Autopsie d’un échec – Le Principe de Rafflin.

J’ai nommé le « Principe de Rafflin » en hommage à mon entraîneur de squash : Laurent Rafflin. Un homme de grande valeur auprès de qui j’ai beaucoup appris. Pas seulement sur le squash, bien qu’il m’ait aussi aidé à progresser dans ce sport, mais plutôt sur la compréhension de l’entrainement et de la préparation physique et, plus indirectement, sur la vie en général.

Il avait un profil très atypique pour un prof de squash. Diplômé d’une grande école d’ingénieur (école supérieure des travaux publics) il avait été dans sa première jeunesse un espoir de tennis et un bon joueur de rugby avant de se passionner pour l’haltérophilie pendant ses études, échouant même à deux doigts (ou à quelques kilos) d’une qualification pour les JO de 88 a Seoul. Après une carrière de quelques semaines (sic) dans les travaux publics, il est vite revenu à sa passion pour le sport. Venu au squash tardivement (vers l’âge de 28 ans), il a rapidement atteint un niveau très respectable en se classant pendant plusieurs années parmi les 20 meilleurs joueurs français. Et pendant tout ce temps, il a continué d’entretenir des lectures très éclectiques allant de la philosophie à l’astrophysique en passant par la mécanique des fluides et les traités de physiologie du sport… Il vivait un peu dans son monde et je ne l’aurai pas forcément pris comme modèle de sociabilité… Mais ça ne l’empêchait pas d’entretenir, en plus de fidèles amitiés, une clientèle suffisamment fournie pour lui assurer un revenu confortable, lui permettant de vivre et de contribuer aux finances du ménage qu’il formait avec sa compagne et le fils qu’ils avaient eu ensemble.

Son approche de la vie était simple et pragmatique, sans toutefois être dénuée d’une certaine profondeur. Il savait se poser des questions essentielles voire métaphysiques, mais il ne s’embarrassait pas de ces questions lorsqu’il s’agissait d’aborder des sujets plus concrets.

En matière de squash, il me disait souvent : « En compétition, c’est pas compliqué, tu trouves un truc qui marche pour marquer un point contre ton adversaire, après ça tu le fais 27 fois et tu as gagné le match… ». Il avait évidemment raison, et la mise en pratique de ce principe lui avait valu, a lui, de nombreux succès, aussi bien sur les terrains de sport que sur les bancs de l’école.

C’est ce que j’appelle le « Principe de Rafflin » : avoir un objectif simple et clair, trouver le moyen de l’atteindre, et appliquer ce moyen avec rigueur et discipline jusqu’à avoir obtenu le résultat attendu… Diaboliquement efficace… Mais tout à fait inenvisageable pour moi !

Au mieux, si j’essaye d’appliquer ce principe, je vais peut-être réussir à le faire 7, 8… allez, peut-être même 10 fois… mais après je vais me lasser, et je vais essayer autre chose… une approche qui me semblera plus « fun » ou plus « élégante »… en tous cas quelque chose qui sera différent mais qui, malheureusement, aura de grandes chances d’être moins efficace. Du coup, je vais perdre le fil de ma concentration, je vais me fatiguer pour recoller les morceaux, je vais aussi perdre mon intérêt pour ce qui est en train de se passer et je vais, très probablement, finir par perdre le match que j’aurai pu et dû gagner…

Tout cela résume assez bien ma « carrière » de joueur de squash et, sans doute aussi, je dois bien le reconnaître, ma carrière d’entrepreneur…

Pour être plus précis, je ne peux pas dire que je sois complètement incapable d’appliquer ce principe. Mais ce n’est clairement pas une approche dans laquelle je suis à l’aise. Et je n’y suis donc pas très performant. Je m’exprime beaucoup mieux dans des situations qui demandent de l’adaptation et de l’improvisation. Ce sont les traits dominants de mon caractère : adaptation et créativité. Mais ce ne sont pas des qualités très utiles dans l’exécution des tâches quotidiennes. Au contraire ! Et c’est mon incapacité a véritablement palier à cette faiblesse (notamment en ne réussissant pas à m’entourer de personnes qui me complètent efficacement sur ce point précis) qui m’a souvent joué de vilains tours dans les projets que j’ai entrepris.

A vrai dire, toute l’histoire de Vivalavi, de sa création jusqu’à l’échec final de 3V, illustre ma tendance à négliger la poursuite de résultats concrets dans la gestion quotidienne au profit du lancement permanent de nouveaux projets. On ne s’ennuyait jamais en travaillant avec moi et nous pouvons être fiers d’avoir pu donner vie à quelques belles idées, mais le manque de rigueur dans la finalisation des projets et la multiplication des chantiers en cours a largement contribué à épuiser les équipes et à creuser le puits sans fond qui a englouti toutes nos capacités de financement.

Pendant 8 ans, je me suis obstiné dans cette stratégie et je n’ai pas su entendre les voix qui me conseillaient de l’infléchir. J’en porte la responsabilité.

 

Ce que j’ai retenu de cette expérience ce sont deux leçons bien distinctes :

1ère leçon : savoir, dans un projet, ce qui me motive vraiment. Est-ce le résultat final ? ou le chemin pour y arriver ?

