Quelques nouvelles après une longue absence…

Mardi 28 juin, à 17h, je suis sorti de la prison de Fresnes ou je venais de passer 148 jours.

Eric (mon frère) attend le dénouement d’une procédure administrative liée à sa domiciliation pour sortir, lui aussi, de la prison de Fleury-Merogis. Voilà pour l’évènement du jour…

Pour ce qui est de l’histoire, elle peut être, soit très courte, soit très longue ; soit très simple, soit très complexe… Je vais donc « la faire » simple et courte.

En avril 2014, j’ai dû constater la faillite de l’entreprise Vivalavi Holding Group, que j’avais créée en 2004 avec mon frère Eric (André Pitra nous ayant rejoint fin 2011) et au développement de laquelle nous avions consacré toute notre énergie pendant près de 10 ans, principalement autour de nos projets immobiliers à Bali. Suite à cela, certains de nos clients ont déposé plainte et, au terme d’une enquête préliminaire de 18 mois, une quarantaine d’entre eux se sont portés parties civiles dans le cadre d’une affaire pénale.

Le 2 février 2016, j’ai été convoqué pour être interrogé par l’OCRGDF, dans le cadre d’une garde a vue de 48h a l’issu de laquelle j’ai été mis en examen au même titre qu’Eric et André Pitra, notre associé. Jusque-là, il n’y avait rien de très surprenant. Nous savions que nous devrions répondre de certains de nos actes devant la justice et nous nous étions déclarés disposés à participer autant que nécessaire à faire avancer l’instruction du dossier afin d’arriver à une totale clarté sur notre affaire.

La (très mauvaise) surprise est venue de notre placement sous mandat de dépôt (pour une durée de 4 mois renouvelable) avec pour conséquence immédiate notre placement en détention provisoire.

A ce stade, nous étions face à un mur. Notre défense était irrecevable, nos arguments inaudibles. Dans leur lecture très superficielle (et très biaisée) du dossier qu’ils avaient sous les yeux, la Juge d’Instruction, le Juge des Libertés et le Procureur de la République étaient persuadés d’avoir affaire à trois vilains escrocs, ayant monté de toutes pièces un système fumeux visant à mettre frauduleusement la main sur l’argent de nos victimes afin de constituer un magot, évalué par eux à plusieurs millions d’euros et supposé caché dans quelque paradis fiscal… Il était donc hors de question pour eux de nous remettre en liberté…

Heureusement, à mesure que l’instruction du dossier s’approfondissait et à la faveur de nos différentes auditions, les faits ont commencé à s’imposer contre les apparences et un début de vérité a commencé à dissiper les suppositions initiales. C’est ce qui a amené la juge d’instruction à demander notre libération un mois avant la fin de notre premier mandat de dépôt. Et c’est cette décision qui a conduit à ma sortie, mardi dernier, celle d’Eric devant suivre rapidement (André Pitra ayant été libéré sous contrôle judiciaire en avril pour raisons de santé).

Pour le moment, nous faisons toujours l’objet d’un contrôle judiciaire assez strict, mais il semble désormais évident que celui-ci devrait se relâcher progressivement pendant l’été, pour arriver à une formule beaucoup plus légère, nous permettant de reprendre une vie normale en accompagnant le déroulement de l’instruction jusqu’au procès final qui ne devrait pas intervenir avant au moins 2 ou 3 ans.

Evidemment, ces presque 5 mois ont été durs et éprouvants, surtout pour nos familles proches. Mais je vais bien. Caro va bien. Et les enfants vont bien. Ils sont tous les 3 à Bruxelles. Caro travaille et subvient aux besoins de la famille. Les enfants ont terminé leur année scolaire à Bruxelles et y feront aussi leur prochaine rentrée.

Quant à moi je suis revenu pour l’été en Bourgogne (ma domiciliation « officielle » au moment de mon incarcération) en attendant que je retrouve une activité. J’y travaille et j’ai bon espoir de pouvoir m’installer dans la région Lilloise d’ici au début de l’automne (pour me rapprocher de Bruxelles tout en restant sur le territoire national).

En conclusion, et sans chercher ni à me justifier ni à convaincre, je dois simplement dire que je ne prétends pas n’avoir « absolument rien fait pour mériter tout ça ».

Nous avons failli à nos engagements et nous ne nous sommes pas montrés à la hauteur de la confiance que nos clients avaient placée en nous pour mener à bien nos projets. Nous avons été à la fois naïfs et présomptueux. Bien qu’animés d’excellentes intentions et bien que nous ayons aussi réalisé de très belles choses, nous nous sommes vus plus beaux que nous n’étions, nous nous sommes lancés dans des projets surdimensionnés et nous avons joué de façon très inconséquente avec l’argent de nos clients.

C’est un échec personnel dont il nous appartient, à chacun, de tirer toute les leçons, à tous les niveaux…

Mais nous ne sommes ni des escrocs, ni des voleurs. Nous n’avons jamais cherché à fuir nos responsabilités, nous sommes toujours restés en contacts avec nos clients et nous continuons, jusqu’à ce jour, à préserver ce qui peut encore l’être de leurs intérêts à Bali. En toute objectivité je pense que notre placement en détention était a la fois très injuste, tout a fait excessif et parfaitement injustifié. Et je suis convaincu que l’issu de cette affaire nous rendra justice sur ce point.

J’ai écrit tout cela sans autre but que celui d’informer. Si cela déclenche des questions et des interrogations je me tiens à votre disposition pour y répondre.

Merci pour votre attention.

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