Bio – 2-102 – Avertissement – Franck Girardot

Avant d’aller plus loin, une mise au point s’impose : Je ne cherche pas d’excuse.

Je n’ai écrit ces pages ni pour me disculper, ni pour me justifier, mais uniquement pour essayer de comprendre.

Comprendre comment, animé des meilleures intentions du monde, j’ai pu entrainer 190 de mes clients, mes employés, mes fournisseurs, ma famille et certains de mes amis … dans une histoire ou des millions d’euros ont été dilapidés, des vies ont été chamboulées et ou, plus grave encore, de beaux rêves et de réels espoirs se sont brisés.

Comprendre comment une aventure qui promettait d’être passionnante. Un projet qui devait créer de la valeur aussi bien sur les plans économiques et financiers que sur les plans humain, social et même environnemental… comment tout cela a pu se transformer en une déroute chargée de colère, de déception et de frustration.

A travers ce récit, que j’ai voulu le plus objectif et le plus neutre possible, j’ai voulu poser les faits, expliquer les enchainements de cause à effet qui peuvent amener des individus à perdre la tête au point de laisser la machine qu’ils ont conçue s’emballer et se retourner contre eux.

Parmi les clients, les amis, les proches et toutes les personnes qui ont été, de près ou de loin, touchées par cette affaire, je sais qu’il y en a qui, comme moi, veulent vraiment savoir et comprendre.

Comprendre pour apprendre. Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Pour tirer les leçons  et transformer cette expérience douloureuse en une étape de croissance.

J’ai été l’un des principaux protagonistes d’une affaire qui a mal tourné. J’en ai été l’initiateur. J’ai été à la source de la plupart des décisions qui ont amené à l’échec de ce projet. Et quand ça n’était pas le cas, j’ai ignoré et laissé faire. Par négligence, par aveuglement ou par lâcheté.

 

Personnellement, le bilan de ces 10 années n’a rien de brillant.

Sur les plans économique et financier, tout ce que j’avais travaillé à construire a été détruit. J’ai trahi la confiance de mes meilleurs clients, j’ai perdu le respect de la plupart de mes collaborateurs, j’ai fait souffrir mes amis, mes proches, et ma famille ; j’ai sali ma réputation, je me suis grillé professionnellement, j’ai révélé au grand jour mes incompétences de manager et de chef d’entreprise, je suis rentré en Europe a l’âge de 42 ans, sans un sou, couvert de dettes, sans diplôme et sans emploi…

Triste constat !

 

Inlassablement, depuis l’annonce de notre faillite, j’ai reconnu mes fautes. J’ai accueilli les demandes d’explication, entendu les plaintes et encaisse les injures. En plusieurs occasions, j’ai demandé pardon à celles et ceux que j’avais pu blesser.

Aujourd’hui, dans ce chaos, au milieu des décombres laissés par l’effondrement de mes rêves de fortune et de gloire, je pense avoir trouvé un sens et une direction à ma vie. J’ai choisi d’aller chercher dans l’extrême difficulté de cette situation, la source d’un renouveau. J’ai choisi d’aller regarder dans le miroir pour voir qui j’étais vraiment. J’ai choisi de ne rien laisser enfoui, de tout examiner et d’accepter les constats les plus inconfortables pour sortir de l’illusion et retrouver la voie de l’authenticité.

Au bout de ce chemin, j’ai choisi de me pardonner, de m’aimer et de me faire confiance pour vivre à nouveau.

Je vais faire de mon mieux, dans un combat de chaque jour, pour tirer tous les enseignements de cette expérience et continuer à vivre.

Et de cela, je n’ai pas l’intention de m’excuser.

 

A l’heure où j’écris ces lignes, il est encore beaucoup trop tôt pour savoir, précisément, la forme que prendra la fin de cette affaire. Un processus de sauvetage est en cours, visant à permettre à nos clients de récupérer une partie de leur investissement. Des procédures judiciaires ont été initiées par certains d’entre eux. Le temps nous dira ce qui ressortira de tout cela mais j’ai une conviction : l’essentiel est ailleurs.

Apres un accident de la vie, qu’elle qu’en soit la nature, et qu’elle qu’en soient les causes, il appartient à chacun de faire le travail nécessaire pour se reconstruire.