J’ai réalisé bien tard à quel point je me sentais déconnecté des objectifs strictement concrets liés au business. Par exemple, en lançant le projet Vivalavi, je ne me représentais pas vraiment ce que signifiait la construction d’un vaste complexe hôtelier. En fait, même si je poursuivais cet objectif et que j’avais l’impression de tout mettre en œuvre pour l’atteindre, je n’étais pas vraiment attaché à ce résultat. Ce que je savais, et ce qui me motivait, c’est qu’à travers ce projet, je pouvais mobiliser des tas de ressources et créer une dynamique par laquelle, à coup sûr, de belles choses allaient pouvoir être réalisées… D’un point de vue humain, c’est très riche… mais on voit bien que c’est très dangereux du point de vue du business… Et je n’ai jamais été vraiment conscient de cette déconnexion.

 

2nde leçon : Si je suis vraiment motivé par un résultat, alors je dois appliquer le « Principe de Rafflin » ; et si je suis d’avantage motivé par le chemin que par le résultat à atteindre, alors je ne dois prendre aucun engagement par rapport à ce résultat.

Indiscutablement, pour parvenir à un résultat, il n’y a pas de meilleur chemin que l’application disciplinée de ce principe et il faut apprendre à le mettre en œuvre quand c’est nécessaire… même si c’est dur.

En revanche, il faut aussi savoir, pour un caractère comme le mien, que la plupart du temps, la mission se révélera trop difficile et, surtout, trop déconnectée de mes réelles motivations. Dans ce cas, il est préférable de ne prendre aucun engagement, surtout vis-à-vis de tiers, concernant le résultat attendu et de se lancer dans la seule idée de faire au mieux et de s’enrichir de l’expérience, quel que soit le résultat.

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Bio – 2-102 – Avertissement – Franck Girardot

Avant d’aller plus loin, une mise au point s’impose : Je ne cherche pas d’excuse.

Je n’ai écrit ces pages ni pour me disculper, ni pour me justifier, mais uniquement pour essayer de comprendre.

Comprendre comment, animé des meilleures intentions du monde, j’ai pu entrainer 190 de mes clients, mes employés, mes fournisseurs, ma famille et certains de mes amis … dans une histoire ou des millions d’euros ont été dilapidés, des vies ont été chamboulées et ou, plus grave encore, de beaux rêves et de réels espoirs se sont brisés.

Comprendre comment une aventure qui promettait d’être passionnante. Un projet qui devait créer de la valeur aussi bien sur les plans économiques et financiers que sur les plans humain, social et même environnemental… comment tout cela a pu se transformer en une déroute chargée de colère, de déception et de frustration.

A travers ce récit, que j’ai voulu le plus objectif et le plus neutre possible, j’ai voulu poser les faits, expliquer les enchainements de cause à effet qui peuvent amener des individus à perdre la tête au point de laisser la machine qu’ils ont conçue s’emballer et se retourner contre eux.

Parmi les clients, les amis, les proches et toutes les personnes qui ont été, de près ou de loin, touchées par cette affaire, je sais qu’il y en a qui, comme moi, veulent vraiment savoir et comprendre.

Comprendre pour apprendre. Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Pour tirer les leçons  et transformer cette expérience douloureuse en une étape de croissance.

J’ai été l’un des principaux protagonistes d’une affaire qui a mal tourné. J’en ai été l’initiateur. J’ai été à la source de la plupart des décisions qui ont amené à l’échec de ce projet. Et quand ça n’était pas le cas, j’ai ignoré et laissé faire. Par négligence, par aveuglement ou par lâcheté.

 

Personnellement, le bilan de ces 10 années n’a rien de brillant.

Sur les plans économique et financier, tout ce que j’avais travaillé à construire a été détruit. J’ai trahi la confiance de mes meilleurs clients, j’ai perdu le respect de la plupart de mes collaborateurs, j’ai fait souffrir mes amis, mes proches, et ma famille ; j’ai sali ma réputation, je me suis grillé professionnellement, j’ai révélé au grand jour mes incompétences de manager et de chef d’entreprise, je suis rentré en Europe a l’âge de 42 ans, sans un sou, couvert de dettes, sans diplôme et sans emploi…

Triste constat !

 

Inlassablement, depuis l’annonce de notre faillite, j’ai reconnu mes fautes. J’ai accueilli les demandes d’explication, entendu les plaintes et encaisse les injures. En plusieurs occasions, j’ai demandé pardon à celles et ceux que j’avais pu blesser.

Aujourd’hui, dans ce chaos, au milieu des décombres laissés par l’effondrement de mes rêves de fortune et de gloire, je pense avoir trouvé un sens et une direction à ma vie. J’ai choisi d’aller chercher dans l’extrême difficulté de cette situation, la source d’un renouveau. J’ai choisi d’aller regarder dans le miroir pour voir qui j’étais vraiment. J’ai choisi de ne rien laisser enfoui, de tout examiner et d’accepter les constats les plus inconfortables pour sortir de l’illusion et retrouver la voie de l’authenticité.

Au bout de ce chemin, j’ai choisi de me pardonner, de m’aimer et de me faire confiance pour vivre à nouveau.

