Réveil Matin – Confidences de Coach – Semaine 03

(Série lancée pour partager chaque jour un petit message inspirant avec mes enfants, par la suite, l’exercice s’est élargi et je partage désormais ce message avec un public plus large, mais il reste adressé à ma petite famille).

Lundi 5 Septembre 2016

Salut la team.

Aujourd’hui je vais vous parler des priorités. En fait c’est le thème qui va un peu servir de fil rouge cette semaine. On va en reparler souvent.

Et pour commencer je veux partager avec vous un petit outil pour booster vos journées.

Souvent quand on commence à s’ouvrir a toutes les belles possibilités de la vie. A ouvrir ses yeux, ses oreilles, son cerveau et son cœur… pour voir que la vie regorge de belles opportunités… pour grandir et pour s’enrichir… à tous les sens du terme… après l’euphorie du début, on peut être pris par une certaine forme de découragement… comme débordé par l’ampleur de la tâche…

Et c’est encore un paradoxe.

Vous avez déjà connu ça… Vous êtes devant toutes ces choses que vous avez envie de faire mais vous ne savez pas trop par où commencer… et du coup vous vous retrouvez à tourner en rond en ne faisant rien… ou au contraire à vous agiter en brassant de l’air sans être, pour autant, très efficace.

C’est là que l’outil dont je veux vous parler aujourd’hui intervient.

C’est la « Top Priorité du Jour ».

Il fonctionne en toutes circonstances mais il est particulièrement utile si vous avez besoin de vous lancer et de vous mettre sur les rails pour sortir de ce flottement et de cette frustration.

C’est très simple, parmi toutes les choses importantes qui se trouvent sur votre liste et que vous voudriez faire dans la journée. Vous allez en choisir UNE.

De préférence celle qui vous semble la plus importante, la plus symbolique. Celle qui va le plus contribuer à votre progression générale… on reviendra sur ce choix… mais l’important c’est d’en choisir une… et d’en faire votre Top Priorité du Jour.

Ça ne veut pas dire que vous n’allez faire que ça de la journée… mais ça veut dire que quoi qu’il arrive, vous allez faire AU MOINS ça. Et à la fin de la journée, quels que soient les autres résultats obtenus, si vous avez fait ça vous pourrez vous dire que vous avez passé une bonne journée.

Vous avez compris le principe. C’est hyper simple.

Parmi toutes les choses que vous voulez faire mais que vous avez parfois tendance à ne pas faire, vous en choisissez UNE. Une seule. Pas deux. Pas trois. UNE.

Et vous vous engagez à la faire aujourd’hui.

C’est bon ? Alors YAPUKA !!

Exercice du jour : Parmi toutes les choses que vous voulez faire mais que vous avez parfois tendance à ne pas faire, choisissez-en une. Faites-en votre Top Priorité du Jour. Engagez vous à ce que la journée ne puisse pas se terminer sans que vous ayez fait au moins cette chose là.

Alors ? Vous choisissez quoi pour aujourd’hui ? Quelle va être votre Top Priorité du Jour ?

C’est à vous de jouer. Amusez vous bien.

💖💖💖💖💖💖Dad

 

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Mardi 6 Septembre 2016

Hier nous avons parlé de la Top Priorité du Jour et aujourd’hui je vais enfoncer le clou en soulignant un point essentiel pour être heureux dans la vie.

C’est même un des grands principes de la Vie. Aussi bien au niveau individuel que collectif.

C’est une des grandes règles, un des grands principes qui fondent notre identité et qui rendent possible le « vivre ensemble ».

Cette règle c’est :
Quand on dit quelque chose. On le fait.

Ça s’applique à tout le monde. Hommes, femmes, grands, petits… riches, pauvres… noirs, blancs, jaunes…

Et ça se conjugue a toutes les personnes :
Quand je dis quelque chose. Je le fais.
Quand tu dis quelque chose. Tu le fais.
Quand il ou elle dit quelque chose. Il ou elle le fait.
Quand nous disons quelque chose. Nous le faisons.
Quand vous dites quelque chose. Vous le faites.
Quand ils disent quelque chose. Ils le font.

C’est la base.

Sans ça, tu ne peux pas construire la confiance en toi et l’estime de toi qui sont indispensables pour avoir une vie riche et heureuse. Sans ça, tu ne peux pas t’aimer vraiment.

Si tu dis des choses et que tu ne les fais pas. Même si tu te dis que ce n’est pas grave. Même si tu arrives à te raconter des histoires. Au fond de toi il te manquera quelque chose. Tu auras peut-être l’air fort. Mais tu seras fragile. Tu auras peut-être l’air confiant. Mais tu vivras dans la peur.

Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas faire confiance à quelqu’un qui ne fait pas ce qu’il dit.

Si tu dis quelque chose et que tu ne le fais pas, tu casses le contrat. Tu casses la confiance. Tu casses le respect.

Avec toi-même. Et avec les autres.

Mais la bonne nouvelle. C’est que ça marche aussi dans l’autre sens.

Tu veux plus de confiance en toi ?
Fais ce que tu as dis que tu allais faire.

Tu veux plus d’estime de toi ?
Fais ce que tu as dis que tu allais faire.
Tu veux plus de respect et d’amour de toi ?
Fais ce que tu as dis que tu allais faire.
Tu veux que les autres t’aiment, te respectent et te fassent confiance ?
Fais ce que tu as dis que tu allais faire.

C’est à la fois très simple et extrêmement puissant. Presque magique. Comme un super pouvoir.

Si tu fais toujours ce que tu dis tu n’auras plus jamais de problème dont tu ne trouveras pas la solution. Plus jamais.

Alors comme hier. Pour aujourd’hui : identifie ta Top Priorité du Jour. Et fais-le !

Et sens le plaisir et la fierté que ca te procure. Savoure-les. C’est que du bonheur…

Décide ce que tu veux faire aujourd’hui.  Ta Top Priorité du Jour. Et fais-le !

A toi de jouer.

💖💖💖💖💖💖Dad

 

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Mercredi 7 Septembre 2016

Cette semaine on est centré sur la notion de priorité et en matière de priorité je vous parlerai bientôt d’un expert incontournable : Stephen Covey. Il a beaucoup écrit sur le sujet. Et c’est un auteur, un professeur et un coach qui m’a énormément inspire.

Aujourd’hui je veux mettre en application un concept qu’il a mis en avant à savoir différencier l’urgent de l’important. Je reviendrai souvent sur cette idée. Mais pour aujourd’hui, je veux insister sur une chose qui est extrêmement importante. Jamais urgente… Mais toujours importante.

Cette chose c’est : prendre le temps de sentir.

