Pas de crise pour les milliardaires

En ce début 2017, il y a 1.810 milliardaires dans le monde. Et leur fortune cumulée se monte à 6.480.000.000.000$

Six mille quatre cent quatre-vingt milliards de dollars.

Si on « internationalisait » leur fortune en laissant a chacun d’entre eux 1 milliards… UN MILLIARDS !!! Ils resteraient donc milliardaires, mais cette opération offrirait à la communauté internationale la somme de 4.670.000.000.000$

Quatre mille six-cent-soixante-dix milliards de dollars.

En allouant cette somme aux Etats, contre un intérêt perpétuel de 1% par an (mais sans remboursement de capital), proportionnellement à leur population, pour financer leurs projets prioritaires de lutte contre la pauvreté, les seuls intérêts généreraient 46 milliards par an !

NEUF FOIS le budget annuel du Programme des Nations Unies pour le Développement.

Et la somme initialement investie permettrait de financer 46 millions de projets à hauteur de 100.000$ chacun.

46 MILLIONS DE PROJETS !!!

Pour un pays comme la France, cela représenterait 460.000 projets !

460.000 PROJETS !!!

Maintenant, imaginez que ces 460.000 projets soient axés exclusivement sur l’autonomie alimentaire, l’autonomie énergétique, l’éducation et le bien vivre ensemble.

Imaginez que ces projets soient gérés à seule fin de pérennité, dans une logique coopérative et selon une gouvernance démocratique,

IMAGINEZ…

Et cela revient à poser une question : Dans quelle société pourrions-nous vivre si les richesses accaparées par 1.810 individus étaient équitablement et efficacement réparties ?

Et en allant plus loin, dans quelle société pourrions nous vivre si le patrimoine individuel était limité à 10 Millions de dollars et l’écart maximum de revenu limité à un rapport de 1 à 20. Les excédents étant systématiquement réinjectés dans des projets collectifs, solidaires et durables ?

Dernière question en forme de proposition :
Dans quelle ssociété vivrions nous si la cupidité et la soif de pouvoir étaient déclarées crime contre l’humanité ?

Rien ! Aucun argument raisonnable ne peut justifier qu’une telle richesse soit accumulée dans les mains de quelques-uns.

Rien ! Aucun argument raisonnable ne peut justifier qu’un personne possède plus que la somme d’un million de ses semblables.

Rien ! Aucun argument raisonnable ne peut justifier qu’une personne, quel que soit son talent, son mérite et son courage, gagne 100 fois plus qu’une autre qui travaille elle aussi.

En cherchant les solutions aux grands maux de notre société dans une compétition accrue des pauvres entre eux, et en faisant croire aux classes moyennes qu’elles peuvent sortir de ce marasme en sacrifiant leur vie pour gagner leur place au sein de la classe dominante, on passe à côté du vrai problème.

Tant que la richesse créée par le travail et l’innovation sera accaparée par quelques oligarques et par la caste qui les sert, les inégalités ne pourront que s’accroitre et la tension sociale ne pourra que s’intensifier… jusqu’à l’explosion !

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L’Heure est grave… réveillons-nous !

Comme l’a souligné Plantu dans son brillant dessin, pendant l’été, on a repéré 5 burkinis sur les plages, des maires ont réagi, le conseil d’état a été saisi, toute la France en a été émue et tous les médias en ont parlé.

Et pendant ce même été, 5 infirmières se sont suicidées suite à un burn-out attribuable à leurs conditions de travail…

Pendant l’été 2016, 80 personnes ont perdu la vie dans un attentat terroriste… C’est tragique… je m’en étais ému dans un précédent article… toute la France en a été bouleversée… tout le monde en a parlé…

Et pendant ce même été, 160 enfants sont morts des maltraitances infligées par leurs parents (chiffre moyen pour 90 jours sur une base de 600 décès par an)…

Pendant l’été, les guerres se sont intensifiées, les famines se sont aggravés, les virus mortels ont continués de proliférer…

Pendant l’été, les chômeurs ont continué à chômer, les travailleurs pauvres ont continué à trimer, les inégalités ont continué de se creuser, une partie de notre jeunesse, à la dérive, à continué de se « radicaliser »…

Mais pendant l’été, les affaires ont continué, le dumping social s’est organisé, les dividendes ont été versés, les milliards ont été engrangés, l’optimisation fiscale a été encouragée, les parachutes dorés ont bien fonctionné…

Et pendant l’été, la couleur a été annoncée : à l’image de ce qui se déroule depuis plusieurs mois aux Etats-Unis, plus grande démocratie mondiale, pays de la Liberté, et qui donne l’affligeant spectacle de la pire campagne électorale que ce pays ait connu… la campagne pour la présidentielle de 2017 en France s’annonce du même tonneau… ça va voler très bas !