Je vais faire de mon mieux, dans un combat de chaque jour, pour tirer tous les enseignements de cette expérience et continuer à vivre.

Et de cela, je n’ai pas l’intention de m’excuser.

 

A l’heure où j’écris ces lignes, il est encore beaucoup trop tôt pour savoir, précisément, la forme que prendra la fin de cette affaire. Un processus de sauvetage est en cours, visant à permettre à nos clients de récupérer une partie de leur investissement. Des procédures judiciaires ont été initiées par certains d’entre eux. Le temps nous dira ce qui ressortira de tout cela mais j’ai une conviction : l’essentiel est ailleurs.

Apres un accident de la vie, qu’elle qu’en soit la nature, et qu’elle qu’en soient les causes, il appartient à chacun de faire le travail nécessaire pour se reconstruire.

A travers cette série d’articles, je souhaite permettre à celles et ceux qui veulent entreprendre ce travail de reconstruction, de disposer d’éléments concrets pour ne pas avoir à attendre qu’une vente ou une décision de justice ne leur dise ce qu’ils doivent tirer de cette expérience.

Que vous soyez ou non, directement touché par cette affaire, je vous remercie par avance de prendre de votre temps pour lire ces articles.

Au-delà de cette affaire, j’espère que vous y trouverez matière à vous enrichir de cette expérience. Pour comprendre un peu mieux ce qui peut mener un très beau projet a l’échec. Et pour voir aussi que l’on peut ressortir grandi d’une expérience où l’on a tout perdu…

Bio – 1-01 – Mon premier job – Franck Girardot

C’était le 1er octobre 1990. Je me souviens de cette date parce que c’était un mois avant mon 18eme anniversaire. A l’époque j’aimais beaucoup tout ce qui soulignait ma précocité. Le fait de faire des choses avant l’âge auquel on est supposé les faire. Comme parler de sujet très sérieux quand j’avais a peine 10 ans… passer mes nuits en boite pendant mes années de lycée… avoir eu mon bac a 17 ans et 8 mois. Ça me donnait l’impression d’être « en avance »… d’avoir quelque chose que les autres n’avaient pas… Alors j’étais plutôt fier d’être libre et de commencer à gagner ma vie à un âge ou la plupart de mes copains étaient encore au lycée ou entreprenaient des études assez rébarbatives…

Ma ville de naissance avait été choisie par une filiale du Crédit Lyonnais, la Sligos, pour implanter son siège et son principal centre d’appel. C’étaient les débuts de la Carte Bleue. Cette période que certains lecteurs ont connues pendant laquelle les commerçants devaient systématiquement appeler un centre d’appel pour avoir un numéro d’autorisation leur garantissant le paiement de la transaction. Et c’était moi (et quelques centaines d’autres jeunes gens) qui leur donnait ce numéro d’autorisation.

Le job était simple comme bonjour. Il suffisait de répondre au téléphone, de saisir quelque chiffre sur un clavier d’ordinateur et de donner le code d’autorisation à 4 ou 6 chiffres qui s’affichait à l’écran. Rien de bien sorcier… Les choses se compliquaient un peu en cas de refus, ou en cas de demande d’autorisation à la banque… il fallait alors transférer le dossier a un service dédié pour suivre l’affaire jusqu’à son dénouement. Il m’est arrivé, plus tard, d’évoluer au sein de l’entreprise et d’en découvrir plusieurs facettes, mais au début, pendant les premiers mois, ma mission s’arrêtait au premier niveau : répondre au téléphone, donner un numéro d’autorisation et transférer l’appel en cas de « complication ».

Avec l’habitude, aux heures de pointe, il m’arrivait de prendre jusqu’à 140 appels en une heure…

  • Carte Bleue bonjour…

  • Numéro de commerçant

  • Numéro de Carte

  • Date d’expiration

  • Montant

  • Numéro d’autorisation : 123456

  • Je vous en prie. Au revoir.

 

20 secondes chrono !! C’était devenu un jeu. Et j’aimais bien me tester. Faire des concours avec les autres. Aller plus vite… traiter plus d’appels… On pouvait vérifier les résultats sur les relevés de statistiques… Ça passait le temps et ça flattait mon ego… il suffit parfois de peu de chose…

Quand l’activité était plus calme, j’avais appris à lire en répondant au téléphone… J’ai lu comme ça pas mal de romans : Lobsang Rampa, Asimov, Van Vogt, Lovecraft… j’étais assez branché ésotérisme et science-fiction… C’est aussi à cette époque que j’ai découvert Kerouac, Burroughs, Ginsberg… Je lisais aussi pas mal de magazines. Principalement Muscle & Fitness, Rock & Folk et les Cahiers du Cinéma… le tout entrecoupé de numéros de carte bleue et de numéros d’autorisation…

C’est sans doute pendant ces premières années que j’ai acquis une aisance au téléphone qui m’a servi plusieurs fois à rebondir professionnellement.

