Le Syndrome du Charlatan

Synthèse :

Face au foisonnement d’informations dont nous sommes bombardés, et sous la pression permanente de devoir être toujours « dans le coup » et de « performer »… il peut parfois nous arriver d’aller chercher des solutions toutes faites auprès de pseudo-experts.

Du « prêt à penser » pour avoir une opinion sur un sujet… des produits miracles pour obtenir sans effort des résultats spectaculaires… nous sommes parfois prêts à croire le premier venu et à acheter un peu n’importe quoi… surtout quand ça nous est présenté comme une « offre irrésistible » !!!

Dans cet article, je vous propose de découvrir ce que j’appelle le « syndrome du charlatan ». Pour en comprendre les ressorts et apprendre à vous en protéger.

 

Ce que vous devez retenir de cet article :

Quand vous êtes face à quelqu’un qui prétend être un expert et propose de vous vendre « sa » solution à vos problèmes, posez-vous ces questions :

  • Maîtrise-t-il aussi bien l’application pratique, que la théorie de son domaine d’expertise supposée ?
  • Cette maîtrise pratique est-elle validée par des résultats positifs concrets, obtenus régulièrement pendant une certaine durée ?
  • Les solutions proposées sont-elles adaptées à ma situation, et ont-elles été appliquées avec succès par des personnes dans ma situation ?
  • S’agit-il d’un pratiquant chevronné qui a une expérience pratique de mes problèmes ? ou seulement d’un théoricien beau parleur ?

Bref : Avez-vous affaire à un véritable expert ou à un charlatan plus ou moins bien intentionné ?

 


Vous êtes curieux et voulez découvrir les expériences qui m’ont amenée à ces conclusions ? Découvrez tout ça dans l’article complet :

 

Audio – 10 minutes : 

 

Article : Autopsie d’un échec – Le Syndrome du Charlatan

 

FG.

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Le Principe de Rafflin

Synthèse :

Ainsi nommé en hommage à un personnage qui m’a marqué par sa singularité autant que par sa sagesse empreinte de bon sens, le « Principe de Rafflin » énonce et illustre la formule magique du succès :

« trouve une solution qui marche et applique-la jusqu’à obtention du résultat attendu »…

Diaboliquement efficace… simplicité enfantine… mais beaucoup plus compliqué à mettre en oeuvre… et tout à fait inenvisageable pour un caractère comme le mien !…

 

Ce que vous devez retenir de cet article :

Je partage ici les leçons que j’ai tirées de mes nombreuses confrontations avec le « Principe de Rafflin ».

  • 1ère leçon : savoir, dans un projet, ce qui me motive vraiment. Est-ce le résultat final ? ou le chemin pour y arriver ?

J’ai réalisé bien tard à quel point je me sentais déconnecté des objectifs strictement concrets liés au business. Par exemple, en lançant le projet Vivalavi, je ne me représentais pas vraiment ce que signifiait la construction d’un vaste complexe hôtelier. En fait, même si je poursuivais cet objectif et que j’avais l’impression de tout mettre en œuvre pour l’atteindre, je n’étais pas vraiment attaché à ce résultat. Ce que je savais, et ce qui me motivait, c’est qu’à travers ce projet, je pouvais mobiliser des tas de ressources et créer une dynamique par laquelle, à coup sûr, de belles choses allaient pouvoir être réalisées… D’un point de vue humain, c’est très riche… mais on voit bien que c’est très dangereux du point de vue du business… Et je n’ai jamais été vraiment conscient de cette déconnexion.

 

  • 2nde leçon : Si je suis vraiment motivé par un résultat, alors je dois appliquer le principe de Rafflin ; et si je suis d’avantage motivé par le chemin que par le résultat à atteindre, alors je ne dois prendre aucun engagement par rapport à ce résultat.

Indiscutablement, pour parvenir à un résultat, il n’y a pas de meilleur chemin que l’application disciplinée de ce principe et il faut apprendre à le mettre en oeuvre quand c’est nécessaire… même si c’est dur.

En revanche, il faut aussi savoir, pour un caractère comme le mien, que la plupart du temps, la mission se révélera trop difficile et, surtout, trop déconnectée de mes réelles motivations. Dans ce cas, il est préférable de ne prendre aucun engagement, surtout vis-à-vis de tiers, concernant le résultat attendu et de se lancer dans la seule idée de faire au mieux et de s’enrichir de l’expérience, quel que soit le résultat.