A travers cette série d’articles, je souhaite permettre à celles et ceux qui veulent entreprendre ce travail de reconstruction, de disposer d’éléments concrets pour ne pas avoir à attendre qu’une vente ou une décision de justice ne leur dise ce qu’ils doivent tirer de cette expérience.

Que vous soyez ou non, directement touché par cette affaire, je vous remercie par avance de prendre de votre temps pour lire ces articles.

Au-delà de cette affaire, j’espère que vous y trouverez matière à vous enrichir de cette expérience. Pour comprendre un peu mieux ce qui peut mener un très beau projet a l’échec. Et pour voir aussi que l’on peut ressortir grandi d’une expérience où l’on a tout perdu…

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Bio – 1-01 – Mon premier job – Franck Girardot

C’était le 1er octobre 1990. Je me souviens de cette date parce que c’était un mois avant mon 18eme anniversaire. A l’époque j’aimais beaucoup tout ce qui soulignait ma précocité. Le fait de faire des choses avant l’âge auquel on est supposé les faire. Comme parler de sujet très sérieux quand j’avais a peine 10 ans… passer mes nuits en boite pendant mes années de lycée… avoir eu mon bac a 17 ans et 8 mois. Ça me donnait l’impression d’être « en avance »… d’avoir quelque chose que les autres n’avaient pas… Alors j’étais plutôt fier d’être libre et de commencer à gagner ma vie à un âge ou la plupart de mes copains étaient encore au lycée ou entreprenaient des études assez rébarbatives…

Ma ville de naissance avait été choisie par une filiale du Crédit Lyonnais, la Sligos, pour implanter son siège et son principal centre d’appel. C’étaient les débuts de la Carte Bleue. Cette période que certains lecteurs ont connues pendant laquelle les commerçants devaient systématiquement appeler un centre d’appel pour avoir un numéro d’autorisation leur garantissant le paiement de la transaction. Et c’était moi (et quelques centaines d’autres jeunes gens) qui leur donnait ce numéro d’autorisation.

Le job était simple comme bonjour. Il suffisait de répondre au téléphone, de saisir quelque chiffre sur un clavier d’ordinateur et de donner le code d’autorisation à 4 ou 6 chiffres qui s’affichait à l’écran. Rien de bien sorcier… Les choses se compliquaient un peu en cas de refus, ou en cas de demande d’autorisation à la banque… il fallait alors transférer le dossier a un service dédié pour suivre l’affaire jusqu’à son dénouement. Il m’est arrivé, plus tard, d’évoluer au sein de l’entreprise et d’en découvrir plusieurs facettes, mais au début, pendant les premiers mois, ma mission s’arrêtait au premier niveau : répondre au téléphone, donner un numéro d’autorisation et transférer l’appel en cas de « complication ».

Avec l’habitude, aux heures de pointe, il m’arrivait de prendre jusqu’à 140 appels en une heure…

  • Carte Bleue bonjour…

  • Numéro de commerçant

  • Numéro de Carte

  • Date d’expiration

  • Montant

  • Numéro d’autorisation : 123456

  • Je vous en prie. Au revoir.

 

20 secondes chrono !! C’était devenu un jeu. Et j’aimais bien me tester. Faire des concours avec les autres. Aller plus vite… traiter plus d’appels… On pouvait vérifier les résultats sur les relevés de statistiques… Ça passait le temps et ça flattait mon ego… il suffit parfois de peu de chose…

Quand l’activité était plus calme, j’avais appris à lire en répondant au téléphone… J’ai lu comme ça pas mal de romans : Lobsang Rampa, Asimov, Van Vogt, Lovecraft… j’étais assez branché ésotérisme et science-fiction… C’est aussi à cette époque que j’ai découvert Kerouac, Burroughs, Ginsberg… Je lisais aussi pas mal de magazines. Principalement Muscle & Fitness, Rock & Folk et les Cahiers du Cinéma… le tout entrecoupé de numéros de carte bleue et de numéros d’autorisation…

C’est sans doute pendant ces premières années que j’ai acquis une aisance au téléphone qui m’a servi plusieurs fois à rebondir professionnellement.