Pour un job d’étudiant, le boulot payait bien. Entre les horaires à rallonges, les heures supplémentaires, les dimanches payés doubles et les primes de repas j’arrivais régulièrement à gagner 7000F par mois (1100 euros) voir plus… A titre de comparaison, mon père qui bossait depuis 20 ans pour une grosse boite du coin n’en gagnait que 6000 et le smic de l’époque se situait autour de 5500… C’étaient mes premières payes… l’argent me brulait les doigts… mais jamais très longtemps puisque je l’avais souvent dépensé avant même de l’avoir gagné…

En écrivant ces lignes, je suis frappé par deux choses. La première c’est la profonde injustice de cette situation. Mon père bossait pour gagner 6000F avec lesquels il devait faire vivre sa famille (dont moi). Alors que moi, a 18 ans, ne sachant rien faire de mes dix doigts (à part taper des chiffres sur un clavier), j’en gagnais 7000 qui constituait, grosso modo, mon argent de poche… Mes parents ne m’ont jamais rien demandé quand je travaillais en vivant toujours chez eux. Ils trouvaient ça normal… et moi aussi. Mais au-delà de ce déséquilibre qui était le résultat d’un choix familial, ce qui est plus injuste c’est qu’après 15 ans de bons et loyaux services dans une des plus grosses entreprises de la région, mon père ne touchait que 10% de plus que le salaire minimum légal et 15% de moins que moi avec mes 6 mois d’ancienneté… Révoltant !

La deuxième chose qui me frappe c’est qu’il n’est jamais venu à l’idée de personne que mon père aurait pu, tout comme moi, répondre au téléphone et gagner 7000F au lieu de 6000… Mais à ses yeux (et aux yeux de la société) ça aurait été considéré comme un « déclassement »… Ce n’était même pas lié à son attachement à l’entreprise ni à un quelconque « amour » de son travail. Mon père détestait son métier et il haïssait ses patrons… Mais il avait un « vrai travail »… Alors que moi je n’avais qu’un job d’étudiant… Consternant !

Mais je n’étais ni révolté, ni consterné… a 18 ans j’étais seulement pressé. Pressé de « réussir ». Pressé de gagner de l’argent. Dans mon esprit je devais devenir millionnaire avant d’avoir 25 ans… c’était écrit… c’était comme si c’était déjà fait… sauf que tout restait à faire…

J’ai travaillé un peu plus de 2 ans au « Centre Carte Bleue » de la Sligos. Je dépensais mon salaire à pas mal de futilités très au-dessus de mes moyens. Je suivais vaguement une formation de comptabilité par correspondance. Je lisais beaucoup. Je voyageais un peu. Je m’étais mis sérieusement à la musculation, prenant 15 kilos et changeant de morphologie au point d’être qualifié de « plutôt costaud » pour la première fois de ma vie… moi, l’ancien gringalet grassouillet…

Donc globalement je ne peux pas dire que je perdais complètement mon temps mais je végétais un peu, tout en rêvassant et en attendant mon heure…

En mars 1993, le monde de la carte bleue étant en pleine évolution, j’ai profité d’une opportunité de reclassement au sein du groupe Sligos pour prendre un job à Paris. Ce job était encore mieux payé puisqu’à la faveur d’un plan de mobilité, je gagnais double salaire pendant les 6 premiers mois… Une véritable aubaine ! J’avais donc pris ce job avec l’intention de le garder 6 mois… et de profiter de la liberté offerte par les horaires de nuit, pour explorer toutes les nouvelles opportunités qu’offraient la Capitale ; convaincu d’y trouver celle qui me permettrait de « faire » mon premier million.

Le 1er février 1993, à 20 ans et 3 mois… j’arrivais à Paris en conquérant…

Bio – 2-101 – Être ou ne pas être… un escroc ?

Escroc !

Un mot chargé de sens… chargé de haine et de colère.

Un mot qui veut dire menteur, qui veut dire voleur, qui veut dire salaud…

Un mot qui veut aussi dire tromperie, trahison, souffrance…

Depuis un peu plus de deux ans, ces mots-là, je les ai beaucoup entendu, utilisés pour me designer.

Escroc, voleur, salaud… Dans la presse, dans la bouche de quelques clients et aussi venant de personnes qui n’avaient rien à voir avec cette affaire…

Je ne m’en plains pas. Ce serait mal venu, ce n’est pas dans mon caractère et ce n’est de toutes façons pas l’objet de mon propos.

Mais ce mot m’interroge. Ou, plus précisément, il m’a interrogé.

Face au triste constat de la faillite du groupe que j’avais cofondé… face aux 18 millions d’euros dilapidés… face aux pertes sèches essuyées par mes clients… face aux travaux inachevés… face aux dizaines de salariés laissés sur le carreau… face aux dettes restées impayées… face aux injures, à la colère et à la rancœur… face aux espoirs déçus et aux rêves écroulés…

Face à tout cela et, surtout, face au miroir que la vie me tendait, j’en suis venu, évidemment, à me le demander :

Suis-je vraiment un escroc ?

La question était franche et brutale. Mais je ne l’ai pas esquivée. Je l’ai même examinée sous toutes les coutures. Pour être sûr.

Voilà ma conclusion.

