour aller exploiter encore plus pauvre qu’eux…

Détournant surtout leur attention de questions beaucoup plus graves.

Ainsi peut-on dire que nos défenseurs du pouvoir d’achat sont les idiots utiles du capitalisme néolibéral. Réduisant eux aussi les masses populaires à leur rôle de consommateurs et leur laissant croire, répétons-le pour bien l’intégrer, que plus de consommation pourrait leur apporter plus de bien-être.

Voilà le drame de la vraie gauche. Nous nous trompons de combat.

Mais alors ?

Quel est le vrai combat ?

Excellente question et je vous remercie de me l’avoir posée.

Réponse : proposer à nos concitoyens des clés pour s’extraire du système qui les pressurise plutôt que d’entretenir leur chimérique espoir d’y trouver un jour leur place.

 

En d’autres termes il s’agit de leur montrer des voies alternatives, et le plus souvent déconnectées de tout système marchand pour :

  • retrouver le plaisir de vivre ensemble
  • réapprendre à satisfaire leurs besoins essentiels de manière saine et naturelle
  • se rendre utile en coopérant et en partageant leurs savoirs et leurs compétences.

 

Concrètement, cela suppose de leur montrer que l’action politique ne consiste pas seulement à négocier un bulletin de vote.

Cela suppose aussi de leur montrer qu’il n’est pas nécessaire de se placer en totale dépendance de circuits de distribution complexes pour très bien se nourrir, s’occuper de son corps, se loger ou se vêtir.

Cela suppose enfin de leur montrer qu’il existe une vie en dehors du « marché du travail » et qu’un échange n’a pas besoin d’être monétaire pour avoir une valeur.

En face de chacun de ces postulats, on pourrait aligner des dizaines d’idées concrètes de choses à faire et de projets à développer. Rien ne manque pour les mettre en œuvre.

Rien sauf peut-être le fait d’arrêter de regarder dans la mauvaise direction pour se remettre dans le sens de la marche. Si j’osais je dirais : « dans le sens de l’Histoire ».

 

Car ce n’est pas en faisant croire à tous qu’il est possible de trouver sa place dans un système fondamentalement inégalitaire qu’on en éliminera les inégalités.

C’est au contraire en apprenant à chacun de trouver sa place en marge de ce système.

En faisant cela, on fait trois choses :

1 – on donne immédiatement une voie de réalisation à des millions de personnes qui n’ont et n’auront jamais une place confortable dans le système tel qu’il est aujourd’hui.

2 – on permet à des dizaines de milliers d‘individus bien équipés pour fonctionner dans le système actuel de trouver à se réaliser en dehors de lui en s’impliquant dans la construction des alternatives nécessaires.

3 – on affaiblit progressivement le vieux système jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’autre choix que de laisser la place au nouveau système.

 

A l’issue d’une longue campagne électorale, la gauche sociale déconfite mais toujours vaillante propose de poursuivre dans la rue les combats perdus dans les urnes…

Au moment de nous engager dans ce nouveau combat je vous propose de réfléchir à cette question :

Pour réussir et avoir un impact concret et positif dans la vie des gens que nous entendons défendre, où devons nous placer notre énergie ? Dans un combat pour le pouvoir d’achat ? Ou dans un travail de fond pour donner vie à un modèle alternatif, permettant à tous et à chacun de se libérer progressivement de la tyrannie du monde marchand ?

La réponse n’est sans doute pas exclusive ni strictement binaire.

Peut-être pas l’un OU l’autre. Mais au minimum l’un ET l’autre.

Je propose à celles et ceux que la question intéresse d’ouvrir le débat et de traduire nos échanges par des propositions d’actions et de projets. Ce blog servira à en relater les expériences.

A très vite.

L’Heure est grave… réveillons-nous !

Comme l’a souligné Plantu dans son brillant dessin, pendant l’été, on a repéré 5 burkinis sur les plages, des maires ont réagi, le conseil d’état a été saisi, toute la France en a été émue et tous les médias en ont parlé.