Pour un job d’étudiant, le boulot payait bien. Entre les horaires à rallonges, les heures supplémentaires, les dimanches payés doubles et les primes de repas j’arrivais régulièrement à gagner 7000F par mois (1100 euros) voir plus… A titre de comparaison, mon père qui bossait depuis 20 ans pour une grosse boite du coin n’en gagnait que 6000 et le smic de l’époque se situait autour de 5500… C’étaient mes premières payes… l’argent me brulait les doigts… mais jamais très longtemps puisque je l’avais souvent dépensé avant même de l’avoir gagné…

En écrivant ces lignes, je suis frappé par deux choses. La première c’est la profonde injustice de cette situation. Mon père bossait pour gagner 6000F avec lesquels il devait faire vivre sa famille (dont moi). Alors que moi, a 18 ans, ne sachant rien faire de mes dix doigts (à part taper des chiffres sur un clavier), j’en gagnais 7000 qui constituait, grosso modo, mon argent de poche… Mes parents ne m’ont jamais rien demandé quand je travaillais en vivant toujours chez eux. Ils trouvaient ça normal… et moi aussi. Mais au-delà de ce déséquilibre qui était le résultat d’un choix familial, ce qui est plus injuste c’est qu’après 15 ans de bons et loyaux services dans une des plus grosses entreprises de la région, mon père ne touchait que 10% de plus que le salaire minimum légal et 15% de moins que moi avec mes 6 mois d’ancienneté… Révoltant !

La deuxième chose qui me frappe c’est qu’il n’est jamais venu à l’idée de personne que mon père aurait pu, tout comme moi, répondre au téléphone et gagner 7000F au lieu de 6000… Mais à ses yeux (et aux yeux de la société) ça aurait été considéré comme un « déclassement »… Ce n’était même pas lié à son attachement à l’entreprise ni à un quelconque « amour » de son travail. Mon père détestait son métier et il haïssait ses patrons… Mais il avait un « vrai travail »… Alors que moi je n’avais qu’un job d’étudiant… Consternant !

Mais je n’étais ni révolté, ni consterné… a 18 ans j’étais seulement pressé. Pressé de « réussir ». Pressé de gagner de l’argent. Dans mon esprit je devais devenir millionnaire avant d’avoir 25 ans… c’était écrit… c’était comme si c’était déjà fait… sauf que tout restait à faire…

J’ai travaillé un peu plus de 2 ans au « Centre Carte Bleue » de la Sligos. Je dépensais mon salaire à pas mal de futilités très au-dessus de mes moyens. Je suivais vaguement une formation de comptabilité par correspondance. Je lisais beaucoup. Je voyageais un peu. Je m’étais mis sérieusement à la musculation, prenant 15 kilos et changeant de morphologie au point d’être qualifié de « plutôt costaud » pour la première fois de ma vie… moi, l’ancien gringalet grassouillet…

Donc globalement je ne peux pas dire que je perdais complètement mon temps mais je végétais un peu, tout en rêvassant et en attendant mon heure…

En mars 1993, le monde de la carte bleue étant en pleine évolution, j’ai profité d’une opportunité de reclassement au sein du groupe Sligos pour prendre un job à Paris. Ce job était encore mieux payé puisqu’à la faveur d’un plan de mobilité, je gagnais double salaire pendant les 6 premiers mois… Une véritable aubaine ! J’avais donc pris ce job avec l’intention de le garder 6 mois… et de profiter de la liberté offerte par les horaires de nuit, pour explorer toutes les nouvelles opportunités qu’offraient la Capitale ; convaincu d’y trouver celle qui me permettrait de « faire » mon premier million.

Le 1er février 1993, à 20 ans et 3 mois… j’arrivais à Paris en conquérant…

Bio – 2-101 – Être ou ne pas être… un escroc ?

Escroc !

Un mot chargé de sens… chargé de haine et de colère.

Un mot qui veut dire menteur, qui veut dire voleur, qui veut dire salaud…

Un mot qui veut aussi dire tromperie, trahison, souffrance…

Depuis un peu plus de deux ans, ces mots-là, je les ai beaucoup entendu, utilisés pour me designer.

Escroc, voleur, salaud… Dans la presse, dans la bouche de quelques clients et aussi venant de personnes qui n’avaient rien à voir avec cette affaire…

Je ne m’en plains pas. Ce serait mal venu, ce n’est pas dans mon caractère et ce n’est de toutes façons pas l’objet de mon propos.