Qu’il s’agisse du burkini ou des attentats terroristes, les prétendants au trône ont donné de la voix et sont montés aux créneaux, entonnant le refrain du YAKAFAUKON !… Négligeant le fond au profit de la forme, cristallisant le débat autour d’épiphénomènes, certains grotesques et d’autres absolument tragiques, mais quelle qu’en soit la nature, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Et l’émotion ne doit pas anéantir la raison.

Le vrai problème est ailleurs.

Si j’avais le talent de dessinateur de Plantu, je referais cet excellent dessin pour étendre la même idée à l’ensemble de l’année qui va de mai 2016 à mai 2017.

Sur la partie gauche du dessin, je remplacerais la femme en Burkini par une caricature de Sarkozy, Hollande et Marine Le Pen en train de se crêper le chignon… sous les yeux des caméras, captivant  l’attention des médias et, donc, de la grande majorité des Français…

Et à droite, je mettrais un dessin représentant la France en souffrance, avec en bas un quotidien fait de chômage, de stress, de précarité et d’exclusions et en haut, séparé par un épais plafond de verre, la France qui se goinfre : finance, marchands d’arme, patrons du CAC, pubards, médias, footeux… dans l’indifférence générale.

A gauche les faux enjeux de 2017, au centre de toutes les attentions…

Et à droite, les vrais enjeux de 2017 et des 30 prochaines années, dans l’indifférence générale…

 

Combien de temps cette mascarade va-t-elle encore durer ?

Combien de temps le peuple de France va-t-il encore se laisser berner ?

Que faudra-t-il pour qu’il se réveille enfin ?

 

On me dira : Tout ça, ce sont des mots ! C’est bien beau de vider son sac dans un article à publier sur les réseaux sociaux, mais concrètement ? Tu proposes quoi ?

Je saisis au vol cette invitation.

Et si j’avais quelque chose à proposer ? Qu’en feriez-vous ?

Si je vous proposais 5 décisions, pour changer la société, et changer nos vies, entre aujourd’hui et la fin 2017… les entendriez-vous ?

Seriez-vous prêts à tenter l’expérience ?

 

Je relève le défi. Si cet article est partagé plus de 100 fois, je publierai mes 5 décisions.

Rassurez-vous, je n’ai rien à vendre. Ce n’est pas un coup de marketing fumeux.

Et c’est très sérieux. Ce sont 5 vraies idées. 5 vraies décisions que n’importe qui peut prendre sans avoir besoin de personne. Avec un plan réaliste pour les mettre en œuvre.

Alors ? On va les avoir ces 100 partages ?

Je vous aide… je l’ai déjà partagé sur 2 pages, 1 profil et 2 groupes… ça fait 5… plus que 95… a vous de jouer !

 

FG – 160915

OKTOBURPEES 2016 by Damien Stymans

De combien allez-vous améliorer votre temps cette année ?

En 2015, j’avais entamé le challenge par un calvaire de 8’46’‘… Et après un mois de pratique régulière, en suivant un programme bien construit, je bouclais les 100 Burpees en 5’56 »…

Une progression de 2’50 » !!!

Cette année, je vise les 5’25 ». On verra déjà où j’en suis le 1er octobre pour le test de lancement… a suivre…

100 Burpees c’est un défi physique mais à la portée de toutes et tous. Même les moins athlétiques pourront s’en sortir, quitte à mettre 10 ou 15 minutes avec de longues pauses, peu importe !

L’essentiel c’est d’aller au bout, d’établir un benchmark le 1er octobre, puis de suivre le programme en bénéficiant des conseils des coaches et des encouragements des autres participants et au bout d’un mois, après un dernier gros effort, on célèbre la progression spectaculaire.

En allant sur le Groupe Facebook, vous rencontrerez des gens, femmes et hommes, qui ont démarré en étant très limités physiquement et qui ont énormément progressé grace a leurs efforts et à la super dynamique du groupe. Alors vous pouvez le faire aussi !

D’ailleurs, j’ai souvent entraîné la GTeam avec moi pour les séances de Burpees. La preuve !!