Je ne parlerai pas ici du volet judiciaire de cette affaire. Il appartiendra, le moment venu, à un tribunal d’apprécier si mes actions relèvent ou nom de cette qualification pénale. Personnellement, je ne le pense pas. Je pense même être fondé à être absolument convaincu du contraire, mais je n’en suis pas juge. Pas plus que vous qui lisez ces lignes. Donc, revenons à ce qui nous appartient : l’appréciation humaine et morale.

A ma charge, je présente plusieurs des qualités qui font les bons escrocs. Les apparences plaident donc plutôt en ma défaveur…

Assez « beau parleur », j’ai du bagout, de l’assurance et de l’ambition. Plutôt malin et débrouillard, j’ai de l’astuce et j’arrive, en général, à retomber sur mes pieds même quand mes affaires semblent mal engagées. Je suis à l’aise avec les chiffres, les gros montants ne m’impressionnent pas… il en faut, en fait, beaucoup pour m’impressionner… je n’ai, comme on dit, «pas froid aux yeux »… un peu casse-cou sur les bords…

Autre caractéristique commune avec les escrocs les plus « flamboyants », je suis passionné, limite mégalo… un peu la folie des grandeurs… je suis pressé, j’ai une « revanche à prendre »… J’en veux trop… trop à la fois… et trop vite.

Et puis, je suis touche-à-tout et parfois brouillon. Je suis impatient et un peu jouisseur… Souvent, dans ma vie, je suis allé vers l’argent facile… J’ai été attiré par le luxe… pas très bon tout ça…

Et, surtout, il y a cette affaire : Vivalavi Bali !

190 à 200 clients, on ne sait plus très bien… plus de 18 millions d’euros…

Disparus. Envolés. Evaporés… ???

Non. Dépensés. Dilapidés. Gaspillés.

Incroyable. Incompréhensible. Inexcusable. Et, pour certains, impardonnable !

 

Au fil du temps je me suis rendu compte que deux choses paraissaient complètement incroyables à tous ceux qui découvraient cette affaire. Qu’il s’agisse du grand public, de certains de mes clients, mes avocats, mes amis, certains membres de ma famille, les fonctionnaires chargés de l’enquête préliminaire, la juge d’instruction en charge du dossier, le procureur, le juge des libertés, la cour d’appel et même mes codétenus à la maison d’arrêt de Fresnes… Tous, sans exception !…

Pour tout le monde, à première vue il y avait deux choses qui paraissaient complètement inconcevables :

1 – que je n’ai pas « planqué » de l’argent. Sur les 18 millions aujourd’hui « disparus », personne ne pouvait croire que je n’en avais pas détourné une bonne partie pour le cacher quelque part…

2 – que mes clients aient pu me faire confiance sans que j’aie à user de manœuvre frauduleuses telles que produire des faux en écriture, mentir ou monter de « gros bateaux » pour les convaincre de « signer »…

Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître : NON… deux fois NON.

NON – Je n’ai pas détourné d’argent à mon profit. Je n’ai pas caché d’argent quelque part. Chaque euro investi par mes clients a été investi dans le Groupe Vivalavi et a été utilisé pour développer les projets qui leur avaient été présentés. Mal utilisé ? C’est désormais une certitude. Mais je peux affirmer que rien n’a été détourné pour alimenter je ne sais quelle caisse noire. Et il n’existe d’ailleurs aucune preuve du contraire.

NON – Je n’ai jamais menti à mes clients. Ni à mes clients, ni à mes employés, ni à mes partenaires, ni à mes fournisseurs, ni à ma famille… en fait, à personne et en aucune circonstance. De nombreuses fois, j’ai dû présenter des vérités compliquées à expliquer et des situations délicates. Mais je l’ai toujours fait avec sincérité et sans user de subterfuges ou de manœuvres frauduleuses de quelque sorte que ce soit. Et il n’existe d’ailleurs aucune preuve du contraire.

Pour le moment, ce ne sont que mes paroles. Vous êtes libre d’en douter et même de ne pas les croire. Mais il ne fait absolument aucun doute que l’instruction en cours viendra, avec le temps, les confirmer. Simplement parce que c’est la vérité. C’est comme ça que les choses se sont passées. Et cette réalité apparaîtra tôt ou tard.

Pour revenir à la question initiale : être ou ne pas être un escroc, je constate qu’il me manque deux traits de caractère essentiels pour pouvoir être un véritable escroc.

1 – Je ne sais pas mentir.

Je ne sais pas, je ne peux pas, je ne veux pas… Je suis comme ça. Tant que je suis dans la vérité, je peux faire preuve d’une énorme assurance, même dans des situations très compliquées… mais si je commence à m’aventurer dans une vague tentative de mensonge, je perds tous mes moyens et ça se voit instantanément. Je pense même être un peu psychorigide sur ce point… un peu moralisateur même. Je ne supporte pas le mensonge. Il me révolte. Même les petits… ce que certaines femmes appellent les « white lies »… Pour autant, je ne suis pas plus saint qu’un autre, et dans certaines circonstances, si je peux m’en sortir en évitant un sujet ou en restant dans le flou, je le fais… mais si on me pose une question précise, on peut s’attendre à recevoir une réponse précise et sincère. Par exemple, à toute personne qui demandait si Vivalavi Holding Group offrait des garanties financières notre réponse a toujours été claire, ferme et sans détour : « NON ! ». Et ça n’a pas empêché nos clients de s’engager avec nous…

2- Je n’aime pas assez l’argent.