 


Vous êtes curieux et voulez découvrir les expériences qui m’ont amenée à ces conclusions ? Découvrez tout ça dans l’article complet :

 

Audio – 10 minutes : 

 

Article : Autopsie d’un échec – « Le Principe de Rafflin ».

 

FG

Autopsie d’un échec – Le Syndrome du Charlatan

Vous connaissez sans doute l’expression « avoir le défaut de ses qualités ».

Je connais bien ce problème. J’en ai souvent été victime. Et il m’a fallu du temps et de douloureuses expériences pour identifier et me défaire de l’un de ces travers, particulièrement dangereux s’il n’est pas maîtrisé. Je l’ai appelé le « syndrome du charlatan ».

Je partage ce témoignage avec vous parce que j’observe que ce syndrome est très répandu de nos jours. Il est même devenu omniprésent…

En effet, sur le gigantesque marché qu’est devenu le monde « civilisé », l’important n’est plus d’être, mais de paraitre. Les échanges commerciaux en viennent le plus souvent à n’être qu’un jeu de dupe qui repose sur les imprécisions et les faux semblants. Les plus compétents sont rarement les plus écoutés et pour réussir de nos jours, il n’est plus nécessaire d’être un véritable expert. Il vaut mieux avoir « l’air d’un expert ». Cela n’est pas donné à tout le monde. Cela demande quelques « qualités ». Or il se trouve que j’ai certaines de ces qualités.

Je n’y peux rien, je suis fait comme ça. Et ça m’a causé pas mal de soucis….

En résumé on peut dire que je suis doté d’un esprit très analytique. Cela me permet de comprendre vite et précisément les informations que je reçois. Pour autant, je ne suis pas doué d’une très grande capacité d’abstraction (comme le sont par exemple les mathématiciens ou les métaphysiciens), donc je ne peux pas être considéré comme très intelligent. Mais s’agissant de sujets concrets, je pige vite et j’ai une bonne mémoire. Donc j’apprends rapidement, je retiens bien et je suis plutôt bon pour le calcul mental.

En plus de cela, j’ai plutôt une bonne capacité de synthèse. Ça veut dire que si on me donne une grande quantité d’informations d’apparence assez complexe mais qui suivent une ligne logique, j’arrive très vite à les comprendre et a les synthétiser pour en faire un résumé simple et compréhensible par des personnes qui n’avaient rien compris quand les informations leur avaient été présentées différemment.

Ajoutons à cela un peu de bagout et une certaine assurance, et on a la panoplie complète…

Tout cela peut paraitre plutôt positif. D’ailleurs ça l’est. Ce sont des qualités utiles et qui peuvent servir si elles sont bien utilisées. Mais dans le monde décrit plus haut, ce sont des qualités qui peuvent se retourner contre celui qui les possède et contre ceux qui lui font confiance. Voyons pourquoi.

Pouvoir à la fois analyser et synthétiser des informations apparemment complexes, c’est excellent pour devenir prof ou conférencier.  Le problème survient quand on s’éloigne de la théorie et qu’on entre dans la pratique. On touche là à la nuance qui existe entre avoir un avis, fut-il éclairé, sur un sujet et être un véritable expert. On parle de la différence entre pouvoir « épater la galerie » en distillant quelques connaissances, et pouvoir solutionner un problème concret en toutes circonstances. La distance, en fait, qui sépare un amateur d’un vrai professionnel.

Qu’il s’agisse de sport, de trading ou de business… il y a ceux qui savent faire et gagner… et ceux qui savent questionner, étudier, commenter, expliquer… Les deux démarches ne sont pas forcément exclusives l’une de l’autre. Elles peuvent se compléter, se nourrir et même s’enrichir l’une l’autre… et il n’y en a pas, dans l’absolu, une qui soit supérieure à l’autre… mais elles ne doivent pas être confondues et il revient à chacun d’identifier clairement dans laquelle on s’inscrit.

Mais à notre époque qui a pour principal moteur la satisfaction consuméristes des désirs immédiats, la confusion règne. Le grand public se réduit souvent à une armée de «  clients » pressés et capricieux et, pour satisfaire cette demande, le moindre technicien devient vite un expert potentiel. Et tout cela sans qu’aucun effort ne soit fait, ni de part, ni d’autre, pour poser les problématiques, comprendre les demandes, clarifier les attentes et, surtout, valider concrètement les compétences et les expériences…

Aujourd’hui, à grand renfort de médias complices, des fortunes sont faites sur la base de promesses de résultats miraculeux, prodiguées par des personnages à l’expertise autoproclamée et jamais vérifiée… Et le public en redemande… C’est le « Syndrome du Charlatan ».