Et pendant ce même été, 5 infirmières se sont suicidées suite à un burn-out attribuable à leurs conditions de travail…

Pendant l’été 2016, 80 personnes ont perdu la vie dans un attentat terroriste… C’est tragique… je m’en étais ému dans un précédent article… toute la France en a été bouleversée… tout le monde en a parlé…

Et pendant ce même été, 160 enfants sont morts des maltraitances infligées par leurs parents (chiffre moyen pour 90 jours sur une base de 600 décès par an)…

Pendant l’été, les guerres se sont intensifiées, les famines se sont aggravés, les virus mortels ont continués de proliférer…

Pendant l’été, les chômeurs ont continué à chômer, les travailleurs pauvres ont continué à trimer, les inégalités ont continué de se creuser, une partie de notre jeunesse, à la dérive, à continué de se « radicaliser »…

Mais pendant l’été, les affaires ont continué, le dumping social s’est organisé, les dividendes ont été versés, les milliards ont été engrangés, l’optimisation fiscale a été encouragée, les parachutes dorés ont bien fonctionné…

Et pendant l’été, la couleur a été annoncée : à l’image de ce qui se déroule depuis plusieurs mois aux Etats-Unis, plus grande démocratie mondiale, pays de la Liberté, et qui donne l’affligeant spectacle de la pire campagne électorale que ce pays ait connu… la campagne pour la présidentielle de 2017 en France s’annonce du même tonneau… ça va voler très bas !

Qu’il s’agisse du burkini ou des attentats terroristes, les prétendants au trône ont donné de la voix et sont montés aux créneaux, entonnant le refrain du YAKAFAUKON !… Négligeant le fond au profit de la forme, cristallisant le débat autour d’épiphénomènes, certains grotesques et d’autres absolument tragiques, mais quelle qu’en soit la nature, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Et l’émotion ne doit pas anéantir la raison.

Le vrai problème est ailleurs.

Si j’avais le talent de dessinateur de Plantu, je referais cet excellent dessin pour étendre la même idée à l’ensemble de l’année qui va de mai 2016 à mai 2017.

Sur la partie gauche du dessin, je remplacerais la femme en Burkini par une caricature de Sarkozy, Hollande et Marine Le Pen en train de se crêper le chignon… sous les yeux des caméras, captivant  l’attention des médias et, donc, de la grande majorité des Français…

Et à droite, je mettrais un dessin représentant la France en souffrance, avec en bas un quotidien fait de chômage, de stress, de précarité et d’exclusions et en haut, séparé par un épais plafond de verre, la France qui se goinfre : finance, marchands d’arme, patrons du CAC, pubards, médias, footeux… dans l’indifférence générale.

A gauche les faux enjeux de 2017, au centre de toutes les attentions…

Et à droite, les vrais enjeux de 2017 et des 30 prochaines années, dans l’indifférence générale…

 

Combien de temps cette mascarade va-t-elle encore durer ?

Combien de temps le peuple de France va-t-il encore se laisser berner ?

Que faudra-t-il pour qu’il se réveille enfin ?

 

On me dira : Tout ça, ce sont des mots ! C’est bien beau de vider son sac dans un article à publier sur les réseaux sociaux, mais concrètement ? Tu proposes quoi ?

Je saisis au vol cette invitation.

Et si j’avais quelque chose à proposer ? Qu’en feriez-vous ?

Si je vous proposais 5 décisions, pour changer la société, et changer nos vies, entre aujourd’hui et la fin 2017… les entendriez-vous ?

Seriez-vous prêts à tenter l’expérience ?

 

Je relève le défi. Si cet article est partagé plus de 100 fois, je publierai mes 5 décisions.

Rassurez-vous, je n’ai rien à vendre. Ce n’est pas un coup de marketing fumeux.

Et c’est très sérieux. Ce sont 5 vraies idées. 5 vraies décisions que n’importe qui peut prendre sans avoir besoin de personne. Avec un plan réaliste pour les mettre en œuvre.