Je n’aime pas spécialement en avoir. Je ne prends pas de plaisir particulier à en gagner. Et je suis parfaitement incapable d’en accumuler. En fait l’argent ne m’intéresse que pour ce qu’il permet de faire et, au fil des années, mes intérêts se sont de plus en plus déplacés vers des choses que l’argent n’achète pas. Il y a eu, notamment en 2008 et 2009, une période un peu folle où l’argent à semblé couler à flot dans l’entreprise Vivalavi… c’était la première fois et j’ai un peu « pêté les plombs » à ce moment-là. Je me suis lancé dans des tas de projets farfelus, ça a duré quelques mois, peut être une année, ça n’a pas été très loin et puis ça s’est vite calmé. A part cette parenthèse, le reste du temps, de 2006 à 2013, j’ai gagné ma vie en travaillant d’arrache-pied dans l’entreprise. J’ai bénéficié d’un train de vie très confortable mais qui n’avait franchement rien d’extravagant. J’ai profité de l’environnement que j’avais créé autour de moi pour vivre des expériences fabuleuses et c’est la seule, vraie, grande richesse que j’ai tirée de mes 8 années à la tête du Groupe. Je n’ai pas épargné un sou sur l’argent que j’ai gagné et je n’ai jamais rien détourné pour le cacher quelque part. Je ne fonctionne pas comme ça.

 

Alors ? Être ou ne pas être un escroc ?

Ma réponse est non. Je ne suis pas un escroc. Ni dans l’exécution, ni dans l’intention. Si j’en avais été un, ce n’est pas 18 millions que nous aurions pu lever mais beaucoup plus. Et il n’y aurait eu ni coaching, ni fitness, ni salariés, ni vrais clients… Rien… juste de l’esbroufe et de la poudre aux yeux… Ma vie, pendant ces 8 années, aurait été beaucoup plus facile et je ne serais pas là aujourd’hui, fauché comme les blés, séparé de ma famille et répondant à mes obligations judiciaires… je serais loin, quelque part, au soleil, profitant de mes millions… Mais je ne suis pas cette personne là. C’est comme ça… et c’est très bien comme ça.

 

Lire la suite : Bio – 2-102 – Avertissement – Franck Girardot

 

FG.

Franck Girardot – Présentation

A 18 ans, je pensais que j’étais « spécial »… que j’étais promis à une destinée hors du commun… que mon génie et ma bonne étoile allaient m’emmener directement vers les plus hauts sommets.

Alors j’ai emprunté les chemins de traverses.

J’ai voulu être libre. J’ai cru tout savoir, tout maîtriser… n’avoir besoin de personne pour réussir… une vraie « tête de lard » !

Vu de l’extérieur, on pourrait penser que j’ai fait des choix audacieux… que je suis allé loin dans ma quête d’indépendance et d’authenticité… et que j’ai donné le meilleur de moi-même pour aller décrocher mes rêves les plus fous.

Pourtant, comme la plupart des gens, j’ai passé une grande partie de ma vie à me raconter des histoires, à courir après des chimères et à prendre des demi-décisions suivies de trop peu d’actions…

Et il aura fallu que je me laisse emporter dans une aventure délirante… un summum d’arrogance, de naïveté et d’inconscience… pour enfin toucher le bout de cette trop longue fuite en avant.

25 ans… sans doute plus… et me voilà !

Voguant doucement vers le milieu de la quarantaine… riche de mille expériences accumulées… fort de mille rêves brisés… je suis ce que je suis… ni plus, ni moins… moi, exclusivement, entièrement et personne d’autre.

Je ne sais pas ce que ça vaut… mais c’est tout ce que j’ai à partager.

C’est dans ce but que j’ai créé ce blog.

Pour donner une autre dimension à mon foisonnement intérieur.

Penser… agir… écrire… créer…Au coin du feu. pour faire « ma part ».

Échanger pour faire avancer des idées… nourrir des débats… ouvrir des dialogues.

Rendre compte de mes quêtes et de mes explorations pour donner à réfléchir et, peut-être, en inspirer quelques-uns.

Mettre à disposition mes compétences pour donner vie a des projets… valoriser des talents…

Participer, à ma façon, à une dynamique collective pour inventer une plus belle façon de vivre ensemble… Simplement.

Cet espace virtuel constitue un univers qui me ressemble et je suis très heureux de vous y accueillir.

Vous y êtes les bienvenus. Faites comme chez vous !

 

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Franck Girardot – FG Coach – Présentation

Je m’appelle Franck Girardot,  je mesure 1.83m, je pèse 75kg et je chausse du 42 et demi.

Ça vous pose le personnage !…

Tout au long de ma vie j’ai testé mes limites. Je les ai touchées très souvent ; parfois même dépassées. A chaque fois ça a été violent et douloureux… mais j’ai eu aussi de très bons moments… j’ai même eu SURTOUT de très bons moments

Et j’arrive à presque 44 ans fort de cette richesse. Plus que tout, je sais aujourd’hui ce que je sais faire et ce que je ne sais pas faire. Je sais aussi ce que je veux faire et ce que je ne veux pas faire.