Prenons un exemple :

Si je décide de m’intéresser à un sujet tel que la médecine. Grace aux qualités que nous avons décrites plus haut, je vais pouvoir rapidement développer une base de connaissances assez solide pour me permettre de tenir une conversation relativement approfondie sur le sujet.

Sachant que 90% de la population ne connait et ne comprend rien ou presque rien à ce sujet, si je peux seulement leur expliquer certains concepts dans des termes qu’ils comprennent, je vais passer, à leurs yeux, pour un « expert ».

Jusque-là, pas de problème particulier. Je peux même rendre de bons services en rendant plus accessibles certaines informations et en aidant des gens à mieux comprendre certaines problématiques de santé auxquelles ils peuvent être confrontés. A ce stade il ne s’agit que de transmettre des informations et partager une expérience personnelle. Rien de mal à cela…

En revanche, si je pousse le zèle jusqu’à vouloir émettre un diagnostic sur leur état de santé voire même, allons au bout du raisonnement, si je vais jusqu’à exécuter une opération chirurgicale parce que j’en ai compris la logique et que l’ayant vu faire je suis capable d’en reproduire les gestes… cela devient tout autre chose…

Enfin, si je trouve moyen, grâce a des medias peu scrupuleux, de me transformer en une sorte de célébrité et que je pousse le vice jusqu’à facturer mes « services » fort cher sur la base de promesses de résultats miraculeux… là, il y a un gros problème… C’est la caractérisation la plus extrême du « Syndrome du Charlatan » et je précise que toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n’est pas complètement fortuite… je ne citerai personne…

 

L’exemple donné, celui de la médecine, est volontairement extrême. Et je peux vous rassurer en vous garantissant qu’il ne me viendrait jamais à l’idée, même après avoir sérieusement étudié le sujet, de me lancer dans une opération à cœur ouvert… et ce, même si mon voisin venait me le demander très gentiment ou s’il me proposait beaucoup d’argent pour le faire… Mais dans d’autres cas, sur des sujets plus légers et dans des situations moins évidentes, il m’est arrivé, assez souvent, de franchir ce que je considère aujourd’hui comme étant la « ligne jaune »…

Ainsi de mon expérience du trading boursier évoquée dans un autre article. En quelques mois, à force d’études, de lectures et de simulations, j’étais vraiment devenu un « expert » du « day trading »… mais ça ne faisait pas de moi un « day trader » chevronné. Dans un cas, il s’agit de bien connaitre la théorie, de l’avoir bien comprise et de pouvoir en discuter de façon poussée et argumentée… Dans le second cas, il s’agit, tout simplement, d’être capable de gagner de l’argent en effectuant, chaque jour, des coups gagnants sur le marché.

Ce sont deux mondes complètement différents et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la pratique de l’un ne mène pas naturellement vers la maitrise de l’autre.

Dans ces conditions, rien ne m’empêche de me lancer dans la pratique et d’essayer d’y obtenir des résultats sur la base de ma compréhension théorique. Mais je dois m’attendre à quelques balbutiements pendant la période d’apprentissage qui peut, parfois, durer longtemps. Et pendant cette période, les attentes doivent être très réduites et il semble prudent de n’engager que des fonds qui peuvent être perdus sans dommage.

En d’autres termes : ne pas espérer en vivre et ne pas parier dessus « l’argent des commissions »…

Et puis, toujours rester conscient que rien ne me garantit l’obtention, même à terme, de résultats probants. Je ne le saurai que quand je les aurai obtenus… et je ne pourrai valider une véritable expertise pratique, que lorsque j’aurai validé ces bons résultats, de façon régulière et durable dans le temps…

Très souvent, en affaires, je me suis lancé à corps perdu dans une pratique sur la seule base de ma compréhension théorique d’un sujet. Et très souvent, quand je me suis lancé, je l’ai fait avec une telle audace et un tel enthousiasme que mes premiers résultats ont été plutôt encourageants. Cela m’a confirmé dans mon erreur et cela a entrainé des tiers, initialement séduits par mon enthousiasme et ma maitrise théorique du sujet, à me faire encore plus confiance et à foncer avec moi… sans filets…

Mais j’ai toujours fini par être rattrapé par la réalité et par obtenir des résultats médiocres, plus en phase avec mon absence de maitrise des savoir-faire requis. Et là encore, refusant de comprendre les messages qui m’étaient envoyés par la simple observation des faits, je me suis obstiné.