Nous avons 5 sens… peut être même 6… et dans le tourbillon de la vie quotidienne on oublie très souvent de s’en servir. Ou en tout cas de s’en servir avec toute l’attention et toute l’intensité possibles.

Voir. Entendre. Humer. Gouter. Toucher… c’est de là que tout part. C’est là où tout commence. Et s’il y a bien UNE HABITUDE qui peut radicalement améliorer ta vie, c’est celle de te servir pleinement de tes 5 sens. Tous les jours. Le plus possible…

Je vais te dire un secret : La richesse de ta vie dépendra en grande partie de ta capacité à utiliser pleinement tes 5 sens.

Pour te connecter au monde. Te connecter aux autres. Te connecter à la vie… c’est la cle !

Alors pour aujourd’hui je te propose ce petit exercice : mets de la couleur dans ta vie !

Toute la journée, a différents moments, intéresse-toi aux couleurs, prête leur attention… prends quelques minutes pour regarder des palettes de couleur… découvre leurs nom : magenta, pourpre, violine, turquoise… ressens ce que chaque couleur t’évoque… perçois les impressions et les émotions que ces couleurs déclenchent… tu verras au début on ne sent pas grand chose mais rapidement, en se concentrant un peu, on perçoit de mieux en mieux les nuances, toutes les subtilités… on affine et on aiguise son regard… comme un outil de précision…

Regarde autour de toi, cherche les couleurs… apprend à les repérer, à les reconnaitre… Demande-toi aussi quels sont tes couleurs préférées… apprends à mieux te connaitre, à mieux connaitre le monde et à mieux connaitre la vie à travers les couleurs.

Aujourd’hui, on s’intéresse à l’important… au plus important : Les 5 Sens. Et on commence par la vue… avec les couleurs.

Alors a toi de jouer. Mets de la couleur dans ta vie… Amuse-toi bien !

💖💖💖💖💖💖Dad

 

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Jeudi 8 Septembre 2016

Hier j’ai évoqué Stephen Covey, dont tu connais peut être la formule : priorité aux priorités… Faire passer les choses prioritaires en premier. Ça parait évident, pourtant, si ça l’était ou si ça le devenait vraiment, la vie serait 100 fois plus simple et plus belle.

Alors ? Pourquoi ça cloche ? Pourquoi les journées passent-elles si vite, sans nous laisser le temps de faire ce qu’on a de plus important à faire ?

Il y a à cela plusieurs raisons que nous verrons d’ici la fin de cette semaine mais je veux m’arrêter aujourd’hui sur la plus importante. Commencer par le plus important… Donner la priorité à la priorité c’est exactement ce que nous allons faire ! Tout de suite.

La principale raison pour laquelle les gens se sentent débordés. Et la principale raison pour laquelle toi aussi, tu n’arrives que rarement à faire ce que tu as prévu de faire dans une journée, c’est une confusion entre l’important et l’urgent.

Stephen Covey nous apprend à distinguer 4 catégories d’actions :

  • Urgent mais pas important.
  • Important et Urgent.
  • Important et pas urgent.
  • Pas urgent et pas important.

 

Je reviendrai demain sur ces 4 catégories. Mais aujourd’hui je veux insister sur la différence entre important et urgent.

L’IMPORTANT, c’est tout ce qui participe à poser les fondations solides de la vie que tu as choisi. Tout ce qui construit et renforce les aspects les plus essentiels de ta vie. Ce qui te donne le plus de joie et de bonheur… une satisfaction réelle et profonde. Tout ce qui te rend meilleur tout en contribuant à rendre le monde meilleur.

L’URGENT, c’est tout ce qui doit être fait immédiatement parce qu’il y a une échéance, une réponse à donner immédiatement… Ce sont toutes les demandes extérieures… les exigences soudaines et immédiates de la vie quotidienne… En fait tout ce qui te donne du stress et accélère le rythme de ta vie.

On voit tout de suite que la vie moderne, avec sa technologie, ses applications invasives, son bourdonnement permanent, sa pression omniprésente est une société de l’urgence.

Et pour reprendre le contrôle de ta vie il est impératif d’apprendre à sortir de ce tourbillon. Mais commençons par un diagnostic. Pour mesurer à quel point tu es atteint par ce syndrome de l’urgence.

C’est la question du jour : dans une journée, combien de temps passes-tu à répondre a des sollicitations extérieures ? Et combien de temps passes-tu à t’occuper vraiment de toi ?

Attention ! Le temps passe a te « détendre » en regardant les dernières vidéos virales ou en chattant avec des semi-inconnus sur les réseaux sociaux est à mettre dans la 1ere catégories.

Alors ? Combien de temps absorbe par le tourbillon de la vie moderne ? Et combien de temps consacre a la construction de toi même et de la vie que tu rêves d’avoir ?

Observes toi aujourd’hui ? Amuses toi a regarder a quoi tu passes ton temps ? Ne te juge pas. Observe seulement. Et note.

Et n’oublies pas de t’intéresser encore un peu aux couleurs.

A toi de jouer.

 

💖💖💖💖💖💖Dad

 

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Vendredi 9 Septembre 2016

Aujourd’hui je voudrais faire un petit détour par rapport à notre ligne habituelle. Prendre le temps de m’arrêter sur un sujet qui est trop souvent négligé voire même oublié quand on est concentré sur l’amélioration de soi et la réalisation de ses rêves.

Ce sujet c’est le don. Pas seulement le don d’objets ou le don d’argent. Je veux surtout parler du don de soi. Donner de son temps, de son énergie et, c’est le plus important, donner de son attention.

Etre attentif aux autres. Tout part de là.

Ça demande de sortit un peu de sa bulle. Arrêter deux minutes de se regarder le nombril. Oublier un instant ses problèmes et ses grandes ambitions pour être entièrement concentré sur l’autre.

L’autre, ça peut être un ami ou un proche. Mais il peut aussi s’agir de n’importe qui. Un inconnu dans la rue. Un commerçant. Un passager dans le bus… n’importe qui.

Et il n’est même pas nécessaire de faire quoi que ce soit. Dans un premier temps, il s’agit seulement de se connecter. Par l’intention. Voir quelqu’un… l’observer attentivement (mais discrètement) et essayer de pénétrer son univers, imaginer ses émotions, imaginer son histoire. Etre attentif. Etre entièrement avec la personne. Et lui adresser une intention de bienveillance et de compassion.

« Vous êtes la. Je ne vous connais pas. Vous avez votre vie. Vos rêves. Vos petits soucis. Nous sommes sans doute différents mais au fond nous sommes pareils. Vous et moi nous voulons le meilleur pour nous même et pour le reste de l’humanité. Je ne vous connais pas mais je vous aime et je vous respecte. Et je vous souhaite une très belle journée. »

C’est l’exercice du jour. Au moins une fois aujourd’hui, fais-le. Observe attentivement une personne. Entre dans son univers. Connecte-toi à elle. Et envoie-lui cette intention.