 

Oktoburpees 2015

Oktoburpees 2015 – Pause Squat entre 2 séries

 

Et on est tellement devenus accros aux Burpees qu’on a remis ça, x10, pour le 1er janvier 2016 : 1000 Burpees For Time !!! Et ça, c’est encore autre chose…

Bref, le seul risque que vous prenez en participant a ce défi, c’est de ne plus pouvoir vous passer des burpees… mais ça se gère plutôt bien :p

 

Burpees1

 

Et pour les fous furieux du HIIT, le 100 Burpees est un super défi. Avec le gros challenge de passer sous les 5 minutes, et pour les meilleurs, d’aller flirter avec les 4’30 »… Avis a tous les CrossFitters, Spartan Racers et autres Free Athletes (Freeletics)…

 

Je vous attends donc tous sur Facebook pour le lancement du Challenge Oktoburpees 2016.

 

Ca se passe exclusivement dans le groupe Facebook « Oktoburpees » et, cette année, Damien m’a demandé de m’impliquer un peu plus dans l’animation du groupe alors vous pouvez vous attendre à quelques bonnes surprises.

 

A tout de suite sur Facebook !

Lien direct vers le groupe Facebook : Oktoburpees by Damien Stimans

 

Article de présentation du Challenge Oktoburpees

 

Journal Entrainement – Semaine du 160912

J’essaie cette semaine un suivi sous forme de journal. On verra comment ça fonctionne. Je pars du planning prévu, et je check au fur et à mesure en ajoutant un commentaire ici et là.

Double objectif : engagement préalable + suivi des « perfs » pour mesurer l’évolution

 


Lundi 12/09

6h : RRM (Mise en mouvement du corps + 10′ de deep squat + 5′ de trampoline + 5′ de corde à sauter + 3 tours de « all body holds »)

11h30 : Pompes : échauffement – planche : 3 x 15″ en haut + 15″ en bas // pompes strictes 3 x 15 // pompes upper chest 3 x 10 // pompes diamant 3 x 6 // finisher : max rep pompes strictes (1′ de récup entre les series de pompes).

14h30 : longue marche lestée

19h30 : WOD : échauffement : 5 x (12 burpees + 12 standups) // 16′ EMOM : 1 – 12 Deadlifts / 2 – 8 power clean / 3 – 12 front squats / 4 – 8 push press

!!! Ajout 10′ Deep Squat avant le coucher.

 


Mardi 13/09

6h : RRM (Mise en mouvement du corps + 10′ de deep squat + 5′ de trampoline + 5′ de corde à sauter + 3 tours de « all body holds »)

11h30 : Ring Rows : échauffement – 3 x 15 rétractations scapulaires (front lever soutenu) // Ring Rows 45° 3 x 15 // Ring Rows Horizontal  3 x 6 // Strict Pull Ups 3 x 3 // finisher : max rep Ring Rows 45°(1′ de récup entre les series).

14h30 : Air Squats 6 x 25 reps (lest 20kg – 1′ recup)

19h30 : WOD : échauffement : Burpees Tabata – Power Snatch : progression vers 3 x 3RM

10′ Deep Squat avant le coucher.

 


Mercredi 14/09

6h : RRM (Mise en mouvement du corps + 10′ de deep squat + 5′ de trampoline + 5′ de corde à sauter + 3 tours de « all body holds »)

14h30 : longue marche pieds nus

10′ Deep Squat avant le coucher.

 


Jeudi 15/09

6h : RRM (Mise en mouvement du corps + 10′ de deep squat + 5′ de trampoline + 5′ de corde à sauter + 3 tours de « all body holds »)

11h30 : Pompes : échauffement – planche croix : 3 x 15″ en haut + 15″ en bas // pompes prise large 3 x 15 // Pike push ups 3 x 10 // pompes archer 3 x 6 chaque coté // finisher : max rep pompes prise large (1′ de récup entre les series de pompes).

14h30 : footing 1h

19h30 : WOD : échauffement : 10 x 10 burpees lent (20″ récup) // 4 rounds : 20 KB swings + 10 T2B + 20 KB C&Press + 10 1-Leg Stand Up (5D/5G)

!!! Ajout 10′ Deep Squat avant le coucher.