Alors ? On va les avoir ces 100 partages ?

Je vous aide… je l’ai déjà partagé sur 2 pages, 1 profil et 2 groupes… ça fait 5… plus que 95… a vous de jouer !

 

FG – 160915

Réécrire l’Histoire ! – Merci monsieur Fillon

Merci monsieur Fillon,
 
A l’écoute de votre discours de Sablé dans la Sarthe, je n’ai pas pu résister à l’envie de me saisir de ma plume afin de vous exprimer ma plus profonde gratitude.
 
Vos mots si bien choisis ont résonné en moi et m’ont remis dans le droit chemin en m’apportant des réponses simples et pratiques à des questions essentielles.
 
En premier lieu, j’ai compris comment faire de mes enfants de bons petits français, au moins aussi bien éduqués et aussi patriotes que les petits chinois que vous citez en modèles.
 
Jusque-là, bêtement, je les avais éduqué dans une espèce de sotte ouverture d’esprit, je leur avais transmis, j’en reconnais la faute, une vision du monde très « Bisounours » (c’est comme ça qu’il faut dire je crois) faite de tolérance et de respect de l’autre et, pire de mes crimes, j’avais tâché de stimuler leur esprit critique, notamment en leur présentant l’Histoire comme un jeu de nuances plutôt que comme une représentation binaire et partisane…
 
Je mesure aujourd’hui, grâce à votre vibrant discours, à quel point je me suis fourvoyé et le danger que mes erreurs ont fait courir à la République.
 
Votre recadrage sur l’aspect culturel de la colonisation m’a été salutaire. En revoyant mon Histoire à travers ce filtre, j’ai pu mieux comprendre le partage de culture dont avaient pu bénéficier les indiens d’Amérique et les aborigènes australiens au même titre que les nombreux peuples qui ont vu, grâce à nous, leur niveau culturel s’élever à mesure que leur population était décimée… Où en seraient-ils aujourd’hui, ces peuples d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique, sans notre apport culturel ? Je n’ose même pas l’imaginer… Et je m’étonne encore qu’ils ne nous en soient pas plus reconnaissants…
 
Par ailleurs, le lien évident que vous établissez entre la connaissance d’une vérité et la honte que cette vérité pourrait générer m’amène, tout comme vous, a préférer taire cette vérité, à la renier et à l’enfouir au plus profond, afin qu’elle ne m’empêche pas de développer la fierté dont j’ai besoin pour prendre pleinement ma place en ce monde… Et pour vous montrer que j’ai bien retenu la leçon, je vais la mettre immédiatement en application dans ma vie personnelle. Se faisant, grâce à vous, je vais pouvoir régler définitivement plusieurs questions liées à mon passé et qui risquaient de compromettre mon autorité parentale. Je les cacherai à mes enfants, j’en nierai l’existence s’ils devaient resurgir, et j’aurai ainsi réglé le problème sans créer de complications inutiles. Merci monsieur Fillon.
 
Enfin, et c’est sans doute le plus beau, moi qui suis amateur de belles lettres et de grands auteurs, l’idée de réécrire les livres d’Histoire pour en faire les écrins d’un grand « récit national » ne peut que me séduire. Et qui mieux que nos éminents Académiciens pourrait se charger de cette tâche. Il est vrai que dans un pays qui peut s’enorgueillir de tant de grands écrivains, pourquoi s’encombrer de tous ces historiens qui ne sont jamais d’accord entre eux. Voilà bien un des beaux projets qui devraient redonner à notre pays l’unité dont il a tant besoin : réécrire notre Histoire. Et en l’associant à votre idée de commencer l’endoctrinement… pardon, l’apprentissage, à 5 ans plutôt que 6, votre initiative courageuse devrait permettre de fabriquer… pardon d’instruire, une belle génération de têtes bien faites… Encore une fois, merci monsieur Fillon.
 