« Vous êtes là. Nous sommes sans doute différents mais au fond nous sommes pareils. Vous et moi nous voulons le meilleur pour nous même et pour le reste de l’humanité. Je ne vous connais pas mais je vous aime et je vous respecte. Et je vous souhaite une très belle journée. »

Tu vas voir. Donner son attention aux autres c’est une très belle façon d’enrichir ta vie. Fais-en une habitude.

Même si ça peut sembler bête et inutile. Fais-le. Donne-toi a vivre cette expérience. Fais-le et tu me diras comment ca s’est passe.

A toi de jouer

💖💖💖💖💖💖Dad

 

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Samedi 10 Septembre 2016

Ce matin je veux vous parler des « jours sans »…

On dit qu’il y a « des jours avec et des jours sans », pour dire qu’il y a des jours où ça va super bien, et des jours où ça va moins bien… des jours où on a la pêche et des jours où on ressens moins d’énergie… des jours où tout a l’air d’aller dans le bon sens et des jours où tout semble aller de travers… des jours « up » et des jours un peu « down »…

C’est normal ! Ca fait partie de la vie. Il y a des temps forts et des temps faibles. Des variations d’énergie. Et ça se ressent aussi bien physiquement, que mentalement et émotionnellement…

Alors, comment faire pour garder le cap et rester actif et efficace même dans les moments « down » ?

1- Accepter
2- S’Adapter

Accepter ca veut dire ne pas lutter contre ni s’obstiner à faire « comme si » c’était un jour « up ». Accepter c’est ne pas forcer les choses. Ne pas garder des attentes de jour « up » quand on est dans un jour « down ».

Et s’adapter ca veut justement dire revoir ses attentes pour tenir compte de la situation. Revoir ses objectifs pour ce jour-là. Recentrer sur le plus important en se disant : « Ok ! Aujourd’hui, je ne suis pas au top, je ne vais surement pas accomplir d’exploit… alors qu’est-ce que je peux faire pour que ce soit quand même une belle journée. »

En fait, il faut rapidement switcher son focus de la déception pour tout ce qu’on ne va pas pouvoir faire vers la détermination à réussir le peu que l’on va pouvoir faire.

C’est ce que j’appelle du positivisme constructif. On pourrait dire aussi du pragmatisme. Et c’est super important de développer ça !

Parce que ça va arriver. C’est sûr. Il y aura des jours où vous vous sentirez super « down » et où vous aurez l’impression que tout va mal. Alors il faut apprendre à ne pas lâcher et à rester focus même dans ces moments la. Accepter de relâcher un peu la pression pour mieux garder le contrôle.

Alors je ne sais pas si vous êtes dans un jour ‘’up’’ ou ‘’down’’ aujourd’hui mais notez bien cette petite formule pour vous en resservir à chaque fois que vous vous sentirez dans un mauvais jour :

« Ok ! Aujourd’hui, je ne suis pas au top, je ne vais surement pas accomplir d’exploit… alors qu’est-ce que je peux faire pour que ce soit quand même une belle journée. »

A vous de jouer.

💖💖💖💖💖💖Dad

 

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Excellente Journée et à demain pour le Brief du Dimanche.

 

FG – 160910

Coup de cœur pour les coups de gueules

Aujourd’hui, j’inaugure cette rubrique avec un coup de cœur un peu paradoxal. Comme la vie… La vie qui est la condition sine qua non de la mort… Suprême et sublime paradoxe !

Dès lors, partant d’une telle base, comment peut on imaginer une seule seconde que la vie puisse avoir un sens simple à comprendre… une logique limpide, binaire, tranchée : Noir ou Blanc, Bien ou Mal… Tout ça n’existe pas ! Tout n’est que nuance et subtilité… jeu d’apparences et de contradictions… et c’est la vie même qui nous le dit, dans un beau pied de nez : « mon p’tit pote (ça marche aussi bien pour les hommes que pour les femmes) tu n’existes que pour mieux disparaître, et ta mort, pour avoir lieu, à besoin de ta vie, qui l’aura précédée… ». Allez y comprendre quelque chose !!!

Mais je digresse…

Coup de cœur pour les coups de gueule. Et oui ! Mon coup de cœur du jour, c’est pour cette possibilité qui nous est offerte, à nous, citoyens du monde libre, de pouvoir nous exprimer sur tout et n’importe quoi et, surtout, de pouvoir râler !

Râler à tort et a raison, de front et de travers, par devant et par derrière… bref : jaser, vociférer, palabrer, débattre, argumenter, encenser, dénoncer, vilipender, conciliabuler, caricaturer, discuter le bout de gras, chercher la petite bête, empêcher le petit commerce de tourner en rond, mettre les points sur les i et les barres aux t, tailler des costards, charliser, pamphlétiser, dépiédestaliser… on a même le droit d’inventer des mots pour le faire… c’est vous dire si on est libre !

D’ailleurs de ça aussi on peut se plaindre. Pas d’être libre… mais de ne plus l’être assez.

Alors oui… c’est un peu vrai… le politiquement correct, pour favoriser les petites affaires de ceux qui comptent et savent compter, empêche de plus en plus d’appeler les chats des chats… ou alors le moindre mot qui sort du cadre posé par le brief des censeurs de la com’ est aussitôt récupéré en une polémique stérile, inutile pour faire avancer le schmilblick, mais très utile pour faire le buzz et augmenter le nombre de click et, donc, le chiffre d’affaire… parce que tout fini toujours par être une histoire de gros sous.

Et de ça aussi on a le droit de se plaindre. L’argent est partout ! Certes il est bien utile… mais quand même… pas au point d’en faire l’unique étalon de valeur dans un monde qui regorge de richesses inestimables en monnaie sonnante et trébuchante… et encore moins en monnaie virtuelle… car tout cela est virtuel, vous l’avez bien compris… enfin, j’espère que vous l’avez bien compris… depuis le temps que ça dure…

Mais je digresse encore…

Coup de cœur pour les coups de gueule. Exercice ô combien français ! Je dirai même franco-français. Un art que le monde entier nous envie, sans vraiment le comprendre. Je me souviens de cette remarque spontanée d’une touriste américaine, interrogée à Paris pendant les manifestations de juin 2016 (non, pas celles la, les autres… juste avant les suivantes… et juste après les précédentes… bref des manifs quoi !)… Eh bien cette touriste américaine, charmante au demeurant, à qui l’on demandait si elle n’était pas un peu dérangée dans son tourisme bobo par la manifestation de ces vrais gens, répondait avec un sourire mutin et un léger accent : « Mais non, ça c’est la France !… » et ça avait l’air de drôlement lui plaire.