 


Vendredi 16/09

6h : RRM (Mise en mouvement du corps + 10′ de deep squat + 5′ de trampoline + 5′ de corde à sauter + 3 tours de « all body holds »)

11h30 : Ring Rows : échauffement – 3 x 15 rétractations scapulaires (front lever soutenu) // Ring Rows 45° 3 x 15 // Ring Rows Horizontal  3 x 6 // Strict Chin Ups 3 x 3 // finisher : max rep Ring Rows 45°(1′ de récup entre les series).

14h30 : Sprints Courts UpHill : 4 Tours x 4Sets x 60m (20/20/20) + retour jogging (1’30 » entre les tours)

19h30 : WOD : échauffement : 10′ jeu de baton – Strict Shoulder Press : progression vers 3 x 6RM

10′ Deep Squat avant le coucher.

 


Samedi / Dimanche : repos

Impro Ex-Nihilo

Vie en solo
A huis clos
Dans mon enclos

Comme un soulot
Boire des merlots
au goulot
Pour tarir le flot
Des sanglots

Par le hublot
Voir les camelot
Faire leur boulot

Les stars megalo
Qui enfument les prolos
Pour faire juter l’cash flow
Et rafler le gros lot

Bande de salauds…

Du fond d’mon bungalow
J’me triture l’ciboulot
Et j’m’active le stylo

Ecrire des brulots
Agiter le grelot
Denoncer le complot
Pour secouer l’populo

Pauvre charlot
Avec ma philo
Pris pour un rigolo
Sombre tableau…

Vie en solo
A huis clos
Dans mon enclos

 

FG – 160910

* Image d’illustration « empruntee » a Florian Briquet.

Coup de cœur pour les coups de gueules

Aujourd’hui, j’inaugure cette rubrique avec un coup de cœur un peu paradoxal. Comme la vie… La vie qui est la condition sine qua non de la mort… Suprême et sublime paradoxe !

Dès lors, partant d’une telle base, comment peut on imaginer une seule seconde que la vie puisse avoir un sens simple à comprendre… une logique limpide, binaire, tranchée : Noir ou Blanc, Bien ou Mal… Tout ça n’existe pas ! Tout n’est que nuance et subtilité… jeu d’apparences et de contradictions… et c’est la vie même qui nous le dit, dans un beau pied de nez : « mon p’tit pote (ça marche aussi bien pour les hommes que pour les femmes) tu n’existes que pour mieux disparaître, et ta mort, pour avoir lieu, à besoin de ta vie, qui l’aura précédée… ». Allez y comprendre quelque chose !!!

Mais je digresse…

Coup de cœur pour les coups de gueule. Et oui ! Mon coup de cœur du jour, c’est pour cette possibilité qui nous est offerte, à nous, citoyens du monde libre, de pouvoir nous exprimer sur tout et n’importe quoi et, surtout, de pouvoir râler !

Râler à tort et a raison, de front et de travers, par devant et par derrière… bref : jaser, vociférer, palabrer, débattre, argumenter, encenser, dénoncer, vilipender, conciliabuler, caricaturer, discuter le bout de gras, chercher la petite bête, empêcher le petit commerce de tourner en rond, mettre les points sur les i et les barres aux t, tailler des costards, charliser, pamphlétiser, dépiédestaliser… on a même le droit d’inventer des mots pour le faire… c’est vous dire si on est libre !

D’ailleurs de ça aussi on peut se plaindre. Pas d’être libre… mais de ne plus l’être assez.

Alors oui… c’est un peu vrai… le politiquement correct, pour favoriser les petites affaires de ceux qui comptent et savent compter, empêche de plus en plus d’appeler les chats des chats… ou alors le moindre mot qui sort du cadre posé par le brief des censeurs de la com’ est aussitôt récupéré en une polémique stérile, inutile pour faire avancer le schmilblick, mais très utile pour faire le buzz et augmenter le nombre de click et, donc, le chiffre d’affaire… parce que tout fini toujours par être une histoire de gros sous.

Et de ça aussi on a le droit de se plaindre. L’argent est partout ! Certes il est bien utile… mais quand même… pas au point d’en faire l’unique étalon de valeur dans un monde qui regorge de richesses inestimables en monnaie sonnante et trébuchante… et encore moins en monnaie virtuelle… car tout cela est virtuel, vous l’avez bien compris… enfin, j’espère que vous l’avez bien compris… depuis le temps que ça dure…

Mais je digresse encore…

Coup de cœur pour les coups de gueule. Exercice ô combien français ! Je dirai même franco-français. Un art que le monde entier nous envie, sans vraiment le comprendre. Je me souviens de cette remarque spontanée d’une touriste américaine, interrogée à Paris pendant les manifestations de juin 2016 (non, pas celles la, les autres… juste avant les suivantes… et juste après les précédentes… bref des manifs quoi !)… Eh bien cette touriste américaine, charmante au demeurant, à qui l’on demandait si elle n’était pas un peu dérangée dans son tourisme bobo par la manifestation de ces vrais gens, répondait avec un sourire mutin et un léger accent : « Mais non, ça c’est la France !… » et ça avait l’air de drôlement lui plaire.