Pourtant, sur ce point, je me demande si vous n’êtes pas un peu timoré… Pourquoi 5 ans ? Ne devrions-nous pas aller un peu plus loin en démarrant le processus encore plus tôt. En effet, soyons modernes, grâce à la technologie, il devrait être possible d’accoler des écouteurs au ventre des futurs mamans et ainsi distiller ce « récit national », par voie auditive, au profit de l’embryon en formation… Autant de temps de gagner, et je suis sûr que même les chinois n’y ont pas encore pensé… Ah ! Ce génie français… Vous voyez, à vous écouter évoquer les paysans et les ingénieurs qui ont fait la grandeur de notre pays, je me prends d’audace et je me sens pousser des ailes pour porter au firmament, l’étendard de la fierté nationale… Un grand merci monsieur Fillon.
 
Je conclurai en vous remerciant, aussi, d’avoir évoqué votre passé de scout. J’ai été scout, moi aussi. Mais je me demande si vous avez fait un lapsus, ou si vous avez bien mentionné les « Scouts de France »… J’ai eu pour ma part le grand honneur de faire partie des Scouts Unitaires de France. N’ayant pas eu la chance d’avoir près de chez moi de troupe de Scouts d’Europe, encore plus traditionalistes, souvent encadrés par des prêtres intégristes portant leur soutane noire par dessus leurs rangers. Mais chez les « S.U.F. » nous étions quand même des puristes, fidèles à l’héritage de Baden Powel (un homme qui a lui aussi beaucoup œuvré pour le « partage de la culture » britannique avec les peuples africains)… En revanche les Scouts de France étaient bien connus pour être des gauchistes débraillés… Voilà peut être une part de votre histoire qu’il serait préférable de cacher… il y a de quoi avoir honte… il conviendrait, de réécrire votre « récit personnel » pour en effacer cet épisode peu glorieux… Une petite astuce pour le faire discrètement : ne mentionnez que le mot « scout », sans entrer dans le détail, cela vous évitera de ternir votre image…
 
Finalement, avec tout ça, j’en arrive vraiment à regretter que vous ne soyez jamais président…
 
Parce qu’il faut bien le reconnaître, vous n’avez aucune chance…
 
Votre premier handicap, c’est que vous êtes moins populaire que Sarkozy. D’ailleurs, je voulais vous dire que vous l’avez oublié dans votre liste des grands hommes qui ont fait la France, juste après Giscard, Mitterand et Chirac… il en manquait deux : les deux plus récents… à force de parler d’Histoire Millénaire on en vient à oublier les faits les plus récents… ça m’arrive aussi… ou peut-être que c’est déjà une façon de commencer à réécrire le récit national… en enlevant les noms qui gênent… vous êtes vraiment très fort…
 
Et votre deuxième handicap c’est que sur la réécriture d’histoire vous êtes dépassé par le Front National. C’est dans leur ADN, donc on peut penser qu’ils sont plus forts que vous sur le sujet… Marine et Marion, depuis toutes petites, elles se nourrissent de ce lait-là… donc en arrivant dessus un peu tard dans votre carrière, ça risque de ne pas passer… vous allez commettre des petites bourdes (comme le coup des Scouts de France, rédhibitoire chez les électeurs du FN qui sont sensibles à ce sujet, chez eux c’est Scouts d’Europe sinon rien !)…
 
Alors voilà, monsieur Fillon, merci de m’avoir donné l’occasion de clarifier mes idées. Par les temps qui courent, il est préférable de les avoir bien claires…
 
Bien à vous,
 
Votre dévoué,
 
FG – Lain – 160904

 

 

La Démocratie expliquée à mes ados

Après le débat national sur le burkini, et alors que la presse se fait l’écho des lancements de campagnes électorales des uns et des autres, un petit recadrage sur la notion de démocratie me parait d’actualité.