Alors oui, cette habitude de râler et de descendre dans la rue pour le faire, nous coûte sans doute quelques points de PIB chaque année… Oui, elle agace les financiers et fait enrager le MEDEF… Oui, elle fait lever les yeux et hausser les épaules des chantres de la pensée positive qui affirment que se plaindre c’est du mauvais stress et des ondes négatives… Et oui, elle fait perdre leur temps à celles et ceux qui ont du mal à en sortir et s’y complaisent 24/7 (comme on dit dans la nouvelle économie)…

Mais qu’est-ce que c’est bon !!!

Dans un monde gouverné par les diktats de la Grande Finance Internationale, imposant son cahier des charges aux marchands et aux publicitaires, à grand renfort de médias, pour façonner des masses de consommateurs courant docilement après une illusion de bonheur qui s’achète ; attendant, pour tous les problèmes, des solutions qui sortent de pochettes surprises qu’on leur vend à prix d’or… contre argent comptant ou a crédit… c’est encore mieux a crédit !… dans ce contexte formaté, standardisé, aseptisé… Oui, ça fait du bien de penser à rebours. Et de penser tout court d’ailleurs.

Car dans un monde où tout ne va pas bien, il est impossible et même malsain de ne pas s’indigner au moins 1 fois par jour. Au moins pour s’entraîner. Pour garder la capacité de le faire et de bien le faire. Comme nos grands anciens. Juste une fois. Mais une belle fois. Avant de reprendre le cours de sa vie.

Parce que, oui ! Il faut savoir en sortir. Il faut savoir utiliser cette capacité innée d’indignation, cette ADN de contestataire, cette hérédité de guillotineurs de roi pour porter un regard critique, exigeant et parfois même sévère sur soi-même, sur le monde et sur la vie. Et cela peut très bien s’intégrer dans une démarche positive et constructive. Pour avancer, progresser et évoluer.

Car il n’y a pas incompatibilité, je dirai même au contraire, entre avoir des coups de gueule et avoir une attitude positive. Il n’y a pas de contradiction, et je dirai encore au contraire, entre nourrir un esprit critique, voir très critique, et souhaiter aussi voir le meilleur en toutes choses.

Je pense même, et c’est une intime conviction, que l’un nourrit l’autre et réciproquement. La pensée positive, si elle ne veut pas être pas creuse et factice, a besoin du regard critique pour se renforcer et s’ancrer dans le réel. Et l’esprit critique a besoin de l’optimisme pour rester constructif et ne pas sombrer dans le cynisme et l’aigreur.

Jamais l’un sans l’autre. L’équilibre des forces. Et tout est dans la mesure.

Voilà chers lecteurs.

C’est le défi que je me fixe en m’adressant à vous : Garder cet équilibre.

Mettre souvent le doigt là où ça peut faire mal. Mais aussi, très souvent, caresser là où ça fait du bien. Et dans les deux cas, le faire pour avancer, le faire avec passion, avec amour et avec respect.

Avec un grand sourire. Un grand cœur. Et une grande gueule.

 

FG – 160907

Je n’irai pas travailler aujourd’hui…

Nous sommes Lundi 5 septembre 2016. Il est 9h.

C’est l’heure à laquelle je devrais être en train de me préparer pour aller travailler, me hâtant afin de ne pas arriver en retard pour mon premier jour…

Pendant le trajet, j’aurais peut-être ressenti une petite boule au ventre… rien de bien méchant… juste un peu de stress avant de me replonger dans un univers que j’ai quitté depuis si longtemps…

Avoir un travail, c’est important de nos jours. Pour avoir un statut… une place dans la société… Pour gagner sa vie aussi… payer ses factures… nourrir sa famille. Et pour moi, dans ma situation, ça fait aussi partie de ma réinsertion.

Je suis ce qu’on appelle un « prévenu »… un mis en examen… pas encore jugé… pas encore condamné… je n’ai tué personne, volé personne, violenté personne… mais aux yeux de la société ça ne fait aucune différence. Je sors de prison… je suis un ex-taulard.

Après les mois passés à Fresnes… et après les mois passés chez moi, un bracelet à la cheville, sous surveillance électronique, à ne pouvoir sortir que 3 heures par jour… Après tout ça, avoir un travail ça veut dire retrouver une existence plus « normale »… un peu plus libre, moins isolé et de nouveaux en contrôle de certains aspects de ma vie… revoir mes enfants… me reconstruire…

Alors avoir un travail, pour moi, c’est encore plus important… Mais je n’irai pas travailler aujourd’hui.

J’avais pourtant trouvé un emploi. J’étais content. J’étais même un peu fier.

Quelques jours après ma sortie de Fresnes, j’avais commencé à consulter les annonces. J’en avais repéré plusieurs. J’avais envoyé des candidatures. Remis à jour mon compte Linkedin. Ouvert un compte Apec… Et puis j’avais reçu une réponse positive. Une invitation à participer à une session de recrutement.

Pour pouvoir m’y rendre, j’avais formulé une demande à la juge d’instruction. Mais comme on ne m’avait pas expliqué comment m’y prendre, ma première demande avait été mal formulée, et elle avait été refusée. Alors, dans l’urgence, j’en avais fait une deuxième, en essayant de tenir compte des remarques qui m’avaient été faites sur la première. Et elle avait été acceptée…

Entre-temps, j’avais perdu un peu d’argent… je n’en ai déjà pas beaucoup… les billets de train que j’aurai pu acheter à bon prix au moment ou j’ai eu le RV m’ont finalement coûté beaucoup plus cher quand j’ai pu les acheter, deux semaines plus tard, après avoir reçu l’autorisation de m’y rendre.

La faute à personne… c’est comme ça… Et ce n’est pas pour ça que je n’irai pas travailler aujourd’hui.

Car je me suis rendu à cette session de recrutement. Une présentation collective, un entretien individuel et une simulation de vente… Ils avaient insisté, ils ne prendraient pas tout le monde. Le job était difficile… mais j’étais confiant… Je me sentais bien… Je ne doutais pas du résultat… J’allais avoir ce job… C’était sûr… Et je l’ai eu.

Dans l’après midi, comme convenu, j’ai reçu un appel qui me confirmait mon recrutement. Mon employeur souhaitait que je commence immédiatement, seulement quelques jours plus tard. Mais je savais que ça ferait trop juste pour transférer mon contrôle judiciaire de l’Yonne où je réside actuellement, à Lille, là ou je souhaite vivre et travailler pour me rapprocher de mes enfants.

