984964 – Slam – Fresnes 2016

A toi qui tourne à l’intérieur

A ceux qui voient ça d’l’extérieur

Mon expérience, mes mots, mes rimes

Comme un pont j’té au d’ssus d’l’abîme…

 

Ça fait un bail que j’tourne a Fresnes

J’suis pas tombé là par hasard

Un pas d’travers, la rage, la haine,

Des raccourcis qui mèn’ nul’part…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

On s’voyaient déjà millionnaires

Roulant des caisses, au top, flambeurs,

On tent’sa chance, on joue, on perd…

Et pas d’pitié pour les losers.

 

Escrocs, caïds, braqueurs, dealers…

Tous logés à la même enseigne

Des petites frappes aux grands seigneurs

Des mères qui pleurent, des cœurs qui saignent…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

A l’arrivée la fouille, le greffe…

Troque ton nom pour un numéro.

Ici, ta vie vaut plus bezef…

Faudra t’y faire… t’es un zéro.

 

Cellule : quat’murs ; neuf met’carrés

Barreaux + grillage aux fenêtres

La vue : ch’min d’ronde et barbelés

La crasse, la laideur, le mal-être…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Mais j’suis pas seul j’ai plein d’amis

Trois par cellule, ça crée des liens.

On ronfle, on pue, on pète, on chie…

Rien de tel pour s’faire des copains.

 

Les dét’nus et les surveillants,

Les hommes en bleus et les taulards.

Des âmes grises et des morts vivants…

Tous prisonniers du mêm’cauch’mard…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Les premiers temps, j’ai pas compris

L’espéranto d’mes co-dét’nus

Des phrases, des mots, des sons, des cris

Que j’avais jamais entendus…

 

Forçant le silence à se taire

Dans des mélopées saccadées,

On jure, on crie, on vocifère…

On fait du bruit pour exister.

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Les taciturnes, les forts en gueule

Mâchoire serrée (ou) gorg’déployée

Chacun sa cuirasse, son linceul…

Tout est bon, pour rester cacher.

 

Dans cet amas de solitude

Aucune place pour les émotions

Isolé dans la multitude

Amères pensées, tristes passions…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

(Mais) 2 fois par jour, chang’ment d’décor !

C’est le kiffe, la grande aventure,

On a 2 heures pour s’bouger l’corps

Voir le ciel, respirer l’air pur…

 

(Mais) Cour d’prom’nade, tu r’tombe dans l’dur,

Mouchoir de poche, cerné d’béton

Tu fais 10 pas, tu touches le mur,

Pars dans l’aut’sens, même punition…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Alors t’a envie, d’tout casser

Péter la porte, tomber les murs…

(mais) quand la rag’monte, y faut t’calmer

Pour pas compromettre, ton futur

 

Tu veux y croire… nouveau départ

Recommencer, revivre, renaitre…

Quelqu’un qui t’attend quelque part…

Dev’nir celui qu’t’a rêvé d’être…

 

Tous différents, mais tous pareils…

 

Parc’qu’un jour viendra, c’est certain

Ou t’arrêtera d’tourner en rond.

Même si maint’ nant ça t’parait loin,

Tout à une fin, même si c’est long…..

 

FG – Fresnes – 15/04/16

Franck Girardot

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