Note : évidemment, de nombreux points demandent à être développés. Et ce texte n’est ni un manifeste, ni une thèse exhaustive sur le sujet. C’est un jeu de question réponse tel que je pourrais en avoir un avec mes enfants de 12 et 14 ans. Son but est d’éveiller et d’alerter en suscitant des questions et des débats. Pas de formuler une vérité absolue et définitive.

 


1 – C’est quoi la démocratie ?

C’est un régime politique (on pourrait dire une façon de gouverner) dans lequel le peuple exerce le pouvoir.

Etymologiquement, « demos » désigne le peuple et kratos, désigne le pouvoir.

On distingue la démocratie d’autres régimes politique :

  • Aristocratie : c’est une élite qui exerce le pouvoir. Les nobles, les notables, les intellectuels, une classe ou une caste supérieure…

Exemples : la monarchie, avec un roi ou une reine et une classe nobiliaire ; Les émirats arabes…

Cas particulier : on parle d’oligarchie quand un petit groupe de personnes exerce le pouvoir.

 

  • Théocratie : ce sont les représentants de Dieu, donc les prêtres, qui exercent le pouvoir…

Exemples : Le Vatican ou le pape est le chef de l’État, L’Iran ou l’ayatollah est le chef de l’État.

 

  • Autocratie : c’est une personne auto-désignée qui exerce le pouvoir.

Exemples : dictatures établies suite à des coups d’états (prise du pouvoir par la violence), ou usurpation progressive du pouvoir par des personnes qui avaient été élues démocratiquement (Hitler, Mussolini…)

On voit dans la dernière définition qu’il existe des exemples historiques de glissement de régimes démocratiques vers des régimes autocratiques. Rien n’est jamais figé définitivement et dans une démocratie, le peuple doit rester vigilant s’il veut conserver son pouvoir.

 

 

2 – Le peuple exerce le pouvoir… concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?

A partir du moment où plusieurs personnes doivent coexister dans un même espace, la question se pose de savoir, comment on s’organise pour vivre ensemble. Qui fait quoi ? Qui décide quoi ? Et qui commande qui ?

C’est la politique qui doit répondre à ses questions.

Dans une démocratie, on estime que c’est le peuple qui doit, collectivement, aborder ces questions et prendre les décisions. Donc on gère ensemble, on décide ensemble, on gouverne ensemble.

 

 

3 – Comment fait-on pour prendre des décisions « collectivement » ?

C’est très compliqué… et c’est ce qui faisait dire à Winston Churchill que la démocratie était le pire des régimes politiques… à l’exception de tous les autres !…

Il voulait dire par là, que c’est le plus souhaitable pour la liberté et le bien-être de tous, mais que ce n’est pas simple pour autant. C’est même souvent très compliqué. Et en tous cas plus compliqué que d’avoir une seule personne qui décide et impose ses choix a tout le monde… Comme toujours, être libre, ça donne des responsabilités et ça complique un peu la vie… mais c’est le prix a payer pour qu’elle puisse être plus belle… on n’a jamais rien sans aucun effort.

Alors concrètement, pour décider collectivement, on organise des votes. On pose des questions et les gens y répondent en votant. Et on prend des décisions en fonction du résultat des votes. Soit à la majorité absolue (plus de 50% des voix), soit à la majorité relative (ce qui emporte le plus de voix)… entre autres.

 

 

4- Comment fait-on pour faire voter tout le monde ?

Ça aussi c’est un peu compliqué, et plus la base est grande, plus c’est compliqué. Voter dans un groupe de 10 personnes qui sont réunies en un même lieu, c’est évidemment plus facile que faire voter une nation de 66 millions de personnes comme en France, ou même 320 millions comme aux Etats-Unis…

Mais on s’organise pour le faire… ce qui demande de la logistique et du contrôle pour s’assurer que les résultats des votes sont correctement comptabilisés.

Là encore, on voit bien que dans une démocratie, le peuple doit être attentif et vigilant pour ne pas laisser s’installer des fraudes électorales (falsification des résultats du vote) qui pourrait favoriser telle ou telle personne et fausser les résultats.