Alors j’ai du lui dire que je ne pouvais pas satisfaire à cette demande… que j’avais besoin d’un délai d’un mois, pour m’organiser…

Mais ce n’est pas pour ça que je n’irai pas travailler aujourd’hui.

Parce que l’employeur à accepté. Il m’a donné un mois et m’a donné RV pour le 5 septembre. C’est-à-dire aujourd’hui. A 10h.

Alors j’ai transmis l’information à la Juge d’Instruction et j’ai commencé à chercher un logement à Lille.

Mais je suis bloqué dans l’Yonne et c’est très compliqué de trouver un logement à distance, dans une ville que l’on ne connait pas, avec un dossier sans fiche de paye, sans déclaration d’impôt et sans pouvoir se rendre sur place.

J’ai quand même essayé… et j’ai fini par trouver un logement sympa… à 40 minutes en métro de mon lieu de travail… beaucoup pour les Lillois, mais parfait pour tous ceux qui gardent en mémoire les temps de transport en région parisienne…

C’était le 18 août… J’ai eu plusieurs échanges téléphoniques avec la propriétaire… plusieurs échanges d’email… Ma mère s’est rendue à Lille pour rencontrer le gendre de la propriétaire qui était alors en vacances. La visite s’est bien passée…après de nouveaux échanges d’email et la transmission de quelques pièces justificatives, nous avons conclu un accord de principe et pris RV pour la signature du bail, le 25 août à Lille…

J’ai transmis tous ces documents à la Juge d’Instruction afin d’obtenir son autorisation de déménager. Elle était en vacances… mon avocat a relancé son cabinet… le temps passait…

Et puis, 6 jours plus tard, la veille du RV, le soir du 24, la propriétaire m’a envoyé un dernier email pour me dire que « pour des raisons familiales » elle renonçait à louer l’appartement… rompant son engagement… sans appel…

A 10 jours de mon embauche, je me retrouvais sans logement à Lille…

Mais ce n’est pas pour ça que je n’irai pas travailler aujourd’hui…

J’ai essayé de trouver une solution. Je me suis creusé la tête pour savoir qui je connaissais ayant un lien plus ou moins direct avec Lille ou sa région… quelques noms me sont venus en tête… des personnes avec qui je n’avais eu aucun contact depuis des années… mais j’ai quand même tenté le coup…

En quelques mots envoyés sur Messenger, il fallait résumer ma situation : moi, ma faillite, la prison, le bracelet, le job, le studio… Bref, la galère et le besoin de trouver très vite une personne me connaissant à peine mais acceptant de m’héberger…

Et j’ai reçu une réponse… en à peine un quart d’heure… une ancienne cliente et amie, perdue de vue depuis des lustres, qui sitôt reçu le message s’était mise à chercher et en guise de réponse m’envoyait ce message laconique : « bonne nouvelle ! J’ai trouvé ».

Le soir même (toujours le 25), après avoir pris un premier contact avec cet étranger (un ami de mon amie…) qui acceptait de me recevoir chez lui pour une durée indéterminée, je recevais toutes les pièces nécessaires à compléter le dossier. Il ne restait plus qu’à le transmettre au cabinet de la juge d’instruction et attendre son retour de congé, le lundi 29 pour obtenir une réponse…

Mais les jours passèrent… et je n’obtins pas de retour…

Je restais confiant… je me disais que cela se passerait comme la fois précédente et que je recevrais la validation au tout dernier moment…

Autour de moi, les remarques encourageantes se multipliaient. La Justice n’allait quand même pas entraver mon retour à l’emploi. La même Juge qui avait autorisé mon déplacement pour un entretien d’embauche à Lille, n’allait pas refuser que j’aille m’y installer… Il devait bien quand même y avoir une logique dans ce système. Un peu d’humanité aussi… Nous étions tous confiants…

Pourtant, le jeudi 1er septembre, je demandai quand même à mon avocat de relancer le cabinet de la juge d’instruction…

Et le vendredi 2 septembre, toujours sans nouvelle, j’appelai le bureau du SPIP de l’Yonne pour parler à la conseillère chargée de mon suivi. J’appris alors que la demande initiale, formulée pour l’ancienne adresse ne lui était parvenue que le 25… et que, sachant que cette adresse n’était plus d’actualité elle avait envoyé un rapport négatif, sans plus de précision, le 29… En revanche, elle disait n’avoir reçu depuis aucune autre information…

Je n’en croyais pas mes oreilles… dans les méandres des circuits administratifs, la partie dont mon sort dépendait se jouait à l’aveugle et en désynchronisé… avec deux coups de retard…

On m’expliquait que je devais comprendre. Que je n’étais pas seul dans mon cas. Qu’il y avait les vacances, les délais, les procédures…

Je soulignais la difficulté, en France, en 2016, de trouver un emploi et un logement, à fortiori à distance et dans ma situation… Que je venais de trouver les deux… mais que j’allais les perdre…

Alors on me réexpliquait que je devais comprendre. Que je n’étais pas seul dans mon cas. Qu’il y avait les vacances, les délais, les procédures…

Il était midi passé. Vendredi 2 septembre. Le week-end allait commencer… Ma demande d’autorisation, jointe aux pièces justificatives attestant de sa validité, était quelque part… comme une bouteille à la mer… perdue dans un océan d’indifférence et de lenteur bureaucratique… suspendue dans le temps… inutile…

Et j’étais impuissant… désarmé face à une situation dont le contrôle m’échappait complètement… infantilisé… déresponsabilisé… contemplant l’inéluctabilité de ce qui se passerait un peu moins de 72h plus tard…

Ce jour là allait se lever. Cette heure là allait arriver. Des flux de femmes et d’hommes, circuleraient en tous sens dans le métro lillois, se rendant à leur travail, dans leur école ou vers leurs activités. Vivant leur vie… J’avais tout fait pour me trouver parmi eux… mais je n’y serais pas.

Les dés en étaient jetés, le sort en était scellé :

Le lundi 5 septembre à 10h, je n’irais pas travailler.

 

Pourquoi ?

Je n’ai pas de réponse à cette question là…

Lundi 5 Septembre 2016

Toutes les bonnes choses ont un début…

C’est aujourd’hui que ça commence.

Pourquoi pas hier ?
Pourquoi pas demain ?

Nourrir le regret,
de n’être pas
parti plus tôt.

Pour être déjà arrivé ?

Mais l’horizon fuyant,
Ne s’atteint jamais.

Ou attendre encore ?

Pour une perfection
Qui n’existe pas ?

J’aurai pu être ailleurs,
Mais je n’y suis pas.

Ici et maintenant,
On en revient à ça.

Hier n’est plus.
Demain n’est pas encore là.

Si j’avais été ailleurs,
J’aurai fait autre chose.