Alors oui, cette habitude de râler et de descendre dans la rue pour le faire, nous coûte sans doute quelques points de PIB chaque année… Oui, elle agace les financiers et fait enrager le MEDEF… Oui, elle fait lever les yeux et hausser les épaules des chantres de la pensée positive qui affirment que se plaindre c’est du mauvais stress et des ondes négatives… Et oui, elle fait perdre leur temps à celles et ceux qui ont du mal à en sortir et s’y complaisent 24/7 (comme on dit dans la nouvelle économie)…

Mais qu’est-ce que c’est bon !!!

Dans un monde gouverné par les diktats de la Grande Finance Internationale, imposant son cahier des charges aux marchands et aux publicitaires, à grand renfort de médias, pour façonner des masses de consommateurs courant docilement après une illusion de bonheur qui s’achète ; attendant, pour tous les problèmes, des solutions qui sortent de pochettes surprises qu’on leur vend à prix d’or… contre argent comptant ou a crédit… c’est encore mieux a crédit !… dans ce contexte formaté, standardisé, aseptisé… Oui, ça fait du bien de penser à rebours. Et de penser tout court d’ailleurs.

Car dans un monde où tout ne va pas bien, il est impossible et même malsain de ne pas s’indigner au moins 1 fois par jour. Au moins pour s’entraîner. Pour garder la capacité de le faire et de bien le faire. Comme nos grands anciens. Juste une fois. Mais une belle fois. Avant de reprendre le cours de sa vie.

Parce que, oui ! Il faut savoir en sortir. Il faut savoir utiliser cette capacité innée d’indignation, cette ADN de contestataire, cette hérédité de guillotineurs de roi pour porter un regard critique, exigeant et parfois même sévère sur soi-même, sur le monde et sur la vie. Et cela peut très bien s’intégrer dans une démarche positive et constructive. Pour avancer, progresser et évoluer.

Car il n’y a pas incompatibilité, je dirai même au contraire, entre avoir des coups de gueule et avoir une attitude positive. Il n’y a pas de contradiction, et je dirai encore au contraire, entre nourrir un esprit critique, voir très critique, et souhaiter aussi voir le meilleur en toutes choses.

Je pense même, et c’est une intime conviction, que l’un nourrit l’autre et réciproquement. La pensée positive, si elle ne veut pas être pas creuse et factice, a besoin du regard critique pour se renforcer et s’ancrer dans le réel. Et l’esprit critique a besoin de l’optimisme pour rester constructif et ne pas sombrer dans le cynisme et l’aigreur.

Jamais l’un sans l’autre. L’équilibre des forces. Et tout est dans la mesure.

Voilà chers lecteurs.

C’est le défi que je me fixe en m’adressant à vous : Garder cet équilibre.

Mettre souvent le doigt là où ça peut faire mal. Mais aussi, très souvent, caresser là où ça fait du bien. Et dans les deux cas, le faire pour avancer, le faire avec passion, avec amour et avec respect.

Avec un grand sourire. Un grand cœur. Et une grande gueule.

 

FG – 160907

Je n’irai pas travailler aujourd’hui…

Nous sommes Lundi 5 septembre 2016. Il est 9h.

C’est l’heure à laquelle je devrais être en train de me préparer pour aller travailler, me hâtant afin de ne pas arriver en retard pour mon premier jour…

Pendant le trajet, j’aurais peut-être ressenti une petite boule au ventre… rien de bien méchant… juste un peu de stress avant de me replonger dans un univers que j’ai quitté depuis si longtemps…

Avoir un travail, c’est important de nos jours. Pour avoir un statut… une place dans la société… Pour gagner sa vie aussi… payer ses factures… nourrir sa famille. Et pour moi, dans ma situation, ça fait aussi partie de ma réinsertion.