Et mes clients qui n’avaient pas toujours très bien compris, en termes rationnels, pourquoi ils m’avaient suivi au début, n’étaient pas mieux armés que moi pour apprécier correctement l’évolution de la situation. Alors je persistais dans l’erreur, sans en être conscient, m’en remettant toujours à la « bonne étoile » qui m’avait porté jusque-là, et voulant croire que mes bonnes intentions finiraient par être récompensées…

Mais on ne bâtit pas des empires avec, seulement, de bonnes intentions. Et quand on n’est pas sûr de savoir où on va, il vaut mieux éviter d’y emmener les autres. J’ai payé cher cette leçon… mais je pense l’avoir comprise aujourd’hui.

Alors à vous qui lisez ces lignes, ce conseil pour conclure :

Quand vous êtes face à quelqu’un qui prétend être un expert et propose de vous vendre « sa » solution à vos problèmes, posez-vous ces questions :

  • Maîtrise-t-il aussi bien l’application pratique, que la théorie de son domaine d’expertise supposée ?
  • Cette maîtrise pratique est-elle validée par des résultats positifs concrets, obtenus régulièrement pendant une certaine durée ?
  • Les solutions proposées sont-elles adaptées à ma situation, et ont-elles été appliquées avec succès par des personnes dans ma situation ?
  • S’agit-il d’un pratiquant chevronné qui a une expérience pratique de mes problèmes ? ou seulement d’un théoricien beau parleur ?

Bref : Avez-vous affaire à un véritable expert ou à un charlatan plus ou moins bien intentionné ?

Autopsie d’un échec – Le Principe de Rafflin.

J’ai nommé le « Principe de Rafflin » en hommage à mon entraîneur de squash : Laurent Rafflin. Un homme de grande valeur auprès de qui j’ai beaucoup appris. Pas seulement sur le squash, bien qu’il m’ait aussi aidé à progresser dans ce sport, mais plutôt sur la compréhension de l’entrainement et de la préparation physique et, plus indirectement, sur la vie en général.

Il avait un profil très atypique pour un prof de squash. Diplômé d’une grande école d’ingénieur (école supérieure des travaux publics) il avait été dans sa première jeunesse un espoir de tennis et un bon joueur de rugby avant de se passionner pour l’haltérophilie pendant ses études, échouant même à deux doigts (ou à quelques kilos) d’une qualification pour les JO de 88 a Seoul. Après une carrière de quelques semaines (sic) dans les travaux publics, il est vite revenu à sa passion pour le sport. Venu au squash tardivement (vers l’âge de 28 ans), il a rapidement atteint un niveau très respectable en se classant pendant plusieurs années parmi les 20 meilleurs joueurs français. Et pendant tout ce temps, il a continué d’entretenir des lectures très éclectiques allant de la philosophie à l’astrophysique en passant par la mécanique des fluides et les traités de physiologie du sport… Il vivait un peu dans son monde et je ne l’aurai pas forcément pris comme modèle de sociabilité… Mais ça ne l’empêchait pas d’entretenir, en plus de fidèles amitiés, une clientèle suffisamment fournie pour lui assurer un revenu confortable, lui permettant de vivre et de contribuer aux finances du ménage qu’il formait avec sa compagne et le fils qu’ils avaient eu ensemble.

Son approche de la vie était simple et pragmatique, sans toutefois être dénuée d’une certaine profondeur. Il savait se poser des questions essentielles voire métaphysiques, mais il ne s’embarrassait pas de ces questions lorsqu’il s’agissait d’aborder des sujets plus concrets.

En matière de squash, il me disait souvent : « En compétition, c’est pas compliqué, tu trouves un truc qui marche pour marquer un point contre ton adversaire, après ça tu le fais 27 fois et tu as gagné le match… ». Il avait évidemment raison, et la mise en pratique de ce principe lui avait valu, a lui, de nombreux succès, aussi bien sur les terrains de sport que sur les bancs de l’école.

C’est ce que j’appelle le « Principe de Rafflin » : avoir un objectif simple et clair, trouver le moyen de l’atteindre, et appliquer ce moyen avec rigueur et discipline jusqu’à avoir obtenu le résultat attendu… Diaboliquement efficace… Mais tout à fait inenvisageable pour moi !