Mais ce mot m’interroge. Ou, plus précisément, il m’a interrogé.

Face au triste constat de la faillite du groupe que j’avais cofondé… face aux 18 millions d’euros dilapidés… face aux pertes sèches essuyées par mes clients… face aux travaux inachevés… face aux dizaines de salariés laissés sur le carreau… face aux dettes restées impayées… face aux injures, à la colère et à la rancœur… face aux espoirs déçus et aux rêves écroulés…

Face à tout cela et, surtout, face au miroir que la vie me tendait, j’en suis venu, évidemment, à me le demander :

Suis-je vraiment un escroc ?

La question était franche et brutale. Mais je ne l’ai pas esquivée. Je l’ai même examinée sous toutes les coutures. Pour être sûr.

Voilà ma conclusion.

Je ne parlerai pas ici du volet judiciaire de cette affaire. Il appartiendra, le moment venu, à un tribunal d’apprécier si mes actions relèvent ou nom de cette qualification pénale. Personnellement, je ne le pense pas. Je pense même être fondé à être absolument convaincu du contraire, mais je n’en suis pas juge. Pas plus que vous qui lisez ces lignes. Donc, revenons à ce qui nous appartient : l’appréciation humaine et morale.

A ma charge, je présente plusieurs des qualités qui font les bons escrocs. Les apparences plaident donc plutôt en ma défaveur…

Assez « beau parleur », j’ai du bagout, de l’assurance et de l’ambition. Plutôt malin et débrouillard, j’ai de l’astuce et j’arrive, en général, à retomber sur mes pieds même quand mes affaires semblent mal engagées. Je suis à l’aise avec les chiffres, les gros montants ne m’impressionnent pas… il en faut, en fait, beaucoup pour m’impressionner… je n’ai, comme on dit, «pas froid aux yeux »… un peu casse-cou sur les bords…

Autre caractéristique commune avec les escrocs les plus « flamboyants », je suis passionné, limite mégalo… un peu la folie des grandeurs… je suis pressé, j’ai une « revanche à prendre »… J’en veux trop… trop à la fois… et trop vite.

Et puis, je suis touche-à-tout et parfois brouillon. Je suis impatient et un peu jouisseur… Souvent, dans ma vie, je suis allé vers l’argent facile… J’ai été attiré par le luxe… pas très bon tout ça…

Et, surtout, il y a cette affaire : Vivalavi Bali !

190 à 200 clients, on ne sait plus très bien… plus de 18 millions d’euros…

Disparus. Envolés. Evaporés… ???

Non. Dépensés. Dilapidés. Gaspillés.

Incroyable. Incompréhensible. Inexcusable. Et, pour certains, impardonnable !

 

Au fil du temps je me suis rendu compte que deux choses paraissaient complètement incroyables à tous ceux qui découvraient cette affaire. Qu’il s’agisse du grand public, de certains de mes clients, mes avocats, mes amis, certains membres de ma famille, les fonctionnaires chargés de l’enquête préliminaire, la juge d’instruction en charge du dossier, le procureur, le juge des libertés, la cour d’appel et même mes codétenus à la maison d’arrêt de Fresnes… Tous, sans exception !…

Pour tout le monde, à première vue il y avait deux choses qui paraissaient complètement inconcevables :

1 – que je n’ai pas « planqué » de l’argent. Sur les 18 millions aujourd’hui « disparus », personne ne pouvait croire que je n’en avais pas détourné une bonne partie pour le cacher quelque part…

2 – que mes clients aient pu me faire confiance sans que j’aie à user de manœuvre frauduleuses telles que produire des faux en écriture, mentir ou monter de « gros bateaux » pour les convaincre de « signer »…

Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître : NON… deux fois NON.

NON – Je n’ai pas détourné d’argent à mon profit. Je n’ai pas caché d’argent quelque part. Chaque euro investi par mes clients a été investi dans le Groupe Vivalavi et a été utilisé pour développer les projets qui leur avaient été présentés. Mal utilisé ? C’est désormais une certitude. Mais je peux affirmer que rien n’a été détourné pour alimenter je ne sais quelle caisse noire. Et il n’existe d’ailleurs aucune preuve du contraire.