Je suis ce qu’on appelle un « prévenu »… un mis en examen… pas encore jugé… pas encore condamné… je n’ai tué personne, volé personne, violenté personne… mais aux yeux de la société ça ne fait aucune différence. Je sors de prison… je suis un ex-taulard.

Après les mois passés à Fresnes… et après les mois passés chez moi, un bracelet à la cheville, sous surveillance électronique, à ne pouvoir sortir que 3 heures par jour… Après tout ça, avoir un travail ça veut dire retrouver une existence plus « normale »… un peu plus libre, moins isolé et de nouveaux en contrôle de certains aspects de ma vie… revoir mes enfants… me reconstruire…

Alors avoir un travail, pour moi, c’est encore plus important… Mais je n’irai pas travailler aujourd’hui.

J’avais pourtant trouvé un emploi. J’étais content. J’étais même un peu fier.

Quelques jours après ma sortie de Fresnes, j’avais commencé à consulter les annonces. J’en avais repéré plusieurs. J’avais envoyé des candidatures. Remis à jour mon compte Linkedin. Ouvert un compte Apec… Et puis j’avais reçu une réponse positive. Une invitation à participer à une session de recrutement.

Pour pouvoir m’y rendre, j’avais formulé une demande à la juge d’instruction. Mais comme on ne m’avait pas expliqué comment m’y prendre, ma première demande avait été mal formulée, et elle avait été refusée. Alors, dans l’urgence, j’en avais fait une deuxième, en essayant de tenir compte des remarques qui m’avaient été faites sur la première. Et elle avait été acceptée…

Entre-temps, j’avais perdu un peu d’argent… je n’en ai déjà pas beaucoup… les billets de train que j’aurai pu acheter à bon prix au moment ou j’ai eu le RV m’ont finalement coûté beaucoup plus cher quand j’ai pu les acheter, deux semaines plus tard, après avoir reçu l’autorisation de m’y rendre.

La faute à personne… c’est comme ça… Et ce n’est pas pour ça que je n’irai pas travailler aujourd’hui.

Car je me suis rendu à cette session de recrutement. Une présentation collective, un entretien individuel et une simulation de vente… Ils avaient insisté, ils ne prendraient pas tout le monde. Le job était difficile… mais j’étais confiant… Je me sentais bien… Je ne doutais pas du résultat… J’allais avoir ce job… C’était sûr… Et je l’ai eu.

Dans l’après midi, comme convenu, j’ai reçu un appel qui me confirmait mon recrutement. Mon employeur souhaitait que je commence immédiatement, seulement quelques jours plus tard. Mais je savais que ça ferait trop juste pour transférer mon contrôle judiciaire de l’Yonne où je réside actuellement, à Lille, là ou je souhaite vivre et travailler pour me rapprocher de mes enfants.

Alors j’ai du lui dire que je ne pouvais pas satisfaire à cette demande… que j’avais besoin d’un délai d’un mois, pour m’organiser…

Mais ce n’est pas pour ça que je n’irai pas travailler aujourd’hui.

Parce que l’employeur à accepté. Il m’a donné un mois et m’a donné RV pour le 5 septembre. C’est-à-dire aujourd’hui. A 10h.

Alors j’ai transmis l’information à la Juge d’Instruction et j’ai commencé à chercher un logement à Lille.

Mais je suis bloqué dans l’Yonne et c’est très compliqué de trouver un logement à distance, dans une ville que l’on ne connait pas, avec un dossier sans fiche de paye, sans déclaration d’impôt et sans pouvoir se rendre sur place.

J’ai quand même essayé… et j’ai fini par trouver un logement sympa… à 40 minutes en métro de mon lieu de travail… beaucoup pour les Lillois, mais parfait pour tous ceux qui gardent en mémoire les temps de transport en région parisienne…

C’était le 18 août… J’ai eu plusieurs échanges téléphoniques avec la propriétaire… plusieurs échanges d’email… Ma mère s’est rendue à Lille pour rencontrer le gendre de la propriétaire qui était alors en vacances. La visite s’est bien passée…après de nouveaux échanges d’email et la transmission de quelques pièces justificatives, nous avons conclu un accord de principe et pris RV pour la signature du bail, le 25 août à Lille…

J’ai transmis tous ces documents à la Juge d’Instruction afin d’obtenir son autorisation de déménager. Elle était en vacances… mon avocat a relancé son cabinet… le temps passait…