Au mieux, si j’essaye d’appliquer ce principe, je vais peut-être réussir à le faire 7, 8… allez, peut-être même 10 fois… mais après je vais me lasser, et je vais essayer autre chose… une approche qui me semblera plus « fun » ou plus « élégante »… en tous cas quelque chose qui sera différent mais qui, malheureusement, aura de grandes chances d’être moins efficace. Du coup, je vais perdre le fil de ma concentration, je vais me fatiguer pour recoller les morceaux, je vais aussi perdre mon intérêt pour ce qui est en train de se passer et je vais, très probablement, finir par perdre le match que j’aurai pu et dû gagner…

Tout cela résume assez bien ma « carrière » de joueur de squash et, sans doute aussi, je dois bien le reconnaître, ma carrière d’entrepreneur…

Pour être plus précis, je ne peux pas dire que je sois complètement incapable d’appliquer ce principe. Mais ce n’est clairement pas une approche dans laquelle je suis à l’aise. Et je n’y suis donc pas très performant. Je m’exprime beaucoup mieux dans des situations qui demandent de l’adaptation et de l’improvisation. Ce sont les traits dominants de mon caractère : adaptation et créativité. Mais ce ne sont pas des qualités très utiles dans l’exécution des tâches quotidiennes. Au contraire ! Et c’est mon incapacité a véritablement palier à cette faiblesse (notamment en ne réussissant pas à m’entourer de personnes qui me complètent efficacement sur ce point précis) qui m’a souvent joué de vilains tours dans les projets que j’ai entrepris.

A vrai dire, toute l’histoire de Vivalavi, de sa création jusqu’à l’échec final de 3V, illustre ma tendance à négliger la poursuite de résultats concrets dans la gestion quotidienne au profit du lancement permanent de nouveaux projets. On ne s’ennuyait jamais en travaillant avec moi et nous pouvons être fiers d’avoir pu donner vie à quelques belles idées, mais le manque de rigueur dans la finalisation des projets et la multiplication des chantiers en cours a largement contribué à épuiser les équipes et à creuser le puits sans fond qui a englouti toutes nos capacités de financement.

Pendant 8 ans, je me suis obstiné dans cette stratégie et je n’ai pas su entendre les voix qui me conseillaient de l’infléchir. J’en porte la responsabilité.

 

Ce que j’ai retenu de cette expérience ce sont deux leçons bien distinctes :

1ère leçon : savoir, dans un projet, ce qui me motive vraiment. Est-ce le résultat final ? ou le chemin pour y arriver ?

J’ai réalisé bien tard à quel point je me sentais déconnecté des objectifs strictement concrets liés au business. Par exemple, en lançant le projet Vivalavi, je ne me représentais pas vraiment ce que signifiait la construction d’un vaste complexe hôtelier. En fait, même si je poursuivais cet objectif et que j’avais l’impression de tout mettre en œuvre pour l’atteindre, je n’étais pas vraiment attaché à ce résultat. Ce que je savais, et ce qui me motivait, c’est qu’à travers ce projet, je pouvais mobiliser des tas de ressources et créer une dynamique par laquelle, à coup sûr, de belles choses allaient pouvoir être réalisées… D’un point de vue humain, c’est très riche… mais on voit bien que c’est très dangereux du point de vue du business… Et je n’ai jamais été vraiment conscient de cette déconnexion.

 

2nde leçon : Si je suis vraiment motivé par un résultat, alors je dois appliquer le « Principe de Rafflin » ; et si je suis d’avantage motivé par le chemin que par le résultat à atteindre, alors je ne dois prendre aucun engagement par rapport à ce résultat.

Indiscutablement, pour parvenir à un résultat, il n’y a pas de meilleur chemin que l’application disciplinée de ce principe et il faut apprendre à le mettre en œuvre quand c’est nécessaire… même si c’est dur.

En revanche, il faut aussi savoir, pour un caractère comme le mien, que la plupart du temps, la mission se révélera trop difficile et, surtout, trop déconnectée de mes réelles motivations. Dans ce cas, il est préférable de ne prendre aucun engagement, surtout vis-à-vis de tiers, concernant le résultat attendu et de se lancer dans la seule idée de faire au mieux et de s’enrichir de l’expérience, quel que soit le résultat.

Bio – 2-102 – Avertissement – Franck Girardot

Avant d’aller plus loin, une mise au point s’impose : Je ne cherche pas d’excuse.

Je n’ai écrit ces pages ni pour me disculper, ni pour me justifier, mais uniquement pour essayer de comprendre.

Comprendre comment, animé des meilleures intentions du monde, j’ai pu entrainer 190 de mes clients, mes employés, mes fournisseurs, ma famille et certains de mes amis … dans une histoire ou des millions d’euros ont été dilapidés, des vies ont été chamboulées et ou, plus grave encore, de beaux rêves et de réels espoirs se sont brisés.

