Impro Ex-Nihilo

Vie en solo
A huis clos
Dans mon enclos

Comme un soulot
Boire des merlots
au goulot
Pour tarir le flot
Des sanglots

Par le hublot
Voir les camelot
Faire leur boulot

Les stars megalo
Qui enfument les prolos
Pour faire juter l’cash flow
Et rafler le gros lot

Bande de salauds…

Du fond d’mon bungalow
J’me triture l’ciboulot
Et j’m’active le stylo

Ecrire des brulots
Agiter le grelot
Denoncer le complot
Pour secouer l’populo

Pauvre charlot
Avec ma philo
Pris pour un rigolo
Sombre tableau…

Vie en solo
A huis clos
Dans mon enclos

 

FG – 160910

* Image d’illustration « empruntee » a Florian Briquet.

Publicités

Lundi 5 Septembre 2016

Toutes les bonnes choses ont un début…

C’est aujourd’hui que ça commence.

Pourquoi pas hier ?
Pourquoi pas demain ?

Nourrir le regret,
de n’être pas
parti plus tôt.

Pour être déjà arrivé ?

Mais l’horizon fuyant,
Ne s’atteint jamais.

Ou attendre encore ?

Pour une perfection
Qui n’existe pas ?

J’aurai pu être ailleurs,
Mais je n’y suis pas.

Ici et maintenant,
On en revient à ça.

Hier n’est plus.
Demain n’est pas encore là.

Si j’avais été ailleurs,
J’aurai fait autre chose.

Mais je suis là,
Alors je fais ça.

Et ça me va bien.

C’est ce qui est
Et c’est parfait.

Alors ça commence aujourd’hui.

Lundi 5 Septembre 2016
Mise en ligne de mon nouveau blog
http://www.franckgirardot.net

Venez y faire un tour…

 

FG – Lain – 160903

La Vie en Vert

Fait Divers

Sombre calvaire,
Cœur ouvert,
Revolver.

Vide un verre,
Persévère,
Tête à l’envers.

Plein hiver,
Nu comme un ver,
Vieux pervers.

Se met au vert,
Au Diable Vauvert,
A couvert.

Belle primevère,
piverts… colverts…
Bienveillant univers.

Passage entrouvert,
Ecrire des vers,
A la Prévert…

La Vie en Vert.

 

FG – Lain – 160904

Tout dire

Quand je fais lire
ce que j’écris,
on me dit :
Attention !

Il ne faut pas tout dire…
On ne PEUT pas tout dire…

Pourtant la vérité
ne peut blesser
que ceux à qui
on a trop longtemps
menti…

Et ce qui blesse alors,
ce n’est pas
la vérité révélée,
mais la réalisation,
brutale,
d’avoir, tout ce temps, vécu
dans le mensonge…

Il n’y a jamais de mensonge innocent.

Et jamais de vérité coupable.

JAMAIS.

Un Jour…

Un Jour…

.

Un jour prochain, c’est certain, je reverrai le soleil s’élever

Au dessus des montagnes, par un beau matin frais.

.

A quelle heure ? De quel jour ? De quel mois ? de quelle année ?

.

Nul ne peut le prédire… Même les Dieux l’ignorent.

Parfois, la nuit, au détour d’un rêve, ce temps paraît si proche

Qu’on pourrait le toucher…

.

Mais aux lueurs de l’aube, aux étoiles dissipées,

il semble être si loin que l’on pourrait douter

D’y parvenir jamais…

.

Alors ? A qui se fier ?

.

Pour moi, c’est entendu, je ne me fies qu’aux rêves.

Car eux seuls me permettent, se jouant de l’esprit,

Ouvrant l’âme et le cœur, de percevoir le monde

Tel qui aurait put être et tel qu’il deviendra.

 

FG – Fresnes – 30.03.16

 

Un Jour Prochain

984964 – Slam – Fresnes 2016

A toi qui tourne à l’intérieur

A ceux qui voient ça d’l’extérieur

Mon expérience, mes mots, mes rimes

Comme un pont j’té au d’ssus d’l’abîme…

 

Ça fait un bail que j’tourne a Fresnes

J’suis pas tombé là par hasard

Un pas d’travers, la rage, la haine,

Des raccourcis qui mèn’ nul’part…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

On s’voyaient déjà millionnaires

Roulant des caisses, au top, flambeurs,

On tent’sa chance, on joue, on perd…

Et pas d’pitié pour les losers.

 

Escrocs, caïds, braqueurs, dealers…

Tous logés à la même enseigne

Des petites frappes aux grands seigneurs

Des mères qui pleurent, des cœurs qui saignent…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

A l’arrivée la fouille, le greffe…

Troque ton nom pour un numéro.

Ici, ta vie vaut plus bezef…

Faudra t’y faire… t’es un zéro.

 

Cellule : quat’murs ; neuf met’carrés

Barreaux + grillage aux fenêtres

La vue : ch’min d’ronde et barbelés

La crasse, la laideur, le mal-être…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Mais j’suis pas seul j’ai plein d’amis

Trois par cellule, ça crée des liens.

On ronfle, on pue, on pète, on chie…

Rien de tel pour s’faire des copains.

 

Les dét’nus et les surveillants,

Les hommes en bleus et les taulards.

Des âmes grises et des morts vivants…

Tous prisonniers du mêm’cauch’mard…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Les premiers temps, j’ai pas compris

L’espéranto d’mes co-dét’nus

Des phrases, des mots, des sons, des cris

Que j’avais jamais entendus…

 

Forçant le silence à se taire

Dans des mélopées saccadées,

On jure, on crie, on vocifère…

On fait du bruit pour exister.

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Les taciturnes, les forts en gueule

Mâchoire serrée (ou) gorg’déployée

Chacun sa cuirasse, son linceul…

Tout est bon, pour rester cacher.

 

Dans cet amas de solitude

Aucune place pour les émotions

Isolé dans la multitude

Amères pensées, tristes passions…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

(Mais) 2 fois par jour, chang’ment d’décor !

C’est le kiffe, la grande aventure,

On a 2 heures pour s’bouger l’corps

Voir le ciel, respirer l’air pur…

 

(Mais) Cour d’prom’nade, tu r’tombe dans l’dur,

Mouchoir de poche, cerné d’béton

Tu fais 10 pas, tu touches le mur,

Pars dans l’aut’sens, même punition…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Alors t’a envie, d’tout casser

Péter la porte, tomber les murs…

(mais) quand la rag’monte, y faut t’calmer

Pour pas compromettre, ton futur

 

Tu veux y croire… nouveau départ

Recommencer, revivre, renaitre…

Quelqu’un qui t’attend quelque part…

Dev’nir celui qu’t’a rêvé d’être…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Parc’qu’un jour viendra, c’est certain

Ou t’arrêtera d’tourner en rond.

Même si maint’ nant ça t’parait loin,

Tout à une fin, même si c’est long…..

 

FG – Fresnes – 15/04/16

Franck Girardot