Et puis, 6 jours plus tard, la veille du RV, le soir du 24, la propriétaire m’a envoyé un dernier email pour me dire que « pour des raisons familiales » elle renonçait à louer l’appartement… rompant son engagement… sans appel…

A 10 jours de mon embauche, je me retrouvais sans logement à Lille…

Mais ce n’est pas pour ça que je n’irai pas travailler aujourd’hui…

J’ai essayé de trouver une solution. Je me suis creusé la tête pour savoir qui je connaissais ayant un lien plus ou moins direct avec Lille ou sa région… quelques noms me sont venus en tête… des personnes avec qui je n’avais eu aucun contact depuis des années… mais j’ai quand même tenté le coup…

En quelques mots envoyés sur Messenger, il fallait résumer ma situation : moi, ma faillite, la prison, le bracelet, le job, le studio… Bref, la galère et le besoin de trouver très vite une personne me connaissant à peine mais acceptant de m’héberger…

Et j’ai reçu une réponse… en à peine un quart d’heure… une ancienne cliente et amie, perdue de vue depuis des lustres, qui sitôt reçu le message s’était mise à chercher et en guise de réponse m’envoyait ce message laconique : « bonne nouvelle ! J’ai trouvé ».

Le soir même (toujours le 25), après avoir pris un premier contact avec cet étranger (un ami de mon amie…) qui acceptait de me recevoir chez lui pour une durée indéterminée, je recevais toutes les pièces nécessaires à compléter le dossier. Il ne restait plus qu’à le transmettre au cabinet de la juge d’instruction et attendre son retour de congé, le lundi 29 pour obtenir une réponse…

Mais les jours passèrent… et je n’obtins pas de retour…

Je restais confiant… je me disais que cela se passerait comme la fois précédente et que je recevrais la validation au tout dernier moment…

Autour de moi, les remarques encourageantes se multipliaient. La Justice n’allait quand même pas entraver mon retour à l’emploi. La même Juge qui avait autorisé mon déplacement pour un entretien d’embauche à Lille, n’allait pas refuser que j’aille m’y installer… Il devait bien quand même y avoir une logique dans ce système. Un peu d’humanité aussi… Nous étions tous confiants…

Pourtant, le jeudi 1er septembre, je demandai quand même à mon avocat de relancer le cabinet de la juge d’instruction…

Et le vendredi 2 septembre, toujours sans nouvelle, j’appelai le bureau du SPIP de l’Yonne pour parler à la conseillère chargée de mon suivi. J’appris alors que la demande initiale, formulée pour l’ancienne adresse ne lui était parvenue que le 25… et que, sachant que cette adresse n’était plus d’actualité elle avait envoyé un rapport négatif, sans plus de précision, le 29… En revanche, elle disait n’avoir reçu depuis aucune autre information…

Je n’en croyais pas mes oreilles… dans les méandres des circuits administratifs, la partie dont mon sort dépendait se jouait à l’aveugle et en désynchronisé… avec deux coups de retard…

On m’expliquait que je devais comprendre. Que je n’étais pas seul dans mon cas. Qu’il y avait les vacances, les délais, les procédures…

Je soulignais la difficulté, en France, en 2016, de trouver un emploi et un logement, à fortiori à distance et dans ma situation… Que je venais de trouver les deux… mais que j’allais les perdre…

Alors on me réexpliquait que je devais comprendre. Que je n’étais pas seul dans mon cas. Qu’il y avait les vacances, les délais, les procédures…

Il était midi passé. Vendredi 2 septembre. Le week-end allait commencer… Ma demande d’autorisation, jointe aux pièces justificatives attestant de sa validité, était quelque part… comme une bouteille à la mer… perdue dans un océan d’indifférence et de lenteur bureaucratique… suspendue dans le temps… inutile…

Et j’étais impuissant… désarmé face à une situation dont le contrôle m’échappait complètement… infantilisé… déresponsabilisé… contemplant l’inéluctabilité de ce qui se passerait un peu moins de 72h plus tard…

Ce jour là allait se lever. Cette heure là allait arriver. Des flux de femmes et d’hommes, circuleraient en tous sens dans le métro lillois, se rendant à leur travail, dans leur école ou vers leurs activités. Vivant leur vie… J’avais tout fait pour me trouver parmi eux… mais je n’y serais pas.

Les dés en étaient jetés, le sort en était scellé :

Le lundi 5 septembre à 10h, je n’irais pas travailler.

 

Pourquoi ?

Je n’ai pas de réponse à cette question là…