Comprendre comment une aventure qui promettait d’être passionnante. Un projet qui devait créer de la valeur aussi bien sur les plans économiques et financiers que sur les plans humain, social et même environnemental… comment tout cela a pu se transformer en une déroute chargée de colère, de déception et de frustration.

A travers ce récit, que j’ai voulu le plus objectif et le plus neutre possible, j’ai voulu poser les faits, expliquer les enchainements de cause à effet qui peuvent amener des individus à perdre la tête au point de laisser la machine qu’ils ont conçue s’emballer et se retourner contre eux.

Parmi les clients, les amis, les proches et toutes les personnes qui ont été, de près ou de loin, touchées par cette affaire, je sais qu’il y en a qui, comme moi, veulent vraiment savoir et comprendre.

Comprendre pour apprendre. Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Pour tirer les leçons  et transformer cette expérience douloureuse en une étape de croissance.

J’ai été l’un des principaux protagonistes d’une affaire qui a mal tourné. J’en ai été l’initiateur. J’ai été à la source de la plupart des décisions qui ont amené à l’échec de ce projet. Et quand ça n’était pas le cas, j’ai ignoré et laissé faire. Par négligence, par aveuglement ou par lâcheté.

 

Personnellement, le bilan de ces 10 années n’a rien de brillant.

Sur les plans économique et financier, tout ce que j’avais travaillé à construire a été détruit. J’ai trahi la confiance de mes meilleurs clients, j’ai perdu le respect de la plupart de mes collaborateurs, j’ai fait souffrir mes amis, mes proches, et ma famille ; j’ai sali ma réputation, je me suis grillé professionnellement, j’ai révélé au grand jour mes incompétences de manager et de chef d’entreprise, je suis rentré en Europe a l’âge de 42 ans, sans un sou, couvert de dettes, sans diplôme et sans emploi…

Triste constat !

 

Inlassablement, depuis l’annonce de notre faillite, j’ai reconnu mes fautes. J’ai accueilli les demandes d’explication, entendu les plaintes et encaisse les injures. En plusieurs occasions, j’ai demandé pardon à celles et ceux que j’avais pu blesser.

Aujourd’hui, dans ce chaos, au milieu des décombres laissés par l’effondrement de mes rêves de fortune et de gloire, je pense avoir trouvé un sens et une direction à ma vie. J’ai choisi d’aller chercher dans l’extrême difficulté de cette situation, la source d’un renouveau. J’ai choisi d’aller regarder dans le miroir pour voir qui j’étais vraiment. J’ai choisi de ne rien laisser enfoui, de tout examiner et d’accepter les constats les plus inconfortables pour sortir de l’illusion et retrouver la voie de l’authenticité.

Au bout de ce chemin, j’ai choisi de me pardonner, de m’aimer et de me faire confiance pour vivre à nouveau.

Je vais faire de mon mieux, dans un combat de chaque jour, pour tirer tous les enseignements de cette expérience et continuer à vivre.

Et de cela, je n’ai pas l’intention de m’excuser.

 

A l’heure où j’écris ces lignes, il est encore beaucoup trop tôt pour savoir, précisément, la forme que prendra la fin de cette affaire. Un processus de sauvetage est en cours, visant à permettre à nos clients de récupérer une partie de leur investissement. Des procédures judiciaires ont été initiées par certains d’entre eux. Le temps nous dira ce qui ressortira de tout cela mais j’ai une conviction : l’essentiel est ailleurs.

Apres un accident de la vie, qu’elle qu’en soit la nature, et qu’elle qu’en soient les causes, il appartient à chacun de faire le travail nécessaire pour se reconstruire.

A travers cette série d’articles, je souhaite permettre à celles et ceux qui veulent entreprendre ce travail de reconstruction, de disposer d’éléments concrets pour ne pas avoir à attendre qu’une vente ou une décision de justice ne leur dise ce qu’ils doivent tirer de cette expérience.

Que vous soyez ou non, directement touché par cette affaire, je vous remercie par avance de prendre de votre temps pour lire ces articles.

Au-delà de cette affaire, j’espère que vous y trouverez matière à vous enrichir de cette expérience. Pour comprendre un peu mieux ce qui peut mener un très beau projet a l’échec. Et pour voir aussi que l’on peut ressortir grandi d’une expérience où l’on a tout perdu…

Bio – 2-101 – Être ou ne pas être… un escroc ?

Escroc !

Un mot chargé de sens… chargé de haine et de colère.