Mais je suis là,
Alors je fais ça.

Et ça me va bien.

C’est ce qui est
Et c’est parfait.

Alors ça commence aujourd’hui.

Lundi 5 Septembre 2016
Mise en ligne de mon nouveau blog
http://www.franckgirardot.net

Venez y faire un tour…

 

FG – Lain – 160903

La Vie en Vert

Fait Divers

Sombre calvaire,
Cœur ouvert,
Revolver.

Vide un verre,
Persévère,
Tête à l’envers.

Plein hiver,
Nu comme un ver,
Vieux pervers.

Se met au vert,
Au Diable Vauvert,
A couvert.

Belle primevère,
piverts… colverts…
Bienveillant univers.

Passage entrouvert,
Ecrire des vers,
A la Prévert…

La Vie en Vert.

 

FG – Lain – 160904

Réécrire l’Histoire ! – Merci monsieur Fillon

Merci monsieur Fillon,
 
A l’écoute de votre discours de Sablé dans la Sarthe, je n’ai pas pu résister à l’envie de me saisir de ma plume afin de vous exprimer ma plus profonde gratitude.
 
Vos mots si bien choisis ont résonné en moi et m’ont remis dans le droit chemin en m’apportant des réponses simples et pratiques à des questions essentielles.
 
En premier lieu, j’ai compris comment faire de mes enfants de bons petits français, au moins aussi bien éduqués et aussi patriotes que les petits chinois que vous citez en modèles.
 
Jusque-là, bêtement, je les avais éduqué dans une espèce de sotte ouverture d’esprit, je leur avais transmis, j’en reconnais la faute, une vision du monde très « Bisounours » (c’est comme ça qu’il faut dire je crois) faite de tolérance et de respect de l’autre et, pire de mes crimes, j’avais tâché de stimuler leur esprit critique, notamment en leur présentant l’Histoire comme un jeu de nuances plutôt que comme une représentation binaire et partisane…
 
Je mesure aujourd’hui, grâce à votre vibrant discours, à quel point je me suis fourvoyé et le danger que mes erreurs ont fait courir à la République.
 
Votre recadrage sur l’aspect culturel de la colonisation m’a été salutaire. En revoyant mon Histoire à travers ce filtre, j’ai pu mieux comprendre le partage de culture dont avaient pu bénéficier les indiens d’Amérique et les aborigènes australiens au même titre que les nombreux peuples qui ont vu, grâce à nous, leur niveau culturel s’élever à mesure que leur population était décimée… Où en seraient-ils aujourd’hui, ces peuples d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique, sans notre apport culturel ? Je n’ose même pas l’imaginer… Et je m’étonne encore qu’ils ne nous en soient pas plus reconnaissants…
 
Par ailleurs, le lien évident que vous établissez entre la connaissance d’une vérité et la honte que cette vérité pourrait générer m’amène, tout comme vous, a préférer taire cette vérité, à la renier et à l’enfouir au plus profond, afin qu’elle ne m’empêche pas de développer la fierté dont j’ai besoin pour prendre pleinement ma place en ce monde… Et pour vous montrer que j’ai bien retenu la leçon, je vais la mettre immédiatement en application dans ma vie personnelle. Se faisant, grâce à vous, je vais pouvoir régler définitivement plusieurs questions liées à mon passé et qui risquaient de compromettre mon autorité parentale. Je les cacherai à mes enfants, j’en nierai l’existence s’ils devaient resurgir, et j’aurai ainsi réglé le problème sans créer de complications inutiles. Merci monsieur Fillon.
 
Enfin, et c’est sans doute le plus beau, moi qui suis amateur de belles lettres et de grands auteurs, l’idée de réécrire les livres d’Histoire pour en faire les écrins d’un grand « récit national » ne peut que me séduire. Et qui mieux que nos éminents Académiciens pourrait se charger de cette tâche. Il est vrai que dans un pays qui peut s’enorgueillir de tant de grands écrivains, pourquoi s’encombrer de tous ces historiens qui ne sont jamais d’accord entre eux. Voilà bien un des beaux projets qui devraient redonner à notre pays l’unité dont il a tant besoin : réécrire notre Histoire. Et en l’associant à votre idée de commencer l’endoctrinement… pardon, l’apprentissage, à 5 ans plutôt que 6, votre initiative courageuse devrait permettre de fabriquer… pardon d’instruire, une belle génération de têtes bien faites… Encore une fois, merci monsieur Fillon.
 
Pourtant, sur ce point, je me demande si vous n’êtes pas un peu timoré… Pourquoi 5 ans ? Ne devrions-nous pas aller un peu plus loin en démarrant le processus encore plus tôt. En effet, soyons modernes, grâce à la technologie, il devrait être possible d’accoler des écouteurs au ventre des futurs mamans et ainsi distiller ce « récit national », par voie auditive, au profit de l’embryon en formation… Autant de temps de gagner, et je suis sûr que même les chinois n’y ont pas encore pensé… Ah ! Ce génie français… Vous voyez, à vous écouter évoquer les paysans et les ingénieurs qui ont fait la grandeur de notre pays, je me prends d’audace et je me sens pousser des ailes pour porter au firmament, l’étendard de la fierté nationale… Un grand merci monsieur Fillon.
 
Je conclurai en vous remerciant, aussi, d’avoir évoqué votre passé de scout. J’ai été scout, moi aussi. Mais je me demande si vous avez fait un lapsus, ou si vous avez bien mentionné les « Scouts de France »… J’ai eu pour ma part le grand honneur de faire partie des Scouts Unitaires de France. N’ayant pas eu la chance d’avoir près de chez moi de troupe de Scouts d’Europe, encore plus traditionalistes, souvent encadrés par des prêtres intégristes portant leur soutane noire par dessus leurs rangers. Mais chez les « S.U.F. » nous étions quand même des puristes, fidèles à l’héritage de Baden Powel (un homme qui a lui aussi beaucoup œuvré pour le « partage de la culture » britannique avec les peuples africains)… En revanche les Scouts de France étaient bien connus pour être des gauchistes débraillés… Voilà peut être une part de votre histoire qu’il serait préférable de cacher… il y a de quoi avoir honte… il conviendrait, de réécrire votre « récit personnel » pour en effacer cet épisode peu glorieux… Une petite astuce pour le faire discrètement : ne mentionnez que le mot « scout », sans entrer dans le détail, cela vous évitera de ternir votre image…
 
Finalement, avec tout ça, j’en arrive vraiment à regretter que vous ne soyez jamais président…
 