NON – Je n’ai jamais menti à mes clients. Ni à mes clients, ni à mes employés, ni à mes partenaires, ni à mes fournisseurs, ni à ma famille… en fait, à personne et en aucune circonstance. De nombreuses fois, j’ai dû présenter des vérités compliquées à expliquer et des situations délicates. Mais je l’ai toujours fait avec sincérité et sans user de subterfuges ou de manœuvres frauduleuses de quelque sorte que ce soit. Et il n’existe d’ailleurs aucune preuve du contraire.

Pour le moment, ce ne sont que mes paroles. Vous êtes libre d’en douter et même de ne pas les croire. Mais il ne fait absolument aucun doute que l’instruction en cours viendra, avec le temps, les confirmer. Simplement parce que c’est la vérité. C’est comme ça que les choses se sont passées. Et cette réalité apparaîtra tôt ou tard.

Pour revenir à la question initiale : être ou ne pas être un escroc, je constate qu’il me manque deux traits de caractère essentiels pour pouvoir être un véritable escroc.

1 – Je ne sais pas mentir.

Je ne sais pas, je ne peux pas, je ne veux pas… Je suis comme ça. Tant que je suis dans la vérité, je peux faire preuve d’une énorme assurance, même dans des situations très compliquées… mais si je commence à m’aventurer dans une vague tentative de mensonge, je perds tous mes moyens et ça se voit instantanément. Je pense même être un peu psychorigide sur ce point… un peu moralisateur même. Je ne supporte pas le mensonge. Il me révolte. Même les petits… ce que certaines femmes appellent les « white lies »… Pour autant, je ne suis pas plus saint qu’un autre, et dans certaines circonstances, si je peux m’en sortir en évitant un sujet ou en restant dans le flou, je le fais… mais si on me pose une question précise, on peut s’attendre à recevoir une réponse précise et sincère. Par exemple, à toute personne qui demandait si Vivalavi Holding Group offrait des garanties financières notre réponse a toujours été claire, ferme et sans détour : « NON ! ». Et ça n’a pas empêché nos clients de s’engager avec nous…

2- Je n’aime pas assez l’argent.

Je n’aime pas spécialement en avoir. Je ne prends pas de plaisir particulier à en gagner. Et je suis parfaitement incapable d’en accumuler. En fait l’argent ne m’intéresse que pour ce qu’il permet de faire et, au fil des années, mes intérêts se sont de plus en plus déplacés vers des choses que l’argent n’achète pas. Il y a eu, notamment en 2008 et 2009, une période un peu folle où l’argent à semblé couler à flot dans l’entreprise Vivalavi… c’était la première fois et j’ai un peu « pêté les plombs » à ce moment-là. Je me suis lancé dans des tas de projets farfelus, ça a duré quelques mois, peut être une année, ça n’a pas été très loin et puis ça s’est vite calmé. A part cette parenthèse, le reste du temps, de 2006 à 2013, j’ai gagné ma vie en travaillant d’arrache-pied dans l’entreprise. J’ai bénéficié d’un train de vie très confortable mais qui n’avait franchement rien d’extravagant. J’ai profité de l’environnement que j’avais créé autour de moi pour vivre des expériences fabuleuses et c’est la seule, vraie, grande richesse que j’ai tirée de mes 8 années à la tête du Groupe. Je n’ai pas épargné un sou sur l’argent que j’ai gagné et je n’ai jamais rien détourné pour le cacher quelque part. Je ne fonctionne pas comme ça.

 

Alors ? Être ou ne pas être un escroc ?

Ma réponse est non. Je ne suis pas un escroc. Ni dans l’exécution, ni dans l’intention. Si j’en avais été un, ce n’est pas 18 millions que nous aurions pu lever mais beaucoup plus. Et il n’y aurait eu ni coaching, ni fitness, ni salariés, ni vrais clients… Rien… juste de l’esbroufe et de la poudre aux yeux… Ma vie, pendant ces 8 années, aurait été beaucoup plus facile et je ne serais pas là aujourd’hui, fauché comme les blés, séparé de ma famille et répondant à mes obligations judiciaires… je serais loin, quelque part, au soleil, profitant de mes millions… Mais je ne suis pas cette personne là. C’est comme ça… et c’est très bien comme ça.

 

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FG.