Un mot qui veut dire menteur, qui veut dire voleur, qui veut dire salaud…

Un mot qui veut aussi dire tromperie, trahison, souffrance…

Depuis un peu plus de deux ans, ces mots-là, je les ai beaucoup entendu, utilisés pour me designer.

Escroc, voleur, salaud… Dans la presse, dans la bouche de quelques clients et aussi venant de personnes qui n’avaient rien à voir avec cette affaire…

Je ne m’en plains pas. Ce serait mal venu, ce n’est pas dans mon caractère et ce n’est de toutes façons pas l’objet de mon propos.

Mais ce mot m’interroge. Ou, plus précisément, il m’a interrogé.

Face au triste constat de la faillite du groupe que j’avais cofondé… face aux 18 millions d’euros dilapidés… face aux pertes sèches essuyées par mes clients… face aux travaux inachevés… face aux dizaines de salariés laissés sur le carreau… face aux dettes restées impayées… face aux injures, à la colère et à la rancœur… face aux espoirs déçus et aux rêves écroulés…

Face à tout cela et, surtout, face au miroir que la vie me tendait, j’en suis venu, évidemment, à me le demander :

Suis-je vraiment un escroc ?

La question était franche et brutale. Mais je ne l’ai pas esquivée. Je l’ai même examinée sous toutes les coutures. Pour être sûr.

Voilà ma conclusion.

Je ne parlerai pas ici du volet judiciaire de cette affaire. Il appartiendra, le moment venu, à un tribunal d’apprécier si mes actions relèvent ou nom de cette qualification pénale. Personnellement, je ne le pense pas. Je pense même être fondé à être absolument convaincu du contraire, mais je n’en suis pas juge. Pas plus que vous qui lisez ces lignes. Donc, revenons à ce qui nous appartient : l’appréciation humaine et morale.

A ma charge, je présente plusieurs des qualités qui font les bons escrocs. Les apparences plaident donc plutôt en ma défaveur…

Assez « beau parleur », j’ai du bagout, de l’assurance et de l’ambition. Plutôt malin et débrouillard, j’ai de l’astuce et j’arrive, en général, à retomber sur mes pieds même quand mes affaires semblent mal engagées. Je suis à l’aise avec les chiffres, les gros montants ne m’impressionnent pas… il en faut, en fait, beaucoup pour m’impressionner… je n’ai, comme on dit, «pas froid aux yeux »… un peu casse-cou sur les bords…

Autre caractéristique commune avec les escrocs les plus « flamboyants », je suis passionné, limite mégalo… un peu la folie des grandeurs… je suis pressé, j’ai une « revanche à prendre »… J’en veux trop… trop à la fois… et trop vite.

Et puis, je suis touche-à-tout et parfois brouillon. Je suis impatient et un peu jouisseur… Souvent, dans ma vie, je suis allé vers l’argent facile… J’ai été attiré par le luxe… pas très bon tout ça…

Et, surtout, il y a cette affaire : Vivalavi Bali !

190 à 200 clients, on ne sait plus très bien… plus de 18 millions d’euros…

Disparus. Envolés. Evaporés… ???

Non. Dépensés. Dilapidés. Gaspillés.

Incroyable. Incompréhensible. Inexcusable. Et, pour certains, impardonnable !

 

Au fil du temps je me suis rendu compte que deux choses paraissaient complètement incroyables à tous ceux qui découvraient cette affaire. Qu’il s’agisse du grand public, de certains de mes clients, mes avocats, mes amis, certains membres de ma famille, les fonctionnaires chargés de l’enquête préliminaire, la juge d’instruction en charge du dossier, le procureur, le juge des libertés, la cour d’appel et même mes codétenus à la maison d’arrêt de Fresnes… Tous, sans exception !…

Pour tout le monde, à première vue il y avait deux choses qui paraissaient complètement inconcevables :

1 – que je n’ai pas « planqué » de l’argent. Sur les 18 millions aujourd’hui « disparus », personne ne pouvait croire que je n’en avais pas détourné une bonne partie pour le cacher quelque part…

2 – que mes clients aient pu me faire confiance sans que j’aie à user de manœuvre frauduleuses telles que produire des faux en écriture, mentir ou monter de « gros bateaux » pour les convaincre de « signer »…

Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître : NON… deux fois NON.