 

 

5- Mais concrètement, les gens votent pour quoi ?

Ca dépend des systèmes, mais en France par exemple, les gens (on dit les citoyens) ne votent pas directement pour traiter les questions (sauf dans le cas de referendum, on y reviendra). Ils votent pour élire des représentants. C’est pour ça qu’on appelle le régime politique français une démocratie représentative.

  • Au niveau local, les citoyens élisent des conseillers municipaux qui désignent le Maire.
  • Au niveau départemental, les citoyens élisent des députés.
  • Au niveau départemental, les citoyens élisent aussi des « conseillers départementaux ».
  • Au niveau régional, ils élisent des conseillers régionaux qui désignent un Président de Région.
  • Et au niveau national, ils élisent un Président de la République.

Donc ils élisent des gens pour gérer et gouverner en leur nom. C’est important : EN LEUR NOM… pas « à leur place ». C’est une petite nuance, mais qui fait une énorme différence.

 

 

6- Députés, Maires, Présidents… C’est quoi la différence entre tous ces gens ?

Le Maire et les conseillers municipaux sont chargés de gérer les communes. Ils s’occupent de la vie quotidienne des gens : les rues, les jardins, le ramassage des déchets, l’organisation de la vie collective, les écoles, les équipements communs… C’est la base de la vie démocratique d’un pays.

Les conseillers départementaux et régionaux font la même chose mais au niveau départemental et régional.

Arrondissement, Commune, agglomération de communes, départements, région… Il est souvent reproché au système français de créer des couches et des sous-couches et d’arriver à un « mille feuille » administratif difficile à comprendre et impossible à gérer…

Les Députés représentent leur « circonscription » au niveau national. Ils siègent à l’Assemblée Nationale, ils peuvent proposer des lois et ils sont chargés de les voter. Ils organisent aussi des commissions parlementaires pour surveiller le bon fonctionnement de la démocratie dans le pays.

Le Président de la République a charge de gouverner le pays. Pour l’y aider, il désigne un Premier Ministre qui nomme un gouvernement (des ministres qui sont charges de s’occuper des différentes parties : l’armée, la justice, l’école, les hôpitaux, les impôts, la solidarité…). Le gouvernement propose des lois, qui sont ensuite votées par les députés à l’Assemblée Nationale.

 

 

7- Qu’est-ce qu’il faut faire pour être député, ou maire ou président ?

Sur le principe, rien de spécial. Toi, quand tu seras majeur, tu pourras l’être si tu veux. Il faudra juste te présenter à une élection (on dit « être candidat ») et expliquer aux gens qui vont voter ce que tu vas faire quand tu seras élu (ça s’appelle « faire campagne »). Après ça, les gens votent et si tu es élu, tu y vas !

Par définition, être élu ne demande pas de compétence particulière parce que tu es là pour représenter les citoyens. Donc tu t’exprimes en leur nom. Tu décides en leur nom… Et pour faire ça il ne faut pas sortir de polytechnique ni de l’ENA… il faut juste savoir lire, écrire, parler en public et avoir à cœur de servir les autres.

C’est différent du poste de ministre par exemple. Là, il faut des compétences parce que tu traites de sujet très pointus et tu dois diriger des équipes pour obtenir des résultats… c’est un poste de manager de haut niveau. Mais ça n’a rien à voir avec les fonctions d’élus. Les élus représentent les gens qui les ont élus, et les fonctionnaires (du haut en bas de la hiérarchie) font fonctionner.

En France, on a souvent tendance à confondre les deux…

 

 

8- Pourquoi les gens qui font de la politique ils, se disputent souvent ?