Parce qu’il faut bien le reconnaître, vous n’avez aucune chance…
 
Votre premier handicap, c’est que vous êtes moins populaire que Sarkozy. D’ailleurs, je voulais vous dire que vous l’avez oublié dans votre liste des grands hommes qui ont fait la France, juste après Giscard, Mitterand et Chirac… il en manquait deux : les deux plus récents… à force de parler d’Histoire Millénaire on en vient à oublier les faits les plus récents… ça m’arrive aussi… ou peut-être que c’est déjà une façon de commencer à réécrire le récit national… en enlevant les noms qui gênent… vous êtes vraiment très fort…
 
Et votre deuxième handicap c’est que sur la réécriture d’histoire vous êtes dépassé par le Front National. C’est dans leur ADN, donc on peut penser qu’ils sont plus forts que vous sur le sujet… Marine et Marion, depuis toutes petites, elles se nourrissent de ce lait-là… donc en arrivant dessus un peu tard dans votre carrière, ça risque de ne pas passer… vous allez commettre des petites bourdes (comme le coup des Scouts de France, rédhibitoire chez les électeurs du FN qui sont sensibles à ce sujet, chez eux c’est Scouts d’Europe sinon rien !)…
 
Alors voilà, monsieur Fillon, merci de m’avoir donné l’occasion de clarifier mes idées. Par les temps qui courent, il est préférable de les avoir bien claires…
 
Bien à vous,
 
Votre dévoué,
 
FG – Lain – 160904

 

 

La Démocratie expliquée à mes ados

Après le débat national sur le burkini, et alors que la presse se fait l’écho des lancements de campagnes électorales des uns et des autres, un petit recadrage sur la notion de démocratie me parait d’actualité.

Note : évidemment, de nombreux points demandent à être développés. Et ce texte n’est ni un manifeste, ni une thèse exhaustive sur le sujet. C’est un jeu de question réponse tel que je pourrais en avoir un avec mes enfants de 12 et 14 ans. Son but est d’éveiller et d’alerter en suscitant des questions et des débats. Pas de formuler une vérité absolue et définitive.

 


1 – C’est quoi la démocratie ?

C’est un régime politique (on pourrait dire une façon de gouverner) dans lequel le peuple exerce le pouvoir.

Etymologiquement, « demos » désigne le peuple et kratos, désigne le pouvoir.

On distingue la démocratie d’autres régimes politique :

  • Aristocratie : c’est une élite qui exerce le pouvoir. Les nobles, les notables, les intellectuels, une classe ou une caste supérieure…

Exemples : la monarchie, avec un roi ou une reine et une classe nobiliaire ; Les émirats arabes…

Cas particulier : on parle d’oligarchie quand un petit groupe de personnes exerce le pouvoir.

 

  • Théocratie : ce sont les représentants de Dieu, donc les prêtres, qui exercent le pouvoir…

Exemples : Le Vatican ou le pape est le chef de l’État, L’Iran ou l’ayatollah est le chef de l’État.

 

  • Autocratie : c’est une personne auto-désignée qui exerce le pouvoir.

Exemples : dictatures établies suite à des coups d’états (prise du pouvoir par la violence), ou usurpation progressive du pouvoir par des personnes qui avaient été élues démocratiquement (Hitler, Mussolini…)

On voit dans la dernière définition qu’il existe des exemples historiques de glissement de régimes démocratiques vers des régimes autocratiques. Rien n’est jamais figé définitivement et dans une démocratie, le peuple doit rester vigilant s’il veut conserver son pouvoir.

 

 

2 – Le peuple exerce le pouvoir… concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?

A partir du moment où plusieurs personnes doivent coexister dans un même espace, la question se pose de savoir, comment on s’organise pour vivre ensemble. Qui fait quoi ? Qui décide quoi ? Et qui commande qui ?

C’est la politique qui doit répondre à ses questions.

Dans une démocratie, on estime que c’est le peuple qui doit, collectivement, aborder ces questions et prendre les décisions. Donc on gère ensemble, on décide ensemble, on gouverne ensemble.

 

 

3 – Comment fait-on pour prendre des décisions « collectivement » ?

C’est très compliqué… et c’est ce qui faisait dire à Winston Churchill que la démocratie était le pire des régimes politiques… à l’exception de tous les autres !…

Il voulait dire par là, que c’est le plus souhaitable pour la liberté et le bien-être de tous, mais que ce n’est pas simple pour autant. C’est même souvent très compliqué. Et en tous cas plus compliqué que d’avoir une seule personne qui décide et impose ses choix a tout le monde… Comme toujours, être libre, ça donne des responsabilités et ça complique un peu la vie… mais c’est le prix a payer pour qu’elle puisse être plus belle… on n’a jamais rien sans aucun effort.

Alors concrètement, pour décider collectivement, on organise des votes. On pose des questions et les gens y répondent en votant. Et on prend des décisions en fonction du résultat des votes. Soit à la majorité absolue (plus de 50% des voix), soit à la majorité relative (ce qui emporte le plus de voix)… entre autres.

 

 

4- Comment fait-on pour faire voter tout le monde ?

Ça aussi c’est un peu compliqué, et plus la base est grande, plus c’est compliqué. Voter dans un groupe de 10 personnes qui sont réunies en un même lieu, c’est évidemment plus facile que faire voter une nation de 66 millions de personnes comme en France, ou même 320 millions comme aux Etats-Unis…

Mais on s’organise pour le faire… ce qui demande de la logistique et du contrôle pour s’assurer que les résultats des votes sont correctement comptabilisés.

Là encore, on voit bien que dans une démocratie, le peuple doit être attentif et vigilant pour ne pas laisser s’installer des fraudes électorales (falsification des résultats du vote) qui pourrait favoriser telle ou telle personne et fausser les résultats.

 

 

5- Mais concrètement, les gens votent pour quoi ?

Ca dépend des systèmes, mais en France par exemple, les gens (on dit les citoyens) ne votent pas directement pour traiter les questions (sauf dans le cas de referendum, on y reviendra). Ils votent pour élire des représentants. C’est pour ça qu’on appelle le régime politique français une démocratie représentative.

  • Au niveau local, les citoyens élisent des conseillers municipaux qui désignent le Maire.
  • Au niveau départemental, les citoyens élisent des députés.
  • Au niveau départemental, les citoyens élisent aussi des « conseillers départementaux ».
  • Au niveau régional, ils élisent des conseillers régionaux qui désignent un Président de Région.
  • Et au niveau national, ils élisent un Président de la République.

Donc ils élisent des gens pour gérer et gouverner en leur nom. C’est important : EN LEUR NOM… pas « à leur place ». C’est une petite nuance, mais qui fait une énorme différence.

 

 

6- Députés, Maires, Présidents… C’est quoi la différence entre tous ces gens ?