Au fond de moi, depuis toujours, je suis coach. J’observe, je ressens, j’analyse, j’échange, je partage… avec enthousiasme, avec passion… Tout le temps… J’aime voir ce qu’il y a de meilleur dans une personne… Et j’aime aider ce meilleur à sortir… C’est comme ça, je ne peux pas m’en empêcher.

J’étais déjà comme ça bien avant de faire du coaching. Puis je me suis fait coacher, j’ai appris à coacher, et j’ai pratiqué le coaching professionnellement pendant plus de 15 ans… C’est mon métier, c’est aussi une passion et, je dirai même, une façon d’aborder la vie en général.

Mais je suis aussi un anti-coach ! Ça veut dire que je ne crois pas au pouvoir magique de la pensée positive. Je ne crois pas que l’univers soit là pour prévoir votre vie à votre place. Et je crois surtout que 90% de ce que j’ai à partager avec vous ne vaut pas 1 euros. Ça ne veut pas dire que ça ne vaut rien. Au contraire, ça vaut beaucoup. Mais j’ai la conviction que si on tente de donner a tout ça une valeur monétaire, si on commence à essayer de le vendre sur un marché, on en perd la nature et ça ne sert plus à grand-chose (à part à remplir les poches de celui qui le vend et à vider celles de celui qui l’achète).

C’est pour ça que la plupart de ce que je propose aujourd’hui en matière de coaching… en fait presque tout… je le partage gratuitement. Et je me sens beaucoup mieux comme ça.

Sur ce site, je propose de la méthode, des techniques et des outils pratiques pour mettre en place et accompagner des changements dans votre vie. Changer des petites choses, remplacer de mauvaises habitudes par des meilleures, clarifier vos objectifs, organiser votre passage à l’action, gagner en efficacité, mieux gérer vos priorités… Toutes ces petites choses qui font de grosses différences avec le temps et la régularité.

Pour être plus clair, j’ai créé 3 sections, qui correspondent chacune a une approche particulière.

Papa-Coach, c’est mon coaching au quotidien pour accompagner mes enfants. Je n’ai pas la prétention de proposer des solutions universelles. Je partage seulement mon quotidien, avec mes enfants, en faisant ressortir les outils de coaching qui m’aident à être un papa présent et attentif pour mes deux ados. Donc pour tous ceux qui ont ou qui côtoient des jeunes ados, ça peut donner quelques pistes et quelques idées pour améliorer la relation.

Booster de Performance, c’est la partie dans laquelle je présente les outils pour passer plus facilement de la réflexion a l’action, pour tirer un maximum d’enseignements de vos expériences, et pour mettre à profit ces enseignements pour devenir de plus en plus efficace dans ce que vous entreprenez. En fait c’est le fruit de 25 ans d’apprentissages. Je n’ai rien inventé. J’ai juste synthétisé, reformulé, re-packagé un certain nombre de concepts et de techniques pour les adapter à la vie quotidienne.

La partie Anti-Coach, c’est là où j’expose ce qui me semble être la grosse arnaque du développement personnel. Ça aussi, c’est le fruit de 25 ans d’expérience… J’affirme que 90% de ce que l’on trouve sur le marché du développement personnel, que ce soit en France ou à l’étranger, est, au mieux, largement survendu. Cela veut dire que les idées sont intéressantes et les outils proposés sont efficaces, mais leur packaging les dénature complètement et les prix auxquels ils sont vendus sont scandaleusement élevés. D’autant plus que le retour (financier) sur investissement ne sera presque jamais au rendez-vous. Et dans le pire des cas (a vue de nez, 60 à 80% du marché), ce qu’on vous propose est complètement vide et creux. De la pure poudre aux yeux vide de sens dans sa théorie et dangereuse dans sa mise en pratique.

La quasi totalité de ce que je propose aux particuliers est gratuite, je propose aussi des accompagnements à des entreprises ou à des associations, que je facture en fonction des ressources financières du client et des retombées financières attendues.

Avec tout ça, vous avez largement de quoi faire. Je le partage avec vous pour que ça vous serve à avancer, à passer des caps, à poser un regard un peu différent sur les choses pour mieux les comprendre et pour mieux appréhender certaines de vos problématiques. Et vous pouvez toujours me contacter si vous avez des questions plus précises.

Voilà pour la présentation générale. Pour aller plus loin je vous invite sur mon site dédié à mon activité de coach : www.fgcoach.com

A très vite,

Franck

 

Une question ? Un problème un peu récalcitrant ? Un nouveau défi à relever ?

Besoin d’un conseil, d’un autre angle de vue ou d’un coup de « booster » ?

Contactez-moi : coach@fgcoach.com

 

Je réponds à vos questions gratuitement et en toute confidentialité.

 

FG.

Quelques nouvelles après une longue absence…

Mardi 28 juin, à 17h, je suis sorti de la prison de Fresnes ou je venais de passer 148 jours.

Eric (mon frère) attend le dénouement d’une procédure administrative liée à sa domiciliation pour sortir, lui aussi, de la prison de Fleury-Merogis. Voilà pour l’évènement du jour…

Pour ce qui est de l’histoire, elle peut être, soit très courte, soit très longue ; soit très simple, soit très complexe… Je vais donc « la faire » simple et courte.