Deux raisons majeures :

Première raison : Les idées. Chaque personne, élue ou pas, a une certaine vision de la vie en collectivité. Et tout le monde n’est pas d’accord sur tout. Parfois même, sur certains sujets, les désaccords peuvent être important et ça peut créer des tensions voir des disputes. Mais ça fait partie des règles du jeu et une démocratie saine et dynamique se nourrit de débats animés. Et parfois, à force de s’animer, on en arrive à se mettre un peu en colère et à sortir quelques noms d’oiseaux… mais ça n’est pas grave tant qu’on en reste aux mots et qu’on sait respecter les autres et leurs opinions, même quand elles sont différentes. Les hommes politiques sont souvent des gens qui ont des opinions très affirmées et qui sont très passionnés pour les défendre. Donc forcément, quand ils ne sont pas d’accord, le débat s’anime…

Deuxième raison : L’Ambition. Tout le monde aime avoir au moins un peu de pouvoir. C’est humain. Mais il y a des gens qui aiment beaucoup ça. Et même certains pour lesquels c’est une obsession. Ils ont envie d’être chef, grand-chef et même super-chef… Et comme ils sont plusieurs à vouloir être chef, forcément, ils se bagarrent pour avoir la place. C’est moins noble que les batailles idéologiques mais ça fait aussi partie de la nature humaine…

Et c’est à nous, citoyens de savoir distinguer l’un et l’autre. Pour cela, quand un homme politique essaie de nous convaincre il faut se poser cette question : est qu’il est animé par l’intérêt collectif ou par son intérêt a lui ? Est-ce qu’il sert des idées ou sa seule ambition ?

 

 

9) Comment le savoir ?

Pas toujours facile. Mais il y a une façon de se tromper le moins souvent possible : ne jamais se contenter d’écouter ce qu’ils disent, mais plutôt regarder ce qu’ils font.

En gardant à l’esprit ce dicton populaire : si tu me trompes une fois, tu es un bonimenteur, si tu me trompes deux fois, je suis un idiot.

En politique comme dans la vie en général, on se trompe rarement en jugeant les gens sur leurs actes, mais on peut se faire berner souvent si on se contente de les croire sur parole.

Et surtout, la meilleure façon de ne pas se laisser avoir par les beaux discours des hommes politiques c’est de s’intéresser de près a ce qu’ils font et à la vie politique au quotidien, sur le terrain, pas seulement dans les journaux ou sur les plateaux de télévision.

 

 

10) Comment faire ça ? Comment s’intéresser a la vie politique au quotidien ?

Au-delà même de la politique, la démocratie est en tout et partout. Dès que plusieurs personnes sont réunies pour faire quelque chose ensemble il y a une notion de politique et de « gouvernance ». Comme on le disait au début : comment on s’organise ? Qui fait quoi ? Qui décide quoi ? Qui commande qui ?

Groupements de quartier, associations, clubs, ONG, entreprises, syndicats, délégués de classe… et même dans la famille… Dans tous les domaines de la vie en société on peut s’en remettre à des systèmes « dirigistes » ou certains dirigent A LA PLACE des autres… ou aller vers des systèmes plus participatifs, ou chacun est partie prenante de l’organisation.

Donc j’ai envie de dire que pour s’intéresser à la politique, on peut commencer par s’informer le plus possible sur les actions quotidiennes de nos élus (dans le cadre de leur mandat, pas dans leur vie privée), pour pouvoir les juger sur leurs actions et pas sur leurs paroles.

Et pour s’entrainer à la vie démocratique il faut pratiquer la démocratie, partout. Etre acteur. Etre responsable. Se tenir informe des questions qui touchent à la vie quotidienne. Prendre part au débat. Se former un avis. Participer aux actions. En famille, à l’école, au travail, dans les clubs et les associations

Ça demande de sortir un peu de son petit monde, a passer moins de temps devant la télé, à s’intéresser a autre chose qu’a son petit nombril et se consacrer à autre chose qu’à se faire sa petite place au soleil… mais c’est sans doute la clé de l’avenir de la démocratie en tant que garante des libertés individuelles et du bien vivre ensemble.

 

Une question pour finir, mais celle-là, c’est moi qui la pose : Et toi ? Comment décides-tu de participer à la vie démocratique ? Aujourd’hui… Maintenant…