NON – Je n’ai pas détourné d’argent à mon profit. Je n’ai pas caché d’argent quelque part. Chaque euro investi par mes clients a été investi dans le Groupe Vivalavi et a été utilisé pour développer les projets qui leur avaient été présentés. Mal utilisé ? C’est désormais une certitude. Mais je peux affirmer que rien n’a été détourné pour alimenter je ne sais quelle caisse noire. Et il n’existe d’ailleurs aucune preuve du contraire.

NON – Je n’ai jamais menti à mes clients. Ni à mes clients, ni à mes employés, ni à mes partenaires, ni à mes fournisseurs, ni à ma famille… en fait, à personne et en aucune circonstance. De nombreuses fois, j’ai dû présenter des vérités compliquées à expliquer et des situations délicates. Mais je l’ai toujours fait avec sincérité et sans user de subterfuges ou de manœuvres frauduleuses de quelque sorte que ce soit. Et il n’existe d’ailleurs aucune preuve du contraire.

Pour le moment, ce ne sont que mes paroles. Vous êtes libre d’en douter et même de ne pas les croire. Mais il ne fait absolument aucun doute que l’instruction en cours viendra, avec le temps, les confirmer. Simplement parce que c’est la vérité. C’est comme ça que les choses se sont passées. Et cette réalité apparaîtra tôt ou tard.

Pour revenir à la question initiale : être ou ne pas être un escroc, je constate qu’il me manque deux traits de caractère essentiels pour pouvoir être un véritable escroc.

1 – Je ne sais pas mentir.

Je ne sais pas, je ne peux pas, je ne veux pas… Je suis comme ça. Tant que je suis dans la vérité, je peux faire preuve d’une énorme assurance, même dans des situations très compliquées… mais si je commence à m’aventurer dans une vague tentative de mensonge, je perds tous mes moyens et ça se voit instantanément. Je pense même être un peu psychorigide sur ce point… un peu moralisateur même. Je ne supporte pas le mensonge. Il me révolte. Même les petits… ce que certaines femmes appellent les « white lies »… Pour autant, je ne suis pas plus saint qu’un autre, et dans certaines circonstances, si je peux m’en sortir en évitant un sujet ou en restant dans le flou, je le fais… mais si on me pose une question précise, on peut s’attendre à recevoir une réponse précise et sincère. Par exemple, à toute personne qui demandait si Vivalavi Holding Group offrait des garanties financières notre réponse a toujours été claire, ferme et sans détour : « NON ! ». Et ça n’a pas empêché nos clients de s’engager avec nous…

2- Je n’aime pas assez l’argent.

Je n’aime pas spécialement en avoir. Je ne prends pas de plaisir particulier à en gagner. Et je suis parfaitement incapable d’en accumuler. En fait l’argent ne m’intéresse que pour ce qu’il permet de faire et, au fil des années, mes intérêts se sont de plus en plus déplacés vers des choses que l’argent n’achète pas. Il y a eu, notamment en 2008 et 2009, une période un peu folle où l’argent à semblé couler à flot dans l’entreprise Vivalavi… c’était la première fois et j’ai un peu « pêté les plombs » à ce moment-là. Je me suis lancé dans des tas de projets farfelus, ça a duré quelques mois, peut être une année, ça n’a pas été très loin et puis ça s’est vite calmé. A part cette parenthèse, le reste du temps, de 2006 à 2013, j’ai gagné ma vie en travaillant d’arrache-pied dans l’entreprise. J’ai bénéficié d’un train de vie très confortable mais qui n’avait franchement rien d’extravagant. J’ai profité de l’environnement que j’avais créé autour de moi pour vivre des expériences fabuleuses et c’est la seule, vraie, grande richesse que j’ai tirée de mes 8 années à la tête du Groupe. Je n’ai pas épargné un sou sur l’argent que j’ai gagné et je n’ai jamais rien détourné pour le cacher quelque part. Je ne fonctionne pas comme ça.

 

Alors ? Être ou ne pas être un escroc ?

Ma réponse est non. Je ne suis pas un escroc. Ni dans l’exécution, ni dans l’intention. Si j’en avais été un, ce n’est pas 18 millions que nous aurions pu lever mais beaucoup plus. Et il n’y aurait eu ni coaching, ni fitness, ni salariés, ni vrais clients… Rien… juste de l’esbroufe et de la poudre aux yeux… Ma vie, pendant ces 8 années, aurait été beaucoup plus facile et je ne serais pas là aujourd’hui, fauché comme les blés, séparé de ma famille et répondant à mes obligations judiciaires… je serais loin, quelque part, au soleil, profitant de mes millions… Mais je ne suis pas cette personne là. C’est comme ça… et c’est très bien comme ça.

 

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FG.