Le Maire et les conseillers municipaux sont chargés de gérer les communes. Ils s’occupent de la vie quotidienne des gens : les rues, les jardins, le ramassage des déchets, l’organisation de la vie collective, les écoles, les équipements communs… C’est la base de la vie démocratique d’un pays.

Les conseillers départementaux et régionaux font la même chose mais au niveau départemental et régional.

Arrondissement, Commune, agglomération de communes, départements, région… Il est souvent reproché au système français de créer des couches et des sous-couches et d’arriver à un « mille feuille » administratif difficile à comprendre et impossible à gérer…

Les Députés représentent leur « circonscription » au niveau national. Ils siègent à l’Assemblée Nationale, ils peuvent proposer des lois et ils sont chargés de les voter. Ils organisent aussi des commissions parlementaires pour surveiller le bon fonctionnement de la démocratie dans le pays.

Le Président de la République a charge de gouverner le pays. Pour l’y aider, il désigne un Premier Ministre qui nomme un gouvernement (des ministres qui sont charges de s’occuper des différentes parties : l’armée, la justice, l’école, les hôpitaux, les impôts, la solidarité…). Le gouvernement propose des lois, qui sont ensuite votées par les députés à l’Assemblée Nationale.

 

 

7- Qu’est-ce qu’il faut faire pour être député, ou maire ou président ?

Sur le principe, rien de spécial. Toi, quand tu seras majeur, tu pourras l’être si tu veux. Il faudra juste te présenter à une élection (on dit « être candidat ») et expliquer aux gens qui vont voter ce que tu vas faire quand tu seras élu (ça s’appelle « faire campagne »). Après ça, les gens votent et si tu es élu, tu y vas !

Par définition, être élu ne demande pas de compétence particulière parce que tu es là pour représenter les citoyens. Donc tu t’exprimes en leur nom. Tu décides en leur nom… Et pour faire ça il ne faut pas sortir de polytechnique ni de l’ENA… il faut juste savoir lire, écrire, parler en public et avoir à cœur de servir les autres.

C’est différent du poste de ministre par exemple. Là, il faut des compétences parce que tu traites de sujet très pointus et tu dois diriger des équipes pour obtenir des résultats… c’est un poste de manager de haut niveau. Mais ça n’a rien à voir avec les fonctions d’élus. Les élus représentent les gens qui les ont élus, et les fonctionnaires (du haut en bas de la hiérarchie) font fonctionner.

En France, on a souvent tendance à confondre les deux…

 

 

8- Pourquoi les gens qui font de la politique ils, se disputent souvent ?

Deux raisons majeures :

Première raison : Les idées. Chaque personne, élue ou pas, a une certaine vision de la vie en collectivité. Et tout le monde n’est pas d’accord sur tout. Parfois même, sur certains sujets, les désaccords peuvent être important et ça peut créer des tensions voir des disputes. Mais ça fait partie des règles du jeu et une démocratie saine et dynamique se nourrit de débats animés. Et parfois, à force de s’animer, on en arrive à se mettre un peu en colère et à sortir quelques noms d’oiseaux… mais ça n’est pas grave tant qu’on en reste aux mots et qu’on sait respecter les autres et leurs opinions, même quand elles sont différentes. Les hommes politiques sont souvent des gens qui ont des opinions très affirmées et qui sont très passionnés pour les défendre. Donc forcément, quand ils ne sont pas d’accord, le débat s’anime…

Deuxième raison : L’Ambition. Tout le monde aime avoir au moins un peu de pouvoir. C’est humain. Mais il y a des gens qui aiment beaucoup ça. Et même certains pour lesquels c’est une obsession. Ils ont envie d’être chef, grand-chef et même super-chef… Et comme ils sont plusieurs à vouloir être chef, forcément, ils se bagarrent pour avoir la place. C’est moins noble que les batailles idéologiques mais ça fait aussi partie de la nature humaine…

Et c’est à nous, citoyens de savoir distinguer l’un et l’autre. Pour cela, quand un homme politique essaie de nous convaincre il faut se poser cette question : est qu’il est animé par l’intérêt collectif ou par son intérêt a lui ? Est-ce qu’il sert des idées ou sa seule ambition ?

 

 

9) Comment le savoir ?

Pas toujours facile. Mais il y a une façon de se tromper le moins souvent possible : ne jamais se contenter d’écouter ce qu’ils disent, mais plutôt regarder ce qu’ils font.

En gardant à l’esprit ce dicton populaire : si tu me trompes une fois, tu es un bonimenteur, si tu me trompes deux fois, je suis un idiot.

En politique comme dans la vie en général, on se trompe rarement en jugeant les gens sur leurs actes, mais on peut se faire berner souvent si on se contente de les croire sur parole.

Et surtout, la meilleure façon de ne pas se laisser avoir par les beaux discours des hommes politiques c’est de s’intéresser de près a ce qu’ils font et à la vie politique au quotidien, sur le terrain, pas seulement dans les journaux ou sur les plateaux de télévision.

 

 

10) Comment faire ça ? Comment s’intéresser a la vie politique au quotidien ?

Au-delà même de la politique, la démocratie est en tout et partout. Dès que plusieurs personnes sont réunies pour faire quelque chose ensemble il y a une notion de politique et de « gouvernance ». Comme on le disait au début : comment on s’organise ? Qui fait quoi ? Qui décide quoi ? Qui commande qui ?

Groupements de quartier, associations, clubs, ONG, entreprises, syndicats, délégués de classe… et même dans la famille… Dans tous les domaines de la vie en société on peut s’en remettre à des systèmes « dirigistes » ou certains dirigent A LA PLACE des autres… ou aller vers des systèmes plus participatifs, ou chacun est partie prenante de l’organisation.

Donc j’ai envie de dire que pour s’intéresser à la politique, on peut commencer par s’informer le plus possible sur les actions quotidiennes de nos élus (dans le cadre de leur mandat, pas dans leur vie privée), pour pouvoir les juger sur leurs actions et pas sur leurs paroles.

Et pour s’entrainer à la vie démocratique il faut pratiquer la démocratie, partout. Etre acteur. Etre responsable. Se tenir informe des questions qui touchent à la vie quotidienne. Prendre part au débat. Se former un avis. Participer aux actions. En famille, à l’école, au travail, dans les clubs et les associations

Ça demande de sortir un peu de son petit monde, a passer moins de temps devant la télé, à s’intéresser a autre chose qu’a son petit nombril et se consacrer à autre chose qu’à se faire sa petite place au soleil… mais c’est sans doute la clé de l’avenir de la démocratie en tant que garante des libertés individuelles et du bien vivre ensemble.

 

Une question pour finir, mais celle-là, c’est moi qui la pose : Et toi ? Comment décides-tu de participer à la vie démocratique ? Aujourd’hui… Maintenant…