En avril 2014, j’ai dû constater la faillite de l’entreprise Vivalavi Holding Group, que j’avais créée en 2004 avec mon frère Eric (André Pitra nous ayant rejoint fin 2011) et au développement de laquelle nous avions consacré toute notre énergie pendant près de 10 ans, principalement autour de nos projets immobiliers à Bali. Suite à cela, certains de nos clients ont déposé plainte et, au terme d’une enquête préliminaire de 18 mois, une quarantaine d’entre eux se sont portés parties civiles dans le cadre d’une affaire pénale.

Le 2 février 2016, j’ai été convoqué pour être interrogé par l’OCRGDF, dans le cadre d’une garde a vue de 48h a l’issu de laquelle j’ai été mis en examen au même titre qu’Eric et André Pitra, notre associé. Jusque-là, il n’y avait rien de très surprenant. Nous savions que nous devrions répondre de certains de nos actes devant la justice et nous nous étions déclarés disposés à participer autant que nécessaire à faire avancer l’instruction du dossier afin d’arriver à une totale clarté sur notre affaire.

La (très mauvaise) surprise est venue de notre placement sous mandat de dépôt (pour une durée de 4 mois renouvelable) avec pour conséquence immédiate notre placement en détention provisoire.

A ce stade, nous étions face à un mur. Notre défense était irrecevable, nos arguments inaudibles. Dans leur lecture très superficielle (et très biaisée) du dossier qu’ils avaient sous les yeux, la Juge d’Instruction, le Juge des Libertés et le Procureur de la République étaient persuadés d’avoir affaire à trois vilains escrocs, ayant monté de toutes pièces un système fumeux visant à mettre frauduleusement la main sur l’argent de nos victimes afin de constituer un magot, évalué par eux à plusieurs millions d’euros et supposé caché dans quelque paradis fiscal… Il était donc hors de question pour eux de nous remettre en liberté…

Heureusement, à mesure que l’instruction du dossier s’approfondissait et à la faveur de nos différentes auditions, les faits ont commencé à s’imposer contre les apparences et un début de vérité a commencé à dissiper les suppositions initiales. C’est ce qui a amené la juge d’instruction à demander notre libération un mois avant la fin de notre premier mandat de dépôt. Et c’est cette décision qui a conduit à ma sortie, mardi dernier, celle d’Eric devant suivre rapidement (André Pitra ayant été libéré sous contrôle judiciaire en avril pour raisons de santé).

Pour le moment, nous faisons toujours l’objet d’un contrôle judiciaire assez strict, mais il semble désormais évident que celui-ci devrait se relâcher progressivement pendant l’été, pour arriver à une formule beaucoup plus légère, nous permettant de reprendre une vie normale en accompagnant le déroulement de l’instruction jusqu’au procès final qui ne devrait pas intervenir avant au moins 2 ou 3 ans.

Evidemment, ces presque 5 mois ont été durs et éprouvants, surtout pour nos familles proches. Mais je vais bien. Caro va bien. Et les enfants vont bien. Ils sont tous les 3 à Bruxelles. Caro travaille et subvient aux besoins de la famille. Les enfants ont terminé leur année scolaire à Bruxelles et y feront aussi leur prochaine rentrée.

Quant à moi je suis revenu pour l’été en Bourgogne (ma domiciliation « officielle » au moment de mon incarcération) en attendant que je retrouve une activité. J’y travaille et j’ai bon espoir de pouvoir m’installer dans la région Lilloise d’ici au début de l’automne (pour me rapprocher de Bruxelles tout en restant sur le territoire national).

En conclusion, et sans chercher ni à me justifier ni à convaincre, je dois simplement dire que je ne prétends pas n’avoir « absolument rien fait pour mériter tout ça ».

Nous avons failli à nos engagements et nous ne nous sommes pas montrés à la hauteur de la confiance que nos clients avaient placée en nous pour mener à bien nos projets. Nous avons été à la fois naïfs et présomptueux. Bien qu’animés d’excellentes intentions et bien que nous ayons aussi réalisé de très belles choses, nous nous sommes vus plus beaux que nous n’étions, nous nous sommes lancés dans des projets surdimensionnés et nous avons joué de façon très inconséquente avec l’argent de nos clients.

C’est un échec personnel dont il nous appartient, à chacun, de tirer toute les leçons, à tous les niveaux…

Mais nous ne sommes ni des escrocs, ni des voleurs. Nous n’avons jamais cherché à fuir nos responsabilités, nous sommes toujours restés en contacts avec nos clients et nous continuons, jusqu’à ce jour, à préserver ce qui peut encore l’être de leurs intérêts à Bali. En toute objectivité je pense que notre placement en détention était a la fois très injuste, tout a fait excessif et parfaitement injustifié. Et je suis convaincu que l’issu de cette affaire nous rendra justice sur ce point.

J’ai écrit tout cela sans autre but que celui d’informer. Si cela déclenche des questions et des interrogations je me tiens à votre disposition pour y répondre.

Merci pour votre attention.